Qu’est-ce que le Péché Originel ?

Posted on: novembre 17, 2009
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« Aujourd’hui nous allons étudier la question du Péché originel ? Mais avant de l’aborder en tant que tel, peut-être faudrait-il déterminer ce qu’est le péché, d’une manière plus général. Est-ce que l’on peut en proposer une définition ? »

Alexis : « Le mieux serait d’étudier en quoi consiste le péché, en examinant, dans le récit biblique, le premier péché commis par l’homme. Nous en avons une description dans le texte de la Genèse, au chapitre III. Dieu avait dit à Adam : « Tu ne mangeras pas de l’arbre de la connaissance du bien et du mal » (Genèse 2.17). C’est un arbre qui permettait, à la fois d’après le serpent et d’après Dieu lui-même, de devenir « comme Dieu » (Genèse 3.5 et 3.22). On peut donc en déduire qu’il s’agit de déterminer par soi-même ce qui est bien et ce qui est mal, car c’est en cela seul que l’on peut être « comme Dieu ». Ce n’est pas dans le fait d’acquérir les notions générales du bien et du mal, dans la mesure où l’interdit de manger de ce fruit présuppose la notion de mal, elle était donc déjà acquise. Ce n’est pas non plus le fait d’expérimenter le bien et le mal, car Dieu n’a pas besoin de faire l’expérience du mal pour être Dieu, cela ne rend en rien semblable à Dieu. Ce n’est pas non plus un arbre qui servirait de critère afin de savoir si l’homme le bien ou le mal, encore une fois, cela ne rendrait en rien semblable à Dieu. Ce n’est pas non plus, enfin, le fait de savoir ce qui est effectivement bien ou mal, puisque Dieu lui-même ne l’a pas appris, mais a déterminé librement ce qui est bien et ce qui est mal. C’est donc en cela, déterminer soi-même ce qui est bien ou mal, que consiste le péché : dans ce cas, on n’a plus besoin de Dieu, on se fait Dieu à la place de Dieu, en ne suivant que sa propre volonté. Au contraire, la justice consiste à s’en remettre à la volonté de Dieu, c’est-à-dire à s’engager pour Dieu et à avoir confiance en lui, c’est ce que signifie l’hébreu émouna, c’est-à-dire en français, la « foi ». La foi c’est, comme le dit l’expression biblique, de « marcher avec Dieu ». »

« Le péché, c’est donc désobéir à Dieu. Mais pourquoi dit-on que ce péché, celui commit par Adam et Eve, est-il spécifiquement originel ? Qu’est-ce que cela change, ou qu’est-ce que cela apporte qu’on le dise originel ? »

Alexis : « Le Péché originel désigne le premier péché humain, en tant qu’il est à l’origine de la condition de péché qui s’est étendu à toute l’humanité. A un moment, toute l’humanité à péché, et l’humanité d’alors, ce n’était qu’Adam (et Eve). Comme Adam a péché, il a été condamné. Et du même coup, toute l’humanité après lui l’est devenue. Mais jusque là, seul Adam (et Eve) est coupable, tous ses descendants sont pour le moment seulement condamnés, sans être responsables. Mais le problème, c’est que tous ses descendants acceptent cette situation, tous ont refusés de revenir à Dieu et par conséquent, tous sont devenus complices d’Adam, et sont donc responsables aussi de leur condamnation. Cela signifie que par le péché d’un seul, tous sont devenus condamnés et coupables. C’est ce que veut dire Paul dans son Epître aux Romains 5.12-19 : « Par un seul homme, le péché est entré dans le monde, et par le péché, la mort, et ainsi la mort s’est étendue sur tous les hommes, car tous ont péchés… par l’offense d’un seul, il en est beaucoup qui sont mort… par une seule offense la condamnation a atteint tous les hommes… par la désobéissance d’un seul, beaucoup ont été rendus pécheurs… ». En général, on a une idée très négative du péché originel, mais c’est parce qu’on ne le comprend pas bien. Je vais donner une image pour que la chose soit claire. Imaginons une équipe de football dans laquelle il y a un joueur un peu stupide. Ce joueur marque contre son camp, à un moment fatidique de telle sorte que son club de football est relégué dans une division inférieur. Pour le moment, il n’y a qu’un seul coupable, c’est ce joueur, pourtant il condamne tout le monde avec lui, bien que tous les autres soient irresponsables. Le problème, c’est que la saison suivante, tout le monde accepte la situation, personne n’a l’intention de vouloir de remontrer dans la division supérieur, mais tout le monde joue seulement le maintien, même les nouvelles recrues. Jusque là, tout le monde était condamné, sans être responsable, par la faute d’un seul, mais maintenant tout le monde est devenu coupable, parce que tout le monde s’est fait complice, même les nouvelles recrues. C’est ce que dit Paul : « car tous ont péchés ». Si au moins les joueurs avaient voulu jouer en division supérieur, lorsque d’autres clubs voulaient les recruter, mais aucun n’a voulu ! Il en va de même pour le Déluge : Dieu propose le salut, mais tous refusent, l’homme ne veut pas de Dieu, il est donc condamner par Adam, et coupable parce qu’il se fait complice d’Adam. Ainsi, le péché d’Adam est le péché à l’origine de la condamnation immédiatement et à l’origine de la culpabilité indirectement.

