Murray & Rea

Murray & Rea

Cet article, extrait de l’Encyclopédie de l’Université de Stanford, a été co-écrit par M. Murray et M. Rea, sous l’intitulé : «Philosophy and Christian Theology». Traduit par Alexis Masson pour le site Epistheo.com, cet article n’est publié ici qu’à titre d’information.

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Dès le début, les chrétiens ont soutenu l’affirmation selon laquelle il y a un seul Dieu et que trois personnes sont Dieu : Dieu le Père, Dieu le Fils et Dieu le Saint-Esprit. En 675 après J.-C., le Concile de Tolède a encadré cette double affirmation ainsi :

Bien que nous professions trois personnes, nous ne professons pas trois substances, mais une substance et trois personnes … Si nous sommes interrogés sur la Personne individuelle, nous devons répondre que c’est Dieu. Par conséquent, nous pouvons dire Dieu le Père, Dieu le Fils, et Dieu l’Esprit ; mais ils ne sont pas trois Dieux, il y a un seul Dieu … Chaque personne seule est entièrement Dieu en lui-même et … toutes les personnes ensembles sont un seul Dieu.

De telles formulations énoncent la doctrine chrétienne de la Trinité. Cornelius Plantinga, Jr., réfléchissant sur la profession du Concile de Tolède, remarque qu’elle « possède un grand pouvoir déroutant » (Plantinga, 1989, p.22). C’est sans doute un euphémisme. La doctrine chrétienne est déroutante, et cela a mené certains des critiques du christianisme à avancer l’argument d’après lequel elle est, en effet, incohérente.

Probablement, l’initial pouvoir déroutant de la doctrine de la Trinité n’est pas immédiatement évident. Après tout, quelqu’un pourrait penser qu’une chose, Fred, puisse être « plusieurs choses » en même temps, par exemple, un boucher, un boulanger et un fabricant de bougies. Alors pourquoi Dieu ne pourrait-il pas être Père, Fils et Saint-Esprit en même temps ? De même, plusieurs choses distinctes peuvent toutes être « une seule chose » en même temps. Ainsi, chaque membre de l’équipe de baseball de Baltimore Orioles peut être Orioles pris individuellement, ainsi que « Orioles » pris collectivement. On pourrait alors penser que les défenseurs de la Trinité pourraient être en mesure de construire des modèles sur de tels exemples qui permettraient de préserver la cohérence logique de la doctrine. Mais les choses ne sont pas aussi simples que cela. Pour comprendre pourquoi, nous pouvons faire un bref détour, avant de revenir sur les deux exemples ci-dessus.

Les théologiens chrétiens traditionnels ont estimé que, quelque soit la façon dont la doctrine de la Trinité est comprise, il y a deux positions extrêmes qui doivent être exclues. Ces positions sont le modalisme et le trithéisme. Selon le modalisme, Dieu est une seule entité unique, un objet, ou une substance, et chaque personne de la Trinité est simplement un mode ou une « manière par laquelle l’unique substance divine se manifeste ». Cette opinion a été rejetée parce qu’elle semble sacrifier la distinction des personnes divines afin de maintenir la notion d’unité divine. Selon le trithéisme, d’autre part, les personnes divines sont chacune une personne individuelle distincte, qui sont si étroitement liées qu’elles forment ensemble comme une seule chose en quelque sorte. Néanmoins, malgré cette unité, les trois personnes sont encore trois dieux. Cette opinion a été rejetée pour la raison inverse, à savoir qu’elle préserve la distinction des personnes sans maintenir au sens fort l’« unicité » de Dieu.

On peut désormais comprendre en quoi les exemples du « boucher, boulanger, fabricant de bougies » et les « Orioles » ne nous fournissent pas un modèle pour la Trinité. Le premier, comme le modalisme, insiste trop sur l’unité au détriment de la distinction des trois personnes. Il soutient qu’il y a un réellement un seul Fred, mais que Freud peut se manifester de différentes manières en effectuant trois tâches différentes. Le second, comme le trithéisme, insiste trop dans la direction opposée. Dans cet exemple, l’individu Orioles ne forme seulement qu’une « seule équipe » en raison du contrat que les joueurs ont signé pour agir en coopération, sur le terrain de baseball. Il n’y a pas de véritable unité organique ici.

