Vérité du Christianisme

Posted on: janvier 26, 2009
23 Commentaire(s)

La raison démontre l’existence et la nature de Dieu. Mais de quel Dieu s’agit-il ? La philosophie nous enseigne que Dieu est infiniment parfait, trinitaire et amour. Or la seule révélation qui corresponde à ce descriptif, c’est le Christianisme. Par conséquent, le Christianisme dévoile la vérité sur la volonté de Dieu, à l’exclusion de toutes les autres religions…

Publication : 22 Avril 2009

Republication : 26 Août 2010

23 Réponses pour “Vérité du Christianisme”

  1. rudy dit:

    Bjr!

    je suis joyeux que vous défendiez la foi chrétienne avec votre arrière plan de philosophe et de plus avec une si grande ardeur. Seulement, concernant la survie de la conscience après la mort physique ou ce que je pourrais appeler la survivance de l’âme, beaucoup de gens en ont fait l’expérience( E.M.I). D’ailleurs si la conscience ne survivait pas, comment le seigneur aurait pu dire en:
    Luc 23:43
    Jésus lui répondit : Je te le dis en vérité, aujourd’hui tu seras avec moi dans le paradis.[…]
    Autre chose, et je crois que Dieu saura vous éclairer par sa parole à ce sujet:Colossiens 2:8
    Prenez garde que personne ne fasse de vous sa proie par la philosophie et par une vaine tromperie, s’appuyant sur la tradition des hommes, sur les rudiments du monde, et non sur Christ.[…]

    En attendant votre réponse, je vous encourage fraternellement et que la grâce du Seigneur soit avec vous!

  2. Masson Alexis dit:

    Bonjour,

    Je suis étonné par votre commentaire, puisque vous semblez penser que je défends l’idée qu’il n’y a rien après la mort. Or, au contraire, j’ai défendu le fait qu’il y a quelque chose après la mort dans l’article : « Y a t-il quelque chose après la mort ? ». Dans cet article, j’explique que la conscience est, de manière imagée, semblable à un contenu d’information, tel un programme informatique, rien n’empêche donc Dieu de transférer ou de reproduire cette information, de même que nous pouvons conserver le contenu d’un disque dur abîmé. Il n’y a aucune raison de limiter l’information au seul disque, ni la pensée au seul cerveau.

    Concernant la citation de Colossiens 2.8, il est important de lire le chapitre en entier pour bien le comprendre. Paul parle non pas de la réflexion, mais de l’opposition entre le salut par la foi et par les œuvres. Colossiens 1.20-23 : « Si vous êtes morts avec Christ aux principes élémentaires du monde, pourquoi, comme si vous viviez dans le monde, vous impose-t-on ces préceptes : Ne prends pas ! ne goûte pas ! ne touche pas ! préceptes qui tous deviennent pernicieux par l’abus, et qui ne sont fondés que sur les ordonnances et les doctrines des hommes ? Ils ont, en vérité, une apparence de sagesse, en ce qu’ils indiquent un culte volontaire, de l’humilité, et le mépris du corps, mais cela est sans valeur réelle et ne sert qu’à satisfaire la chair. » Les « éléments du monde » ce sont les œuvres de la Loi (cf. également Galates 4). Paul utilise le mot « philosophie » en un sens qui n’est plus employé aujourd’hui, c’est-à-dire l’ascétisme, le fait de s’imposer une discipline du corps que l’on croit salutaire. Il ne s’agit pas de la « philosophie » au sens universitaire… entre nous, lorsque j’étais à l’université, personne ne nous a obligé a être ascétiques, ni a respecter des coutumes anciennes !

    Néanmoins je comprends ce que vous vouliez dire : que la réflexion ne doit pas écarter de Christ. Sur ce point, rassurez-vous, je ne crois pas que l’on puisse se définir comme « philosophe chrétien », si la réflexion philosophique ne s’inscrit pas dans la prière et le questionnement auprès de Dieu. Et de toute manière, en amont, la raison, si elle est objective, conduit à Dieu (Romains 1.18-21). C’est ainsi que je travaille, en priant et en questionnant Dieu, mais si je fais cela, c’est aussi et surtout parce que Dieu m’y a invité, à penser pour lui. C’est en philosophant que j’accomplis la volonté de Dieu me concernant.

    Je vous encourage à continuer à vous interroger, car la vérité conduit toujours à Dieu.
    Soyez béni en Christ.

  3. rudy dit:

    Bjr!

    Je suis tout à fait satisfait de votre réponse et je sais que vous êtes sur la bonne voie. je vous encourage à continuer de la sorte. J’ Etudie également de près ou de loin ce qui concerne la bible et je souhaiterais si cela ne vous pose pas de problème rester en relation avec vous. J’ai pour ma part vécu l’expèrience du Saint Esprit il y’a un peu plus d’un an. Votre réflexion devrait être entendu par plus de monde et si Dieu veut cela se fera. N’hésitez pas à me faire part de vos nouveautés ou actualité via mon adresse mail: rkanoha@gmail.com. Je porte un intêret tout particulier à votre prédication et nourrit l’espoir qu’un jour Dieu puisse nous faire se rencontrer.
    Fraternelement en christ, soyez bénis!