« Mais il y a quelque chose de plus dans l’idée du Péché originel, on dit en général que la nature humaine est devenue pécheresse, que tout homme est pécheur de manière innée. Adam a péché et nous a transmis son péché, l’homme est devenu par nature pécheur à cause d’Adam. »

Alexis : « Cette idée n’est pas biblique. Au contraire ! Il est écrit dans le livre d’Ezéchiel (18.20) : « Le fils ne supportera pas les conséquences de la faute commise par son père […] Le juste sera préservé à cause de sa justice, et le méchant sera condamné à cause de sa méchanceté. » Dans la Genèse, on voit que Dieu attend toujours que l’homme se repent, afin qu’il soit sauvé de la condamnation, mais au contraire, l’humanité s’entête, elle s’enfonce toujours plus et de manière volontaire, de sorte que Dieu durcit même les effets du vieillissement (Genèse 6.3). Il n’y en a un qu’un seul qui va radicalement changer d’attitude, d’après le texte biblique, c’est Hénoch. Hénoch refuse de se faire complice du péché d’Adam, il refuse la condamnation. Le texte dit qu’Hénoch décida de « marcher avec Dieu », c’est ce qui rend agréable à Dieu (comme c’est le cas de Noé, Genèse 6.9). Du coup, parce qu’Hénoch avait foi en Dieu, il n’a pas subi la condamnation, il n’a pas connu la mort (Genèse 5.24). Son histoire est dans une généalogie, et elle retenti particulièrement, car alors que tous meurt à cause de leurs péchés, au contraire, Hénoc est n’est plus parce qu’il est « enlevé », il est « prit » par Dieu. Ainsi l’homme n’est pas responsable de la faute de ses parents, Dieu lui permet d’enlever la condamnation que ses parents lui donnent, mais trop souvent, les enfants l’acceptent sans discuter, du coup ils sont tous condamnés et en même temps responsable. L’homme n’est donc pas pécheur par nature à cause d’Adam, il pourrait très bien refuser cette situation, mais dans les faits, au contraire, il s’en fait trop souvent le complice.

