L’Existence du Dieu des Chrétiens

Posted on: janvier 18, 2009
4 Commentaire(s)

La nécessité d’une cause première – Selon le principe de causalité, rien n’arrive sans raison. Il n’y a pas d’effet sans cause, car la cause est ce qui explique l’effet. La cause désigne la réunion de l’ensemble des réalités (lois, substances, attributs) qui produisent l’effet. L’effet hérite donc de la réalité que lui transmet la cause. Mais le plus souvent, une cause est elle-même l’effet d’une autre cause plus antérieure. La véritable cause de cette suite, c’est alors celle qui est la plus antérieure, qui donne la réalité et l’explication de la série causale. Mais si toutes les causes étaient des effets, on tomberait alors dans une régression à l’infini, la raison de la réalité serait toujours repoussée, sans qu’il n’existe réellement de cause, ce qui est absurde. Il est donc nécessaire qu’il y ait une cause première, source de toute réalité.

La nature divine de la cause première – La cause première doit être unique, infini et parfaite, en d’autres termes, elle correspond à l’idée de Dieu. D’abord, la cause première doit être unique. La nature d’une cause est de même type que la nature de son effet. S’il y a donc une multitude de causes premières à l’origine du monde, pour que celles-ci aient des rapports entre elles, il faut qu’elles soient d’une nature commune. Mais s’il y a une nature commune entre elles, c’est qu’elles dérivent d’un même principe, qui est la véritable cause première. , tandis que celles-ci ne sont que secondes. La cause première est donc unique. Elle est aussi infinie. Une chose finie s’exprime dans des dimensions qui permettent de déterminer ses limites par rapport à autre chose. Or la cause première est la source de toute réalité – y compris des dimensions – et elle est également unique, elle ne peut donc pas être limitée par autre chose. La cause première est donc infinie. Elle est aussi parfaite. La perfection est l’état dans lequel est un être qui possède toutes les qualités au degré maximum. Or la cause première étant infinie et source de toute qualité, elle est donc parfaite. La cause première est donc créatrice, unique, infinie et parfaite. Etant parfaite, elle possède donc les attributs d’une personnalité. C’est ce que l’on appelle « Dieu ».

Dieu est Trinité – La « Trinité » désigne un être unique ayant trois personnes. Or Dieu doit nécessairement être trinitaire, sans quoi il n’aurait pas conscience de lui-même et ne serait donc pas omniscient. En effet, une conscience de soi divine exige l’existence d’au moins trois consciences de soi égales, parfaites et distinctes. La conscience est, par définition, intentionnelle, c’est-à-dire qu’elle vise quelque chose. Or un viseur ne peut se viser lui-même. Il lui faut un objet qui le réfléchisse. C’est seulement face à un autre viseur que le premier peut se comprendre objet de visé, et donc prendre conscience de sa conscience. Ainsi, il est à la fois objet et sujet. Mais afin de saisir que sa conscience est la même que celle de son prochain, il faut encore qu’il puisse comparer celle de son prochain à celle d’un autre semblable, afin qu’ils prennent conscience de leur communauté de nature divine. Ainsi, il y a trois consciences, qui opèrent réciproquement les unes sur les autres le même travail de la conscience. Il ne peut y avoir plus de trois consciences, car un être parfait n’a rien en vain. Toutes les consciences étant attributs de Dieu, sont consciences de Dieu et appelées Dieu.

4 Réponses pour “L’Existence du Dieu des Chrétiens”

  1. AB101CFE dit:

    Analyse très intéressante, mais savez-vous si votre réflexion sur la Sainte Trinité est validée par l’Église ?

  2. Peters dit:

    L’idée de la preuve par la causalité est connue depuis longtemps. Dans la Metaphysique D’Aristote ( tome 1–>Ne me demande pas la page j’ai oublié) il y a déjà cette idée de cause premiere mais en tant qu’entité , de puissance , il l’appelle l’Un. Saint Thomas D’Aiquin dans ses sommes théologique la mentionne ( elle vient d’Aristote) mais la considère comme le Dieu que nous connaisons.

  3. admin dit:

    Peters,

    C’est à peu près cela. Platon est le premier à développer ce type de preuve, même si c’est Aristote (vous semblez mélanger Aristote et Plotin, car l’Un est davantage l’objet de la philosophie plotinienne) qui lui donne la forme qui sera historiquement reprise par les philosophes postérieurs. Tous les philosophes rationalistes ont admis cette preuve, il n’y a rien de nouveau sous le Soleil en effet. Non seulement Thomas d’Aquin, mais aussi Descartes, Leibniz, Samuel Clarke, Christian Wolff, etc. Inutile d’en faire une liste exhaustive, il faudrait citer tous les rationalistes. On devrait même y ajouter les philosophes rationalistes islamiques qui ont développé l’argument dit de la « Kalâm ».

    Je vous conseil de lire dans la Somme théologique non seulement les « voies » thomasiennes vers Dieu, mais aussi la déduction des attributs, qui permet de comprendre pourquoi Thomas d’Aquin l’associe au Dieu des monothéisme. Vous pouvez également lire « L’Opus métaphysicum de Christian Wolff » par Jean Ecole. Ajoutons encore les auteurs suivants : Gilson, Garrigou-Lagrange, Grison, Tresmontant, etc. Bonne lecture.

    Cordialement.
    Masson Alexis.

  4. Peters dit:

    Masson Alexis

    Tu as raison j’aurais effectivement dû mentionner que l’Un est d’origine Platonicienne ( l’Un et l’Autre ) et par la suite Néo-Platonicienne (Hypostases). Cependant dans La Metaphysique, Aristote nomme le nom de cette cause première « Dieu » par conséquent , pour ne pas qu’il y ai de confusions j’ai préféré dire l’Un. merci pour les références des livres j’avoue que que j’ai pas eu le courage de lire toute les sommes théologiques…

    Bonne continuation dans ce que vous faite

    Cordialement.
    Peters Thomas