  4. khaled dit:

    bjr!
    Dieu s’est-il fait lui-même?
    l’etre de dieu ne depend-t-il pas de sa volente unique
    des volentes multiple n’auraient pas faconne son etre et il saurait toujours en puissance et jamais en acte
    jamais un etre accompli et acheve
    si la la communaute trinitaire est la volente de dieu
    dieu n’aurais -t-il pas choisis autre chose que la trinite
    si il y avaient d’autre possibilite ,n’est pas la preuve que la trinite n’est pas essentiel dans l’etre de dieu

  5. Masson Alexis dit:

    Bonjour Khaled,

    Veuillez m’excuser, mais j’ai des difficulté à saisir le sens de votre commentaire. Votre français est incorrect en plusieurs endroits. Je vais pourtant essayer de vous répondre en fonction de ce que je crois avoir compris.

    [1] Dieu ne s’est pas fait lui-même. Je ne partage l’idée de la causa sui cartésienne. Dieu existe par son essence. L’être de Dieu ne dépend donc aucunement de sa volonté. D’une certaine manière, Dieu existe et il n’a pas le choix !

    [2] Dieu est trinitaire par nature. Il est dans la nature de Dieu d’avoir trois consciences. Il n’y a donc aucune puissance en Dieu (au sens aristotélicien, évidemment), mais seulement de l’acte. Dieu est pur acte (toujours au sens aristotélicien, évidemment). Dieu est un être parfaitement accompli et achevé.

    [3] Dieu n’a pas choisi d’être trinitaire. C’est dans la nature de Dieu d’être trinitaire. Il n’y avait aucune autre possibilité pour Dieu. Sans la Trinité, Dieu ne serait tout simplement pas Dieu. La Trinité est une qualité de Dieu qui lui permet d’être amour, bon, souverain, etc., autant de qualité impossibles à un être nécessaire qui n’inclu pas en lui-même de la relation entre différentes personnes (cf. Richard saint Victor, Raimond Lulle, Richard Swinburne). Il n’aurait pas davantage la conscience de soi, car la notion implique l’alterité en tant que différenciation de soi (cf. Barlett). Voir aussi: Keckermann.

    Que Dieu vous bénisse

  6. Renaud dit:

    Bonjour et merci beaucoup pour votre site.
    Juste une question: Par definition Dieu est la cause de tout et ne depend lui meme d’aucune cause. est il donc contradictoire de dire que la condition de Dieu est l’alterite ou la trinite?

  7. Masson Alexis dit:

    @ Renaud : Je comprends votre remarque, mais attention, il ne faut pas confondre les notions de « cause » et de « condition ». Une cause est extrinsèque (extérieure) à ce dont elle est la cause. Par exemple, la cause du mouvement de la balle, au tennis, n’est pas la balle, mais la raquette qui vient la frapper. Au contraire, une condition peut-être intrinsèque (intérieure) à l’objet en question. Par exemple, un être peut être un homme à condition qu’il soit un animal (il appartient à ce règne biologique), autrement dit il n’y a pas d’être qui soit homme sans être animal, puisqu’il est dans la définition même de l’homme que d’être un animal. L’homme est un animal est un peu spécial, mais il est un animal, donc un objet qui n’est pas un animal ne peut pas être un homme. Il en va de même en ce qui concerne l’altérité et la divinité. Un être qui ne contient pas en lui-même de l’altérité ne peut pas être Dieu, puisque l’altérité est impliquée par la conscience de soi (ou l’amour, par exemple, qui implique une relation donc une altérité). Si un être ne contient pas d’altérité en lui-même, il n’est pas auto-suffisant en ce qui concerne la conscience de soi et l’amour, il n’est donc pas Dieu.

  8. Renaud dit:

    merci!

  9. Charles dit:

    Je trouve que Dieu a beaucoup d’humour et est extrêmement subtile d’avoir suscité votre vocation et votre mission. En ce qui concerne la Trinité, je vous invite, si je puis me permettre, à lire Maurice Zundel. Bien qu’il soit catholique et vous et moi, plutôt évangéliques, me semble-t-il, son approche de la Trinité est intéressante. Plutôt qu’une démonstration, Maurice Zundel, part de l’idée, que Dieu ne peut-être que trinitaire car il est avant tout Amour. Ainsi le Fils se donne pleinement en se désappropriant au Père, aussi en est-il du Père et du Saint-Esprit. Pour Maurice Zundel, vous trouverez beaucoup de chose sur lui sur l’internet,

    salutations et Merci

    En Jésus-Christ, Charles

  10. Masson Alexis dit:

    Effectivement, partir de l’idée d’amour est devenu classique depuis Richard de Saint-Victor pour prouver la Trinité.