Je pense que l’on ne saisit pas toujours très bien ce que l’on dit lorsqu’on parle de « nature pécheresse ». Une « nature » c’est ce qui fait ce que nous sommes, c’est un ensemble de qualités stables qui nous constituent, qui sont communes à tous les individus partageant une même « nature », une même espèce. Cela signifie que tout homme est absolument incapable de faire autre chose que d’agir et de penser dans la voie du péché. Un homme qui fera un seul acte, ou qui aurait une seule pensée qui soit juste (ne serait ce que d’avoir la foi, ou penser de Dieu est bon) ne serait pas un homme, tout en lui serait péché, parce que c’est ce qui le définit. Or, ni Adam avant la chute, ni Jésus n’ont péchés, et pourtant ils étaient humains. Ceux qui prétendent que l’homme est pécheur par nature ont bien du mal à expliquer pourquoi Jésus était sans péché, bien qu’il soit réellement et pleinement humain, qu’il a hérité de la même chair que nous, par sa mère Marie, elle-même descendante lointaine d’Adam. La Bible s’oppose à cette conception : l’homme est créé libre de choisir entre le bien et le mal et il reste encore après la chute. Hénoch, Noé, Abraham sont des exemples, mais Hénoch a été le plus parfait de tous. Prenons même Caïn, le premier enfant issu du péché : Dieu lui conseille de résister à la tentation (Genèse 4.7). C’est un conseil un peu stupide s’il est de nature pécheresse, il ne peut pas faire autrement. Hénoch, lui, cesse de pécher et ne passe donc pas par la mort, la mort étant le salaire du péché (Genèse 5.24). Lors du Déluge, Dieu veut laver la terre du péché, il prend Noé qui était juste pour la repeupler. Si Noé contenait en lui le péché originel par nature, autant dire que le projet de Dieu « tombait à l’eau ». Enfin lorsque Moïse rappel les termes de l’alliance avec le peuple d’Israël, il dit : « J’ai mis devant toi la vie et la mort, choisis la vie » (Deutéronome 30.15-30). C’est bien preuve que l’homme est libre de suivre ou non l’acte fondamental d’Adam. Même dans le Nouveau Testament, il est indiqué que Zacharie et Elisabeth étaient « tous deux justes devant Dieu, observant d’une manière irréprochable tous les commandements et toutes les ordonnances du Seigneur » (Luc 1.6). L’idée d’une nature pécheresse n’est donc pas biblique, car l’homme a le choix entre le bien et le mal et il est responsable de son choix, justement parce qu’il est libre de le faire. »

« Mais que faire alors de la dimension de la transmission du péché ? La Bible admet pourtant bien que le péché se transmet de générations en générations… »

Alexis : « Bien sûr que l’homme hérite du péché, mais il ne faut pas tout confondre ! Mais il faut distinguer deux types d’héritage pour ne pas commettre d’erreur. Il y a des héritages qui sont innés d’autres qui sont acquis. Les héritages de natures sont innés. Par exemple, j’ai hérité par mes parents de ma nature humaine, cela me constitue je ne peux rien n’y faire. D’une manière plus général, tout ce qui est inné est une transmission de nature, si donc nous sommes pécheurs par nature, il faudrait qu’Adam et Eve ait été créée eux-mêmes pécheurs par nature, ce qui n’est pas le cas.

En revanche, j’hérite de mes parents de manière acquise, par exemple, leur patrimoine. C’est acquis, car cela ne fait pas partie de moi, même si cela me donne une certaine condition, il est possible que ce patrimoine augmente, se réduise, ou même que je le refuse. De la même manière, certains ont péchés plus que d’autres. Néanmoins les gens qui refusent un patrimoine sont peu nombreux. De la même manière, avec le péché originel, presque tout le monde a accepté plus ou moins d’être pécheur, conditions que tous nous héritons de manière acquise par nos parents. C’est justement parce que c’est un héritage acquis que nous en sommes responsables. Et c’est encore justement parce que c’est un héritage acquis, que Jésus-Christ peut nous le retirer. Autrement dit, si la nature humaine était pécheresse, la Croix n’aurait aucun rôle dans la justification de l’homme. »

« Mais pourtant nous sommes bien asservis au péché, nous sommes bien esclave du péché, nous n’arrivons pas à cesser de pécher, alors que pourtant nous aimerions ne plus pécher. C’est bien la preuve que l’homme n’est pas libre… »