Nous sérions mieux à même de séparer les modèles adaptés de ceux qui sont impropres si nous avions une idée plus claire de ce que le chrétien signifie lorsqu’il confesse l’existence de trois personnes et d’un seul Dieu. Qu’est-ce qu’« une personne », selon la doctrine, qu’est-ce qu’« un Dieu » ? Cela fait-il sens, par exemple, de dire que Dieu est une communauté d’individus totalement distincts (sans chevauchement) ? Dieu pourrait-il être une entité composite ? Ou doit-on penser Dieu comme quelque chose de semblable à une âme simple (sans parties) ? La manière de répondre à ces questions fera une grande différence dans les types de modèles trinitariens que nous considérons comme viables. De même, doit-on penser que quelque chose est une personne seulement si elle est individuelle, une substance rationnelle ? Ou pourrait-on utiliser le terme « personne » dans un sens plus psychologique, afin de se référer à quelque chose comme un « centre de conscience ou de connaissance rationnelle ». Là encore, nos décisions contribueront à déterminer nos choix de modèles. Les choses sont compliquées parce que ni la Bible, ni les traditions de l’Eglise n’offrent des orientations claires sur ces questions. Par conséquent, il y a beaucoup de latitude dans la construction d’un modèle pour la Trinité.

Dans ce qui suit, nous examinerons les modèles actuels de la Trinité : le modèle social, le modèle psychologique et le modèle de la constitution.

Le Modèle Social

Tout au long des Évangiles, les deux premières personnes de la Trinité sont désignées comme étant « Père » et « Fils ». Ceci suggère l’analogie d’une famille, ou plus généralement d’une société. Ainsi, les personnes de la Trinité pourraient être considérées étant un, exactement de la même manière que, disons, Abraham, Sarah et Isaac sont un : tout comme ces trois êtres humains sont une seule famille, de la même manière les personnes de la Trinité sont un seul Dieu. Mais, puisqu’il n’y a pas de contradiction dans le fait de penser une famille étant triple et une, cette analogie supprime la contradiction en disant que Dieu est triple et un. Ceux qui tentent de comprendre la Trinité principalement selon les termes de cette analogie sont généralement appelés trinitariens sociaux. Cette approche a été (de manière controversée) associée au trinitarisme grec ou oriental, une tradition de réflexion qui trouve ses racines chez les trois Pères de l’Eglise d’Orient – Basile de Césarée, son frère Grégoire de Nazianze, et leur ami Grégoire de Nysse.

Plus récemment, Richard Swinburne a défendu une version de cette position d’après laquelle chacune des trois personnes divines possède toutes les caractéristiques essentielles de la divinité : l’omniscience, l’omnipotence, l’omniprésence, la perfection morale, etc. Toutefois, ces trois personnes sont différentes des autres personnes avec lesquelles nous sommes familiers (et surtout, également différentes des dieux familiers des systèmes polythéistes) en ce qu’ils ont des volontés nécessairement harmonieuses, de telle sorte que leurs volitions ne peuvent jamais entrer en conflit, et qu’il y a également nécessairement une parfaite relation d’amour entre eux. En outre, cette position est compatible avec les affirmations traditionnelles sur les relations de dépendance entre les membres de la Trinité. Les formulations traditionnelles de la doctrine soutiennent que le Père engendre le Fils et que le Père et le Fils causent (c’est la spiration, littéralement « exhalent ») le Saint-Esprit. De telles relations sont possibles aussi bien qu’une personne cause l’autre de telle manière que la relation causale a toujours été, et qu’il est impossible pour cette relation de ne pas être.