  11. Antonio Lopes dit:

    Bonsoir Alexis

    je viens de decouvrir ce site,
    tres interessant !!

    votre explication de la Trinité me fait pensé a une phrase

     »je pense, donc, je suis »

    René Descartes

    que Dieu vous benisse

  12. Fr. Julian Dugas, o.p. dit:

    Salut Alexis,

    D’abord, merci pour ce que tu fais, c’est extraordinaire.
    Je suis, comme toi, un philosophe convertit au catholicisme, mais sans expérience de Dieu, seulement par la raison (la grâce aidant, bien entendu).
    J’aimerais beaucoup prendre contact avec toi (par téléphone, parce que j’habite au Canada), je suis certain que nous aurions beaucoup à nous apprendre mutuellement. Les philosophes (chrétiens en plus) se font rares de nos jours, il faut se serrer les coudes.

    J’ai certains désaccords avec ce que tu dis. Si j’ai bien compris, tu entends démontrer la vérité du christianisme en démontrant un de ses éléments exclusifs, la Trinité. Or, le christianisme est une religion révélée. Autrement dit, elle enseigne des choses que Dieu nous a dites parce qu’elles étaient inaccessibles à notre seule raison. La doctrine chrétienne (catholique) est très claire sur le fait que la Trinité est un mystère. Mystère signifie indémontrable. En fait, dire que la Trinité est démontrable est, je pense, une hérésie.

    Du point de vue de la philosophie maintenant, je vois plusieurs problèmes dans ton raisonnement. D’abord, notre intelligence est discursive, c’est-à-dire imparfaite, ayant besoin d’apprendre, et d’apprendre par différence. Or Dieu étant parfait, son intelligence n’est pas discursive. Il connaît tout parfaitement par nature. Il n’a donc nullement besoin d’apprendre au contact d’une autre conscience qu’il est lui-même conscience. Aristote déjà avait démontré que Dieu se connaissait lui-même, mais il n’aurait jamais pu tirer la Trinité de ça. En plus, tu introduit un mouvement en Dieu, la prise de conscience. Or mouvement implique imperfection.
    De toute manière, ton explication très hégélienne de la conscience de soi me semble douteuse. On apprend par différence, par distinction. Donc, les êtres non-conscients suffisent pour nous rendre conscients de nous-même. Quand je vois un chien ou une plante, je réalise vite que je suis différent, et je prends conscience de moi-même.

    Ceci dit, ton intention de démontrer la vérité du christianisme est très bonne, et c’est possible, mais il faut emprunter un autre chemin. Il s’agit de démontrer que Dieu s’est vraiment révélé, que Jésus Christ est vraiment un prophète qui parle au nom de Dieu. Dieu étant infaillible, ses prophètes authentiques le sont également. Or, la certification principale que Dieu donne pour qu’on puisse reconnaître ses prophètes, ce sont les miracles. Il faut donc prouver que les miracles du Christ, principalement la résurrection, ont vraiment eu lieu. J’ai un texte que je peux te donner, qui prend 1 heure à lire, et qui fait toute cette démonstration.
    Voilà un début. Évidemment, il faudrait en discuter plus longuement.
    Que Dieu t’illumine

  13. Masson Alexis dit:

    Bonjour Julian,

    Ce serait en effet assez sympathique de pouvoir échanger. Je t’enverrai mon contact par mail.

    Cette émission est assez âgée, il y a probablement un certain nombre d’éléments qui ont évolué dans ma pensée. Depuis le Canada, tu dois pouvoir écouter Radio Arc-En-Ciel sur la Web Radio.

    Quoi qu’il en soit, je crois que la Trinité n’est qu’un élément, il y a également l’incarnation et probablement même l’expiation également. Je ne crois pas que le Christianisme soit une religion révélée exclusivement. Je pense qu’il est également possible d’entièrement l’axiomatiser. Je pense que le Christianisme a dévoilé la raison divine, il l’a manifesté. Elle était déjà connaissable, mais aucun homme n’était parvenu à sa connaissance. Et c’est d’ailleurs un tord. La notion de mystère ne signifie pas qu’une chose soit indémontrable, mais seulement cachée. Mais je comprends ton opinion, bien qu’elle soit difficilement justifiable (il ne suffit pas de l’affirmer, encore faut-il le démontrer que la Trinité est indémontrable), je l’ai déjà rencontrée par le passé.

    L’idée d’une intelligence intuitive est un non-sens à mon avis. Si la pensée divine est cohérente, alors il y a un enchainement d’implications entre ses idées. L’intelligence divine est nécessairement discursive. Une intelligence discursive n’a pas nécessairement besoin d’apprendre, surtout si elle est éternelle. L’apprentissage est le passage de l’ignorance à la connaissance. Or Dieu est éternel, immuable, intemporel. Il connaît éternellement toutes les implications logiques entre toutes ses idées. Dieu n’apprend pas qu’il a une conscience, il le sait par implication.

    Si Dieu avait conscience de lui-même par opposition à une plante, il lui faudrait créer une plante, donc il en dépendrait. Il serait imparfait. Dieu doit avoir conscience de soi par opposition à quelque chose en lui-même. Et qui plus est, ce quelque chose doit également être une conscience. Car la conscience de soi consiste à se différencier d’autres consciences. Avoir conscience de soi, c’est savoir que je ne suis pas toute conscience, mais une conscience. Ce passage se fait chez l’enfant dans la confrontation à autrui, lorsqu’il comprendre l’autre comme une autre conscience. Ainsi, Dieu doit avoir plusieurs consciences pour qu’il y ait conscience de soi divine. Chaque personne se connaît en connaissant la divinité parfaite, par implication logique, sans qu’il soit nécessaire de postuler un quelconque mouvement d’apprentissage.