Alexis : « Là encore, c’est un constat, mais il est faux d’en conclure que l’homme est pécheur par nature. D’ailleurs, il y a un texte de Paul sur la question. C’est toujours dans l’Epître aux Romains (7.18-23) : « J’ai la volonté, mais non le pouvoir de faire le bien. Car je ne fais pas le bien que je veux, et fais le mal que je ne veux pas, ce n’est plus moi qui le fais, c’est le péché qui habite en moi. Je trouve donc en moi cette loi : quand je veux faire le bien, le mal est attaché à moi. Car je prends plaisir à la loi de Dieu, selon l’homme intérieur ; mais je vois dans mes membres une autre loi qui lutte contre la loi de ma raison, et qui me rend captif de la loi du péché qui est dans mes membres. » Paul le montre clairement dans ce texte, nous n’avons pas une nature pécheresse, parce que, c’est au moins vrai pour Paul, nous ne voulons pas pécher. Si nous étions de nature pécheresse, nous ne pourrions que vouloir pécher. Hors en Paul, sa raison s’oppose au péché. Mais il n’a pas la force, il n’y arrive pas, le péché est plus fort que lui, alors que Paul nous informe justement avant cet extrait qu’autrefois il ne péchait pas (Romains 7.7-9), seulement une fois que le péché est entré en lui, il ne parvient plus à s’en passer. A chaque fois que je lis ce texte de Paul, j’ai l’impression de lire le témoignage d’une personne asservie à au tabac, à l’alcool ou à la drogue. Elle était libre, la tentation de fumer ou de boire est venue, elle y a succombé elle en est devenue esclave, son corps est devenu dépendant, si bien que lorsque elle essaie d’arrêter, elle n’y parvient pas. »

« Mais s’il n’y a pas de nature pécheresse, l’homme peut se sauver tout seul alors, et le salut par les œuvres est possible ! »

Alexis : « Ah non, ça c’est un parfait contresens ! Rappelons comment nous avons définis le péché : c’est la désobéissance à Dieu. Dieu nous demande de nous engager pour lui, de lui faire confiance, c’est-à-dire d’avoir foi en lui. Il va donc de soi que nul ne peut être juste par lui-même, mais seulement parce qu’il a foi en Dieu. C’est la foi qui sauve, et cela est d’ailleurs vrai que l’homme soit sous l’emprise du péché ou non. Paul a tout à fait raison d’insister sur le fait que l’homme n’est pas sauvé par ses œuvres, car les Juifs pensaient que comme la loi avait été donnée, ils n’avaient plus besoin de Dieu. C’est faux : nous sommes sauvés par notre foi en Dieu seulement. »

3 Réponses pour “Qu’est-ce que le Péché Originel ?”

  1. rudy dit:

    Bjr!

    Votre article est intéressant mais je reste assez sceptique étant donné que nous constatons également les anomalies qu’il y’a dans notre chair (malformations etc.) et dans notre âme (perversions etc.) et à dire vrai dans toute la création depuis la chute. Votre interprétation du péché est une conception juive ou l’homme serait fondemmentalement bon et le péché serait une chose exterieure. Seulement christ a bien précisé que ce mal qui nous souille provient du dedans de nous même et n’est donc pas exogène.

    Marc 7:21Car c’est du dedans, c’est du coeur des hommes, que sortent les mauvaises pensées, les adultères, les impudicités, les meurtres,7:22les vols, les cupidités, les méchancetés, la fraude, le dérèglement, le regard envieux, la calomnie, l’orgueil, la folie.7:23Toutes ces choses mauvaises sortent du dedans, et souillent l’homme.

    Par ailleurs l’Eternel punit l’iniquité des pères sur les enfants et inversement fait grâce à ceux qui l’aiment:

    Exode 34:6 Et l’Éternel passa devant lui, et s’écria : L’Éternel, l’Éternel, Dieu miséricordieux et compatissant, lent à la colère, riche en bonté et en fidélité,34:7qui conserve son amour jusqu’à mille générations, qui pardonne l’iniquité, la rébellion et le péché, mais qui ne tient point le coupable pour innocent, et qui punit l’iniquité des pères sur les enfants et sur les enfants des enfants jusqu’à la troisième et à la quatrième génération !