Dans ce type de position, il y a un seul Dieu parce que la communauté des personnes divines est si étroitement interconnectée que, même s’il y a trois personnes distinctes, elles fonctionnent néanmoins comme si elles n’étaient qu’une seule entité. Si nous devions considérer un ensemble de trois personnes, par exemple, présenterait ces caractéristiques de l’unité nécessaire, d’harmonie des volitions, et d’amour, il serait difficile de les considérer comme étant entièrement distinctes comme nous le faisons pour les personnes ordinaires. Et c’est, bien évidemment, ce que chercher justement à mettre en avant cette doctrine.

Peut-être cette position semble-t-elle pencher trop fortement dans un sens tri-théistique. Comment le trinitarien social pourrait-il répondre à cette inquiétude ? Un moyen serait de se concentrer sur ce qui est exactement nécessaire à ce que beaucoup de « choses » puissent composer conjointement une autre « chose » unique. Mon corps (un) est composé d’atomes (plusieurs). Ma voiture (une) est composée de parties (plusieurs). Ainsi, de même, le Dieu unique peut être pensé comme étant composé de trois personnes. Et en effet, c’est exactement ce que beaucoup de trinitariens sociaux ont voulu dire. Ainsi, par exemple, C. S. Lewis a notoirement suggéré que Dieu est composé de trois personnes de la même manière qu’un cube est composé de six faces. Plus récemment, J. P. Moreland et William Lane Craig (2003) ont fait valoir que la relation entre les personnes de la Trinité peut être pensée comme étant analogue à la relation entre les trois « chiens » qui composent Cerbère, le gardien mythique des Enfers.

Pourtant, les analogies partie-tout soulèvent des inquiétudes supplémentaires à leurs propres. Dieu est-il une quatrième chose, en plus des personnes divines ? Si oui, quel genre de chose est Dieu ? Apparemment, nous sommes confrontés à un dilemme : ou bien Dieu est une personne, ou bien Dieu ne l’est pas. S’il est une personne, alors nous avons une quaternité plutôt qu’une trinité. S’il ne l’est pas, alors il semble que nous nous engageons dans une voie résolument anti-théistique : Dieu ne sait rien (puisque seules les personnes peuvent savoir) ; Dieu n’aime personne (puisque seules les personnes peuvent aimer) ; Dieu est amoral (puisque seules les personnes font partie d’une communauté morale) ; et ainsi de suite. Les différentes alternatives sont donc insatisfaisantes. Ainsi, cela en a motivé beaucoup à chercher d’autres modèles.

Le modèle psychologique

Beaucoup de théologiens se sont tournés vers les caractéristiques de l’esprit humain ou « psyche »  pour trouver des modèles pour aider la compréhension de la doctrine de la Trinité. Historiquement, l’usage d’analogies psychologiques est surtout associé au Trinitarisme latin ou occidental, une tradition qui trouve ses racines chez Augustin, le Père du langage latin occidental. Augustin a lui-même suggéré plusieurs importantes analogies. Mais puisque la plausibilité de chacune d’elles dépend d’aspects de la théologie médiévale qui ne sont plus tenus pour acquis (comme la doctrine de la simplicité divine), on les passera ici pour se concentrer sur deux analogies de cette tradition qui ont été développées par les philosophes contemporains.

Thomas V. Morris a suggéré que l’on peut trouver une analogie de la Trinité dans l’état psychologique appelé trouble de la personnalité multiple : tout comme un seul être humain peut avoir des personnalités multiples, il en va de même pour l’unique Dieu qui existe en trois personnes (même si, évidemment, dans le cas de Dieu c’est une vertu cognitive et non pas un défaut) (Morris, 1986). D’autres – Trenton Merricks, par exemple – ont suggéré que l’on peut concevoir les personnes avec l’analogie des sphères de conscience séparées qui résultent de la commissurotomie (Merricks, 2006). La commissurotomie est une procédure, parfois utilisée pour traiter l’épilepsie, qui consiste à couper le faisceau de fibres nerveuses (corpus callosum) par lequel les deux hémisphères du cerveau communiquent. Ceux qui ont subit cette intervention vivent généralement de manière normale dans la vie quotidienne ; mais, sous certaines conditions expérimentales, ils présentent des caractéristiques qui laissent à penser qu’il y a deux sphères distinctes de conscience associées aux deux hémisphères de son cerveau. Ainsi, selon cette analogie, de même qu’un seul homme peut, dans ce cas, avoir deux sphères de conscience distinctes, de même un unique être divin peut exister en trois personnes, dont chacune est une sphère de conscience distincte.