    Peut-être connais-tu Richard de Saint Victor ou Richard Swinburne. Ils ont tenté une autre voie toute aussi intéressante, par l’amour. L’amour est partage est coopération, ce qui implique une pluralité de personnes. Il fallait donc que Dieu soit plusieurs personnes (étant donné son immuabilité et son autosuffisance) sans quoi il n’y aurait ni partage ni coopération en Dieu, et donc pas d’amour.

    Je crois que l’ensemble du christianisme est relativement démontrable. Plus j’y réfléchis, plus je prie, moins il y a de mystères.

    Même si je pense déjà en connaître la structure argumentative, je serais très intéressé par ton texte. Tu peux me le transmettre, je le lirais avec attention.

    Fraternellement, en Christ.

  14. Fr. Julian Dugas, o.p. dit:

    P.S.
    J’avais oublié une section importante.
    Tu dis qu’il y a plusieurs consciences en Dieu. Or conscience et intelligence c’est la même chose, la conscience est un acte de l’intelligence. Or, il n’y a en Dieu qu’une seule intelligence, et non pas deux ou trois. Donc, une seule conscience en Dieu. Les personnes ne sont pas des consciences, n’ont pas des consciences distinctes.

    Voici la meilleure analogie de la Trinité, que retient Saint Thomas d’Aquin. Dieu se pense lui-même, cette pensée ou idée forme la deuxième personne, le Fils. Leur amour mutuel est la troisième personne, l’Esprit Saint.
    Tout ça est bien beau, mais ce qui est indémontrable, c’est que la pensée et l’amour de Dieu sont des personnes distinctes. Je le répète, Aristote avait démontré ces choses, mais jamais il n’aurait accepté la doctrine de la Trinité, sauf par la foi.
    Aussi, si la pensée de Dieu est une personne distincte, pourquoi pas sa sagesse, sa justice, et même chacune de ses idées, puisqu’il connaît toutes choses. Les trois personnes en Dieu sont objet de révélation, quoiqu’en pense Hegel. D’ailleurs je serais très prudent dans l’utilisation de Hegel. Il me semble qu’en plus d’être incompatible avec le vrai christianisme, il n’est pas philosophiquement très solide.

  15. Masson Alexis dit:

    Je ne suis pas certain que tu restes dans le chemin de l’orthodoxie lorsque tu affirmes que les trois personnes ne sont pas vraiment des personnes. J’ai bien peur que tu tendes vers le modalisme.

    La conscience et l’intelligence ne sont pas une même chose. Par analogie informatique, le système d’exploitation n’est pas le processeur. Il peut y avoir plusieurs systèmes d’exploitations pour un même processeur. L’intelligence est la capacité à raisonner, à appliquer des enchaînements logiques. Il peut y avoir conscience sans intelligence (ou du moins très réduite), par exemple dans une contemplation esthétique pure. La conscience est le contenu mental en tant qu’il est pensé, ce n’est pas une faculté comme telle.

    Chacune des personnes sont des personnes distinctes, comme le montrent les Évangiles. Ces personnes ont de vrais rapports inter-personnels.

    Je précise que je ne suis pas hégélien, même s’il m’arrive de m’inspirer d’Hegel. Je rejette en particulier son introduction de la contradiction dans la logique.

  16. Fr. Julian Dugas, o.p. dit:

    Finalement, une référence au docteur des docteurs de l’Église catholique:

    1a pars, Q. 32, ARTICLE 1: La Trinité des Personnes divines peut-elle être connue par la raison naturelle?

    Objections:

    1. Les philosophes n’ont pu arriver à la connaissance de Dieu que par la raison naturelle. Or on trouve chez les philosophes maint passage qui parle de la Trinité des Personnes.

    Aristote a dit: « Nous nous sommes appliqué à glorifier par ce nombre trois le Dieu unique, qui surpasse toutes les propriétés des choses créées. » S. Augustin écrit même, à propos des ouvrages des platoniciens: « J’y ai lu en d’autres termes, il est vrai, mais c’est bien cela qu’on y établissait par toutes sortes d’arguments, j’y ai lu qu’au commencement était le Verbe, que le Verbe était en Dieu et que le Verbe était Dieu », et le reste de ce texte, qui expose la distinction des personnes divines. On dit encore, dans la Glose, que les mages de Pharaon échouèrent « au troisième signe », c’est-à-dire dans la connaissance de la troisième personne, le Saint-Esprit: ils en ont donc connu au moins deux. Enfin Trismégiste écrit: « Un a engendré l’Un, et il a réfléchi sur soi sa flamme. » Voilà bien qui semble enseigner la génération du Fils et la procession du Saint-Esprit. La raison naturelle peut donc atteindre à la connaissance des Personnes divines.