    JE suis d’accord avec vous que nous n’ avons pas de nature pécheresse à proprement dite mais le péché en tant que mécanisme psychique qui nous pousse à la désobéissance est chevillé à notre être, sinon nous obéirions facilement à Dieu. Pour preuve, même les enfants dès le plus jeune âge n’ont besoin de personne pour apprendre à mentir.

    J’aimerais avoir votre point de vue sur ma brève analyse

    Soyez bénis!

  2. Masson Alexis dit:

    Bonjour,

    Vous dites : « Votre article est intéressant mais je reste assez sceptique étant donné que nous constatons également les anomalies qu’il y’a dans notre chair (malformations etc.) et dans notre âme (perversions etc.) et à dire vrai dans toute la création depuis la chute. Votre interprétation du péché est une conception juive ou l’homme serait fondamentalement bon et le péché serait une chose extérieure. Seulement christ a bien précisé que ce mal qui nous souille provient du dedans de nous même et n’est donc pas exogène. »

    Je réponds :

    [1] Je ne crois pas avoir défendu une conception d’après laquelle l’homme serait fondamentalement bon. Il me semble au contraire avoir défendu que l’homme n’a pas de nature morale, il est indéterminé dans sa nature, il n’est ni bon, ni mauvais, ce qui fait qu’il peut se déterminé vers le bien ou le mal. L’homme est libre d’accepter ou de refuser Dieu… même s’il a beaucoup de mauvaise foi, une mauvaise foi maladive.

    [2] Je suis d’accord avec vous : oui, nous constatons des anomalies dans notre chair, dans nos consciences, et dans notre toute la création. Je ne vois pas en quoi cela contredit ce qui a été dit. La création a accueilli le mal et cela entraîne des dérèglements, mais la nature humaine, de même que la nature de la Création restent ni bonnes, ni mauvaises. Aucun homme n’est fumeur par nature, mais une fois qu’il se met à fumer, il devient dépendant et sa santé se dégrade, pourtant, il n’est pas fumeur par nature.

    Vous dites : « Marc 7:21Car c’est du dedans, c’est du cœur des hommes, que sortent les mauvaises pensées, les adultères, les impudicités, les meurtres, 7:22 les vols, les cupidités, les méchancetés, la fraude, le dérèglement, le regard envieux, la calomnie, l’orgueil, la folie.7:23Toutes ces choses mauvaises sortent du dedans, et souillent l’homme. »

    Je réponds :

    [1] Je suis parfaitement d’accord avec le contenu de ces versets. Il ne me semble pas que je les contredise.
    Vous dites : « Par ailleurs l’Eternel punit l’iniquité des pères sur les enfants et inversement fait grâce à ceux qui l’aiment: Exode 34:6 Et l’Éternel passa devant lui, et s’écria : L’Éternel, l’Éternel, Dieu miséricordieux et compatissant, lent à la colère, riche en bonté et en fidélité,34:7qui conserve son amour jusqu’à mille générations, qui pardonne l’iniquité, la rébellion et le péché, mais qui ne tient point le coupable pour innocent, et qui punit l’iniquité des pères sur les enfants et sur les enfants des enfants jusqu’à la troisième et à la quatrième génération ! »

    Je réponds :

    [1] Il me semble que vous déformez le sens de ce verset. Aucun verset dans la Bible ne dit que les enfants innocents meurent à cause des péchés des parents. Au contraire. En revanche, la Bible dit, comme c’est le cas dans ce verset, que la patience de Dieu est longue. Dieu est patient dans la colère : il ne punit pas dès la première génération, car Dieu espère sa repentance, mais de ce fait, les générations à venir recevront la punition qu’elles méritent si elles ont refusé de se repentir. Mais comprendre que Dieu punit les enfants à la place des pères, c’est rendre la Bible contradictoire. Il ne faut pas comprendre à la place de, mais à partir de.