Il pourrait sembler que l’analogie avec le trouble de la personnalité multiple ne soit pas mieux lotie que l’analogie du « boucher, boulanger et fabriquant de bougies », et nous conduise donc au même modalisme. Après tout, les personnalités de ceux qui souffrent de ce trouble peuvent sembler n’être rien de plus que des manifestations d’une seule conscience (bien que divisée) qui, comme les rôles de Fred, ne peuvent pas se manifester en même temps. Et l’analogie de la commissurotomie pourrait apparaître, après une inspection plus minutieuse, ne pas être si différente de l’analogie sociale. Car, s’il peut réellement y avoir plusieurs centres de conscience distincts associés à un seul être, alors il est naturel de dire que le « seul être » en question est soit une sphère supplémentaire de conscience composé des autres, soit une « société » dont les membres sont les sphères distinctes de conscience. Mais il est loin d’être évident que ces critiques soient décisives. Et, au moins en surface, ces deux analogies semblent avoir une grande valeur heuristique ; car chacune d’elles semble présenter des cas de la vie réelle dans lesquelles un seul être rationnel est néanmoins « divisé » en multiples personnalités ou en sphères de conscience.

Le Modèle de la Constitution

La troisième et dernière solution au problème de la Trinité que nous souhaitons explorer invoque la notion de « mêmeté relative ». C’est l’idée que les choses peuvent être les mêmes relativement à un genre de chose, mais distinctes relativement à un autre. Plus formellement :

MEMETE RELATIVE : Il est possible qu’il y ait x, y, F et G tels que x est un F, y est un F, x est un G, y est un G, x est le même F que y, mais x n’est pas le même G que y.

Si cette affirmation est vraie, alors il s’ouvre à nous la possibilité de dire que Père, Fils et Saint-Esprit sont le même Dieu mais des personnes distinctes. Notons, cependant, que c’est tout ce dont nous avons besoin pour donner un sens à la Trinité. Si Père, Fils et Saint-Esprit sont le même Dieu (ils ne sont pas d’autres Dieux), alors il y aura exactement un seul Dieu ; mais s’ils sont également des personnes distinctes (et il n’y en a que trois parmi elles), alors ils seront trois personnes.

Le principal défi pour cette solution est de montrer que l’hypothèse de la mêmeté relative est cohérente. Ce défi a été entrepris par un certain nombre d’éminents philosophes contemporains, dont Peter Geach et Peter van Inwagen. Malgré les efforts de ces philosophes, l’hypothèse de la mêmeté relative est restée plutôt impopulaire. La raison apparaître être que ses défenseurs n’ont fourni aucune description claire de ce que cela signifie que les choses soient les mêmes relativement à un genre, mais distinctes relativement à un autre. Récemment, toutefois, Michael Rea et Jeffrey Brower ont suggéré que la réflexion sur les statues et les éléments matériels qui la constituent peuvent nous aider à comprendre comment deux choses peuvent être le même objet matériel mais d’un autre côté des entités différentes. Si cela est juste, alors, par analogie, une telle réflexion peut aussi nous aider à comprendre comment Père, Fils et Saint-Esprit peuvent être le même Dieu et pourtant trois personnes différentes.

Si cela est juste, alors, par analogie, une telle réflexion peut aussi nous aider à voir comment le Père, le Fils et le Saint-Esprit ne peut être le même Dieu, mais trois personnes différentes.