    2. Richard de Saint-Victor écrit: « Je tiens sans le moindre doute qu’il ne manque pas d’arguments, non seulement probables, mais encore nécessaires, pour rendre raison de n’importe quelle vérité. » On a en effet avancé maints arguments pour prouver même la Trinité des Personnes. Certains invoquent l’infinie bonté divine, qui se communique infiniment dans la procession des Personnes divines. D’autres font appel à ce principe, qu’il n’y a pas d’heureuse possession d’aucun bien sans société. S. Augustin, lui, cherche à manifester la Trinité des Personnes à partir de la procession du verbe et de l’amour en notre esprit; c’est la voie même que nous avons suivie ci-dessus. La Trinité des Personnes peut donc être connue par raison naturelle.

    3. Révéler à l’homme ce que la raison humaine est incapable de connaître, voilà une démarche vaine. Or, on ne va pas dire que la révélation divine du mystère de la Trinité est une démarche vaine. C’est donc que la raison humaine peut connaître la Trinité des Personnes.

    Cependant:

    S. Hilaire écrit: « Que l’homme se garde bien de penser que son intelligence puisse atteindre le mystère de la génération divine ! » Et S. Ambroise: « Impossible de savoir le secret de cette génération. La pensée y défaille, la voix se tait. » Or c’est par l’origine précisément génération et procession qu’on distingue une trinité en Dieu, comme on l’a vu plus haut; et puisque l’homme peut « savoir et atteindre intellectuellement » ce dont on peut donner une raison nécessaire, il s’ensuit que la Trinité des Personnes n’est pas connaissable par la raison.

    Conclusion:

    Il est impossible de parvenir à la connaissance de la Trinité des Personnes divines par la raison naturelle. En effet, on a vu plus haut que, par sa raison naturelle, l’homme ne peut arriver à connaître Dieu qu’a partir des créatures. Or les créatures conduisent à la connaissance de Dieu, comme les effets à leur cause. On ne pourra donc connaître de Dieu, par la raison naturelle, que ce qui lui appartient nécessairement à titre de principe de tous les êtres; c’est sur ce fondement que nous avons construit notre traité de Dieu. Mais la vertu créatrice de Dieu est commune à toute la Trinité; autrement dit, elle ressortit à l’unité d’essence, non à la distinction des Personnes. La raison naturelle pourra donc connaître de Dieu ce qui a trait à l’unité d’essence, et non ce qui a trait à la distinction des Personnes.

    Et celui qui prétend prouver la Trinité des Personnes par la raison naturelle, fait doublement tort à la foi. D’abord, il méconnaît la dignité de la foi elle-même, dignité qui consiste à avoir pour objet les choses invisibles, c’est-à-dire qui dépassent la raison humaine: « La foi, dit l’Apôtre (He 11, 1) porte sur ce qu’on ne voit pas. » Ensuite, il compromet les moyens d’amener certains hommes à la foi. En effet, apporter en preuve de la foi des raisons qui ne sont pas nécessaires, c’est exposer cette foi au mépris des infidèles; car ils pensent que c’est sur ces raisons-là que nous nous appuyons, et à cause d’elles que nous croyons. N’essayons donc pas de prouver les vérités de la foi autrement que par des arguments d’autorité, pour ceux qui les acceptent. Pour les autres, il suffit de défendre la non-impossibilité des mystères annoncés par la foi. Ainsi Denys écrit: « Celui qui reste absolument sourd aux oracles, sera inaccessible à notre philosophie. Mais s’il prend en considération la vérité des oracles divins, bien entendu, nous aurons alors nous aussi recours à cette règle. »

    Solutions:

    1. Les philosophes n’ont pas connu le mystère de la Trinité des Personnes divines, du moins par ses notions propres: génération, filiation et procession. C’est ce que dit l’Apôtre (1 Co 2, 6): « Nous prêchons une sagesse de Dieu que personne n’a connue parmi les princes de ce siècle », c’est-à-dire les philosophes, d’après la Glose. Ils ont pourtant connu certains attributs essentiels qu’on approprie aux Personnes: la puissance, appropriée au Père; la sagesse appropriée au Fils; la bonté appropriée au Saint-Esprit, comme on le verra plus loin. Donc, quand Aristote écrit: « Par ce nombre trois, etc. », n’allons pas croire qu’il ait posé le nombre trois en Dieu; il veut dire que les anciens observaient le nombre trois dans les sacrifices et les prières, parce que ce nombre possède une sorte de perfection.

    De même, on lit bien dans les livres des platoniciens: « Au commencement était le verbe… » Mais « verbe » n’y signifie pas une personne engendrée en Dieu: il évoque le type idéal selon lequel Dieu a tout créé, et qu’on approprie au Fils. Et, bien qu’ils aient connu des perfections appropriées aux trois Personnes, on dit qu’ils ont échoué « au troisième signe », c’est-à-dire dans la connaissance de la troisième Personne, parce qu’ils ont dévié de la bonté appropriée au Saint-Esprit, du fait que « connaissant Dieu, ils ne l’ont pas glorifié comme Dieu », dit S. Paul (Rm 1, 21). Il y a une autre explication: les platoniciens posaient un premier Etre, qu’ils appelaient le Père de tout l’univers; ensuite ils posaient au-dessous de lui une autre substance, qu’ils appelaient la Pensée ou l’Intellect du Père: en lui se trouvaient les idées de toutes choses, comme le rapporte Macrobe dans son Commentaire du Songe de Scipion. On ne voit d’ailleurs pas qu’ils aient posé une troisième substance, qui paraisse correspondre au Saint-Esprit. Mais nous, ce n’est pas un Père et un Fils de cette sorte, substantiellement différents, que nous posons: ce fut l’erreur d’Origène et d’Arius, disciples sur ce point des platoniciens.