    Vous dites : « JE suis d’accord avec vous que nous n’avons pas de nature pécheresse à proprement dite mais le péché en tant que mécanisme psychique qui nous pousse à la désobéissance est chevillé à notre être, sinon nous obéirions facilement à Dieu. Pour preuve, même les enfants dès le plus jeune âge n’ont besoin de personne pour apprendre à mentir. »

    Je réponds :

    [1] Je suis parfaitement d’accord avec vous, il me semble que vous me comprenez mal. Nous savons intellectuellement que Dieu est bon et qu’il est bon de se soumettre à sa volonté. Néanmoins, bien que nous le sachions intellectuellement, nous le voulons rarement. L’homme est le plus souvent dans un rapport ambigu vis-à-vis de Dieu, la volonté est partagée entre le bien et le plaisir (en lui-même, ou le plaisir de désobéir, etc.). C’est ce caractère partagé de la volonté qui est le pire ennemi de l’homme. Le fait que l’homme soit partagé, est la preuve qu’il n’est ni bon, ni mauvais par nature. C’est à cause de lui qu’il est bon ou mauvais. Le mal comme le bien sont des potentialités de l’homme, il choisit d’accomplir l’un ou l’autre. C’est justement parce que nous ne sommes pas bons par nature qu’il est difficile d’obéir à Dieu, tandis que si nous étions mauvais par nature, il nous serait impossible d’obéir à Dieu. La difficulté la plus grande qui se présente devant l’homme, c’est qu’il doit choisir et renouveler son choix en chaque instant. L’homme est totalement responsable de ce qu’il fait. Notre difficulté vient de notre liberté, nous avons à chaque instant le pouvoir de refuser Dieu, et la tentation est grande parce qu’elle flatte notre ego. Les enfants connaissent également ce problème de la liberté : parce qu’ils ne sont pas déterminés au bien, ni au mal, ils mettent librement dès le plus jeune âge, parce qu’ils explorent toutes les possibilités que leur nature leur permet d’exploiter. L’enfant part à la découverte du bien comme du mal… et le mal est si agréable, le pouvoir, la jouissance, etc. Nous aimons le mal, parce qu’il donne un sentiment d’exister par notre propre individualité, nous avons l’impression d’être des dieux. En acceptant Dieu, j’admet que je ne suis pas un dieu, ce qui est pénible pour l’estime de soi, je dois apprendre que je ne suis pas un individu, mais un être en relation, qui a besoin de l’autre, qui ne doit pas être égoïste, mais qui se réalise réellement dans l’amour, justement parce que je suis un être en relation. C’est une réalité difficile à accepter. C’est pourquoi, étant totalement libre, il nous est si difficile d’obéir à Dieu : nous ne le voulons pas vraiment. Il faudrait que Dieu annule notre liberté, pour que nous puissions pleinement nous soumettre à lui…. Problème : dans ce cas, nous ne nous soumettrions plus à Dieu, mais c’est lui qui nous soumettrait, ce ne serait plus un acte volontaire, ce ne serait plus de la foi, ce ne serait plus une relation d’amour avec Dieu.

    Soyez bénis de Dieu, en grâce et en vérité.

  3. rudy dit:

    Bjr mon cher frère en christ!

    J’ai beaucoup apprécié votre réponse et je n’en attendais pas moins. Ce que vous dîtes au sujet des potentialités du bien et du mal est vrai car vous et moi aurions pu faire le choix de nier l’expérience du Saint Esprit et rejeter la grâce. D’ailleurs Dieu dit qu’il met devant nous mais pas en nous :

    Deutéronome 11:26
    Vois, je mets aujourd’hui devant vous la bénédiction et la malédiction :[…

    Concernant l’iniquité des pères sur les fils, je ne crois pas que cela soit une contradiction avec le fait que chacun porte ses péchés. Nous sommes tous sous la malédiction d’adam mais cet empire du péché ne concerne que la création visible et ne soumet en rien notre choix d’accepter ou non Dieu et donc notre destinée éternelle dans la création invisible .Je ne crois pas que cela veuille dire que nous mourrons à cause de nos pères mais que nous avons un héritage tant naturel que spirituel. Pour que tu me saisisse en profondeur, je te conseil la lecture de rebecca brown « Les malédictions non brisées » ainsi que Derek prince « bénédictions et malédictions ».

    Sois bénis!