Considérons la célèbre statue de Rodin, Le Penseur. C’est un seul objet matériel ; mais il peut vraiment être décrit comme une statue (qui est un certain genre de chose), et comme un morceau de bronze (qui est un autre genre de chose). Un peu de réflexion, d’ailleurs, révèle que la statue est distincte de la masse de bronze. Par exemple, si la statue est fondue, nous n’avons plus à la fois une masse et une statue : le morceau subsisterait (quoique sous une forme différente), tandis que le Penseur de Rodin n’existerait plus. Cela montre que le matériau est quelque chose de distinct de la statue, car une chose peut exister séparément d’une autre seulement si elles sont distinctes. (Notons que la statue ne peut exister en dehors d’elle-même).

Il peut sembler étrange de penser qu’une statue soit distincte de la masse qui la constitue. Cela n’impliquerait-il pas qu’il y a deux objets matériels dans le même lieu au même moment ? Assurément, ce n’est pas ce que nous voulons dire ! Mais alors, que voulons nous dire exactement dans ce cas ? Remarquons qu’il n’est pas question d’une seule chose apparaissant de deux manières différentes, ou étant étiqueté à la fois comme statue et masse. Superman et Clark Kent peuvent apparaître différents (Clark Kent porte des lunettes, par exemple) ; mais les noms « Superman » et « Clark Kent » sont seulement différentes étiquètes pour le même homme. Mais il n’en va pas ainsi dans notre analogie de la statue. Superman ne peut exister en dehors de Clark Kent. Quant l’un s’en va, l’autre s’en va aussi (au moins de manière déguisée). Mais la masse de bronze, dans notre exemple, peut exister en dehors du Penseur. Lorsqu’elle est fondue, la masse subsiste alors que Le Penseur ne subsiste pas. Si cela est vrai, alors, contrairement à Superman et Clark Kent, la statue et le matériau sont deux choses vraiment distinctes.

Les philosophes ont suggéré divers moyens de donner un sens à ce phénomène. Une façon de le faire consiste à dire que la statue et la masse sont le même objet matériel même si elles sont distinctes relativement à d’autres genres. (En anglais courant, nous n’avons pas de nom approprié pour ce type de chose relativement à laquelle la statue et la masse sont distinctes ; mais Aristote et Thomas d’Aquin auraient dit que la statue et la masse sont des composés matière-forme distincts.) Maintenant, il est difficile d’accepter l’idée que deux choses distinctes puissent le même objet matériel sans quelque explication détaillée de ce que cela voudrait dire pour cet objet. Mais supposons que l’on ajoute que tout ce que cela signifie pour une seule chose et une autre d’être « le même objet matériel » soit juste le fait pour celles-ci de partager l’ensemble de leur matière en commun. Une telle affirmation semble plausible ; et si elle est juste, alors notre problème est résolu. La masse de bronze, dans notre exemple, est clairement distincte du Penseur, car elle peut exister sans Le Penseur ; mais elle partage également clairement la même matière commune avec Le Penseur, et est ainsi, de ce point de vue, le même objet matériel.

Par analogie, supposons donc que nous disons que tout cela signifie pour une personne et une autre étant le même Dieu, c’est pour elles quelque chose d’analogue à un partage en commun de tout ce qui est analogue à la matière dans le cas du divin. Dans cette optique, le Père, le Fils et le Saint-Esprit sont le même Dieu mais différentes personnes ; de même qu’une statue et sa matière constitutive sont le même objet matériel mais différents composés matière-forme. Evidemment, Dieu n’est pas matériel ; par conséquent ceci ne peut être qu’analogue. Malgré tout, cela contribue à éclairer l’explication des interrelations trinitariennes, c’est tout ce que nous souhaitons ici.

Cependant, cette explication n’est pas totalement exempte de difficultés. Surtout, elle ne répond pas directement à la question de savoir combien d’objets matériels sont présents dans une quelconque région donnée, selon la matière ou la masse. Y a-t-il un moyen objectif de déterminer combien d’objets sont constitués par le morceau de bronze qui compose Le Penseur ? Y a-t-il seulement deux choses (la statue et la matière) ou davantage (un presse-papier, un bélier, etc.) ? Et s’il y en a plus, qu’est-ce qui en détermine le nombre ? Si nous ne pouvons pas répondre à cette question, il est difficile de comprendre en quoi la « matière divine » constitue trois personnes exactement (et non plus).

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