    Quant à cet aphorisme de Trismégiste: « l’Un a engendré l’Un, et il a réfléchi sur soi sa flamme », il ne concerne pas la génération du Fils, ni la procession du Saint-Esprit, mais bien la production du monde: le Dieu unique a produit un monde par amour de soi.

    2. La raison qu’on apporte pour expliquer une chose donnée peut jouer un double rôle. Il peut se faire qu’elle en établisse démonstrativement la cause cachée. ainsi en philosophie de la Nature on prouve efficacement pourquoi le mouvement a une vitesse uniforme. Mais il arrive aussi que la raison qu’on donne ne prouve pas efficacement que telle est la cause cachée que l’on cherche, mais, une cause étant supposée, elle montre que les effets qui, par hypothèse, en découlent s’accordent bien avec elle. Ainsi en astronomie on donne comme raison (des phénomènes observés) la théorie des excentriques et des épicycles, étant donné que ce qui apparaît aux sens des mouvements des astres est respecté par cette hypothèse; ce n’est pourtant pas une preuve décisive (que telle est la vraie cause de ces phénomènes), car il n’est pas dit qu’une autre hypothèse ne les respecterait pas aussi. On peut donc donner une explication du premier type pour prouver que Dieu est un, etc. Mais la raison que l’on apporte pour manifester la Trinité est du second type: c’est-à-dire que, la Trinité étant admise, les explications qu’on en donne s’accordent avec cette présupposition, mais aucune d’elle ne suffit à prouver que Dieu est Trinité.

    C’est clair quand on en vient au détail. La bonté infinie de Dieu se manifeste aussi dans la production des créatures, car produire de rien requiert une vertu infinie. Certes, Dieu se communique en raison de sa bonté infinie. Il ne s’ensuit pas qu’il en procède quelque chose d’infini, mais quelque chose qui reçoit à sa mesure communication de l’infinie bonté. De même pour ce principe que, sans société, il n’y a possession heureuse d’aucun bien. Cela vaut pour une personne qui n’a pas en elle-même la bonté parfaite; alors elle a besoin, pour atteindre à cette plénitude de bien qui fait le bonheur, du bien d’un autre uni à elle. Quant à l’analogie de notre intellect, elle n’est pas une preuve décisive en ce qui concerne Dieu, pour cette raison que l’intelligence ne se réalise pas de manière univoque en Dieu et en nous. S. Augustin a donc bien dit que c’est par le moyen de la foi qu’on parvient à la connaissance, et non inversement.

    3. La connaissance des Personnes divines était nécessaire pour nous à un double titre. Le premier était de nous faire penser juste au sujet de la création des choses. En effet, affirmer que Dieu a tout fait par son Verbe, c’est rejeter l’erreur selon laquelle Dieu a produit les choses par nécessité de nature; et poser en lui la procession de l’Amour, c’est montrer que si Dieu a produit des

    créatures, ce n’est pas qu’il en eût besoin, ni pour une autre cause extérieure à lui: c’est par amour de sa bonté. Aussi Moïse, après avoir écrit: « Au commencement, Dieu créa le ciel et la terre », ajoute ceci: « Dieu dit: que la lumière soit », afin de faire paraître le Verbe de Dieu; après quoi il écrit: « Dieu vit que la lumière était bonne », pour montrer l’approbation du divin Amour. Et il décrit de même la production des autres oeuvres. Le second motif, et le principal, était de nous donner une vraie notion du salut du genre humain, salut qui s’accomplit par l’incarnation du Fils et par le don du Saint-Esprit.

  17. Masson Alexis dit:

    Je connais bien ce texte de Thomas d’Aquin. J’ai eu le bonheur d’étudier Thomas d’Aquin en Master de philosophie, il fut l’objet de mon mémoire.

    Thomas d’Aquin a beaucoup d’intelligence, mais cela ne l’empêche pas d’être faillible. Il n’a manifestement par compris l’argument de Richard de Saint-Victor, ou du moins son esprit. L’idée générale est que la création est une preuve que Dieu est amour, or l’amour implique une pluralité de personnes, donc si Dieu est autosuffisant, il est plusieurs personnes en un être. Nous partons bien des œuvres divines et nous connaissons l’essence divine et la Trinité.

    Thomas d’Aquin fait une erreur d’exégèse manifeste, lorsqu’il s’appuie sur Hébreux 11.1, car ce texte n’affirme pas que la foi dépasse la raison (au contraire), il affirme que la foi connaît ce qui n’est pas encore (ce que l’on ne voit pas). Les exemples qui suivent, donnés par l’auteur de l’Épître aux Hébreux, sont tout à fait marquant, en particulier en ce qui concerne Abraham, auquel il attribut une intelligence syllogistique remarquable (Isaac est le fils de la promesse, DONC il ne mourra pas).

    Thomas d’Aquin se trompe encore lorsqu’il affirme que la nécessité des arguments est insuffisante et conduit les infidèles à mépriser la foi. Je l’ai constaté, par expérience, ces arguments mettent en difficulté les témoins de Jéhovah et les musulmans. J’en ai vu plus d’un se convertir sur cette base purement rationnelle. C’est d’ailleurs sur la base de ces mêmes arguments, que moi-même j’en suis venu à adhérer à la Trinité.

    Thomas d’Aquin fait encore une erreur d’exégèse lorsqu’il s’appuie sur 1 Corinthiens 2.6. Ici, il n’est nullement question de la Trinité, mais de la Croix. Et encore, c’est davantage une question de valeur et d’éthique que de rationalité. Il était impensable aux païens que Dieu le Fils se laisse meurtrir pour le salut et qu’il pardonne. Je vous renvoie en particulier à l’Éthique à Nicomaque d’Aristote, les passages où Aristote exprime tout son dégout de ceux qui pardonnent (valeur qui à l’époque était le signe de la faiblesse).

    Thomas d’Aquin, enfin, commet encore une erreur concernant sa réfutation de l’argument de Richard de Saint Victor. « La Trinité étant admise, les explications qu’on en donne s’accordent avec cette présupposition, mais aucune d’elle ne suffit à prouver que Dieu est Trinité. C’est clair quand on en vient au détail. La bonté infinie de Dieu se manifeste aussi dans la production des créatures, car produire de rien requiert une vertu infinie. Certes, Dieu se communique en raison de sa bonté infinie. Il ne s’ensuit pas qu’il en procède quelque chose d’infini, mais quelque chose qui reçoit à sa mesure communication de l’infinie bonté. De même pour ce principe que, sans société, il n’y a possession heureuse d’aucun bien. Cela vaut pour une personne qui n’a pas en elle-même la bonté parfaite; alors elle a besoin, pour atteindre à cette plénitude de bien qui fait le bonheur, du bien d’un autre uni à elle. » Thomas d’Aquin déplace l’argument de R.D.S.V. de l’amour à la bonté. On le sait, Raymond Lulle empruntera lui-même ce chemin. Mais l’amour comme la bonté ne se possèdent pas en soi. Thomas d’Aquin ontologise le bien, conformément à son époque. R.D.S.V. et Raymond Lulle ont cela de plus moderne, qu’ils admettent que la bonté ou l’amour réside dans la relation, non dans l’être en soi. Thomas d’Aquin se déplace de l’amour à la bonté, pour ontologiser plus facilement l’argument et ainsi montrer que la relation n’est pas nécessaire. Son argument est donc doublement problématique : il repose sur un concept douteux de la bonté, et surtout il ne prend pas en compte l’argument original, celui de l’amour.

  18. Luc dit:

    Bonjour Alexis,

    Merci pour toutes les réponses que vous m’apportez, elle me sont très utiles et m’ouvrent à la culture philosophique qui me passionne de plus en plus.

    Néanmoins, je ne comprends pas du tout cet article. En toute logique, on ne peut pas dire que le christianisme dévoile la vérité sur la volonté de Dieu. En effet, toutes les doctrines chrétiennes se contredisent sur la question de la volonté de Dieu, il existe donc une doctrine vraie et toutes les autres fausses. Par conséquent, on peut dire que parmi les doctrines chrétiennes il existe une doctrine qui dévoile la vérité sur la volonté de Dieu, mais on ne peut pas dire que le christianisme dévoile la vérité sur la volonté de Dieu. Ce raisonnement est-il cohérent ?
    Aussi, par ce que le Christ dit aux apôtres « l’Esprit de vérité, quand il viendra, il vous introduira, lui, dans la vérité tout entière » Jean 16,13. Alors nous en déduisons que l’Eglise en tout temps ne peut pas énoncer d’erreurs puisqu’elle est grâce à l’esprit de vérité dans la vérité tout entière. Par conséquent, toutes Eglises qui contredisent la doctrine d’une Eglise qui leur sont antérieur n’ont pas la vérité sur la volonté de Dieu. Il se trouve qu’aujourd’hui la seule Eglise qui ne contredit aucune doctrine d’Eglise antérieur à elle est l’Eglise catholique.
    Qui plus est, l’Eglise catholique n’est pas différente de l’Eglise primitive puisqu’elles ont la même foi (credo) et ont tout deux un chef qui tranche le vrai du faux. Jésus dit à Pierre « Quoi que tu lies sur la terre seras lié dans les cieux et quoi que tu délies sur la terre sera délié dans les cieux » Mathieu 16,19.
    Pensez-vous que ce raisonnement est juste ?

    Merci !

  19. Masson Alexis dit:

    Bonjour Luc,

    Si j’ai bien compris votre raisonnement, vous voulez dire que l’on ne peut pas dire que le Christianisme est vrai, car seule l’une de ses confessions est vraie, les autres étant fausses. C’est bien cela ?

    En logique formelle, un énoncé contenant plusieurs alternatives contradictoires peut être vrai, si ces alternatives ne sont pas liées par une conjonction mais par une disjonction.

    Exemple 1 : « Martine fait du vélo et n’en fait pas ». Cet énoncé est toujours faux et contradictoire.
    Exemple 2 : « Martine fait du vélo ou n’en fait pas ». Cet énoncé est toujours vrai et non-contradictoire.

    Il me semble que l’on comprenne le « Christianisme » à l’image de l’exemple (2) : Le Catholicisme, ou l’Orthodoxie, ou le Protestantisme. D’une manière plus générale, on peut dire que le théisme est vrai et l’athéisme est faux, même si l’on ne précise pas de quel théisme parlons-nous.

    Cordialement.

  20. Pierre PICHON dit:

    pour alimenter cette question, on peut, aussi se référer à C.G.JUNG, sur lequel je me suis un peu penché,à propos du soi et du processus d’individuation.
    A la différence de Freud,C.G.JUNG est ouvert à une transcendance « ..JUNG restera et se proclamera toujours chrétien, fût-ce d’une façon hétérodoxe… » (voir le monde des religions,N°53 « Psychlogie et religion » mais aussi d’autres ouvrages intéressants comme dans la collection Que sais-je « JUNG » de Christian Gaillard ou dictionnaire JUNG,collectif, Editions Ellipses.

  21. Masson Alexis dit:

    Pierre,

    Intéressant ! J’avoue ne pas bien connaître Jung. En tout cas le processus de formation de la conscience de soi en psychologie génétique connaît un consensus certain.

    Fraternellement, en Christ,
    Alexis.

  22. lucas dit:

    Bonsoir Alexis,

    Je suis actuellement lycéen dans un lycée catholique et lors d’un de mes cours de catéchisme, votre vidéo d’introduction a été diffusée.

    N’étant pas croyant, pour ne pas dire foncièrement athée, j’ai été touché par votre expérience. J’ai reconnu dans vos propos ma façon de penser, et me suis dit que pour une fois, un catholique était sensé.
    Et même si je reste personnellement convaincu de la non-existence de Dieu, je comprends votre foi et la respecte.

    Je reste cependant profondément choqué par vos propos dans cette vidéo. En reprenant vos mots exacts, « toutes les autres religions qui prétendent que Dieu n’est pas trinitaire sont fausses. Et qu’il n’y a qu’une seule religion qui est vraie, c’est le christianisme. »
    Ainsi, le judaïsme et l’islam seraient des religions fausses ? N’est ce pas insulter la foi d’autrui que de clamer que sa croyance n’est pas la bonne ? Votre pseudo-explication dans cette vidéo, qui essaye tant bien que mal de démontrer que la trinité est essentielle me semble tout simplement poreuse.

    Ce genre d’affirmation n’est bon à rien, si ce n’est qu’à renforcer la haine et la non-tolérance…

  23. Masson Alexis dit:

    Bonjour Lucas,

    En règle générale, les chrétiens pensent que leur foi est vraie. C’est également le cas des musulmans ou des juifs. Chacun pense que sa foi respective est vraie. Cela n’aurait aucun sens de se dire chrétien et de penser que la foi chrétienne est fausse. Le problème est que chacune de ces religions contredit le contenu doctrinal des autres religions. Par exemple, un juif ou un chrétiens ne reconnaissent pas Mahomet comme étant le dernier prophète de Dieu. De même, les juifs et les musulmans pensent que Dieu n’est pas trinitaire. Enfin, les chrétiens et les musulmans, contrairement aux juifs, n’attendent pas le Messie. Adopter la foi correspondante à une religion, cela revient à penser que les autres religions sont fausses.

    Est-ce intolérant? Je ne le crois pas. On peut penser qu’autrui est dans l’erreur tout en étant tolérant envers lui. Les hommes politiques de droite sont tolérant envers les hommes politiques de gauche (et vice-versa), même s’ils pensent naturellement qu’ils ont tord. La tolérance consiste à respecter autrui, même si ses idées sont contraires aux nôtres. La tolérance ne consiste donc pas à penser que tout le monde à raison (ce qui serait contradictoire et donc irrationnel) ou à obliger tout le monde à penser la même chose. Au contraire, la tolérance reconnaît le droit de penser différemment de soi, même si l’on pense que cela est faux. Une personne tolérante tente de convaincre autrui non par la force mais par la raison, par la discussion.

    Enfin, je comprends que la démonstration soit difficile à comprendre. Sachez tout de même qu’elle s’inspire de grands philosophes et théologiens. Par exemple, Keckermann, Edwards, Lessing, Martensen, Shedd, … ont tenu des raisonnements similaires. Le fait que la démonstration ne vous convainc pas n’est pas un argument objectif contre elle. Pour contrer un argument, vos devez proposer un argument contraire ou soulever une contradiction dans le raisonnement. Ce n’est pas le cas ici.

    Si vous souhaitez en savoir plus sur la Trinité, je vous propose de regarder cette émission (http://www.epistheo.com/?p=1048) et celle-ci (http://www.epistheo.com/?p=1044). Si vous souhaitez en savoir plus sur le problème de la tolérance et de la multiplicité des religions, vous pouvez regarder cette émission (http://www.epistheo.com/?p=1044).

    Cordialement.