L’omnipotence de Dieu

Posted on: février 1, 2010
3 Commentaire(s)

« Aujourd’hui nous allons discuter sur l’omnipotence divine. Alors tout d’abord : qu’est-ce que l’omnipotence ? »

Alexis : « C’est dire que Dieu peut accomplir absolument tout ce qu’il veut. »

« Mais peut-il accomplir quelque chose d’absolument impossible alors ? »

Alexis : « Non. Par définition, ce qui est absolument impossible ne peu pas être rendu possible. Ce qui est absolument impossible, ce n’est pas de faire des choses extraordinaires, mais des choses dont la conception est contradictoire. Par exemple, que Dieu se suicide, qu’il fasse que ce qui est passé ne soit pas arrivé, qu’une même chose soit à la fois existante et inexistante, qu’un cercle soit carré, etc. Cela Dieu ne peut pas le faire, parce que cela irait contre la logique. Mais cela ne limite pas sa toute-puissance, au contraire. C’est par son intelligence que Dieu a fondé le monde, en y établissant des lois (y compris les lois de la logique). S’il les violait, cela reviendrait à dire qu’il a commis une erreur en les établissant dans leur universalité. Il ne peut donc pas faire quelque chose qui soit illogique, mais tout simplement parce qu’il ne le veut même pas, sinon sa volonté irait contre sa propre intelligence. Si Dieu pouvait faire quelque chose d’illogique, ce serait plutôt pour lui une imperfection et une négation de sa puissance. Si la puissance c’est la capacité à accomplir quelque, l’impuissance c’est l’incapacité : or si Dieu se contredit, il nie le produit de sa propre puissance, il est donc dans l’impuissance ! Donc, on le voit bien, il serait absurde que Dieu puisse accomplir quelque chose d’absolument impossible ; d’une part parce qu’il ne le veut pas, d’autre part parce que ce serait un signe d’impuissance. »

« Les athées aiment beaucoup le paradoxe suivant : Dieu peut-il créer une pierre plus lourde qu’il ne peut la porter ? Si non, il ne le peut pas, il est donc impuissant ; si oui, alors il ne peut la porter, il est donc impuissant. Qu’en penses-tu ? »

Alexis : « Il y a un problème avec les paradoxes d’une manière générale. Lorsqu’un problème n’a pour solutions que des contradictions, c’est le problème lui-même qui pose problème, ce n’est qu’un jeu de langage sans aucune référence à la réalité. Dans la réalité, la contradiction n’existe pas, le réel est rationnel. C’est justement ce que veulent faire croire les athées : que la toute-puissance de Dieu est contradictoire. Et pour y parvenir, ils parlent d’une notion de toute-puissance complètement absurde, ce qu’elle n’est pas en réalité. Cela n’a aucun sens de parler d’une « pierre plus lourde que Dieu puisse la porter ». Dieu est tout-puissant, c’est donc impossible. De là on en tire qu’il est impuissant parce qu’il ne peut pas faire quelque chose d’impossible. Cela revient au problème que j’ai déjà dénoncé tout à l’heure : si Dieu pouvait faire une chose absurde, en réalité ce serait plutôt là que serait le signe d’impuissance, parce que sa volonté se contredirait elle-même, et contredirait son intelligence. »

« Si l’on dit que Dieu ne peut produire que ce soit qui soit contradictoire, alors pourquoi dans sa toute-puissance et dans son infinie bonté a-t-il permis le mal ? »

Alexis : « Si on ne comprends pas les objectifs de Dieu, on passe à côté de toutes les données du problèmes. Dieu voulait une relation d’amour avec sa Création, donc une relation libre, car là où il n’y a pas liberté il n’y a pas d’amour mais du viol. Cela signifie que la possibilité du mal est quelque chose de voulu par Dieu, parce que pour être libre, il faut pouvoir aussi bien faire le bien que le mal. Donc si le mal était impossible, Dieu aurait échoué, il serait impuissant et il ne serait pas bon. »

« Mais s’il est tout-puissant, aucune créature n’a de puissance, sinon la moindre autre puissance limiterait la sienne, et il n’aurait plus toute la puissance. Aucune créature n’est donc libre, parce que la liberté de la créature est contradictoire avec la toute-puissance divine. Le problème du mal n’est donc pas résolu… »

Alexis : « C’est oublier que Dieu a voulu que la créature soit libre, et que par conséquent, sa toute-puissance se place partiellement à la disposition de la créature. L’homme qui fait le mal ne possède aucune puissance par lui-même, c’est Dieu qui lui prête l’existence et la puissance, l’homme mauvais la détourne. Et Dieu veut que celle-ci soit détournée lorsqu’un homme décide de la détourner. Encore une fois, si Dieu n’avait pas réellement voulu la liberté de ses créatures et bien le mal serait impossible. Donc le problème dépend intégralement de ce que Dieu veut, c’est donc que la liberté prise par l’homme d’accomplir un acte dépend de l’assentiment divin. Et l’on ne peut pas dire non plus que Dieu veut le mal, il le permet seulement afin que la créature soit libre. C’est d’ailleurs de là que vient le concept de jugement : une fois que la créature aura choisie de bien agir ou de mal agir, elle devient également punissable ou méritable, et cela seulement parce qu’elle était libre. Ainsi, Dieu en laissant faire le mal et en le punissant est bon, comme en laissant faire le bien et en le récompensant, il se montre également bon.

3 Réponses pour “L’omnipotence de Dieu”

  1. Peters dit:

    bonjour espistheo , tout d’abord je tenais à vous dire que votre site est une source de connaissance tellement grande que je la considère comme ineffable. J’ai , grace à votre site , repondu à des questions difficiles qui venaient perturber mon âme. Grace à vous je commence à croire en Dieu et ce avec la philosophie et la raison , en réalité je pensais que la raison ne s’appliquait pas dans la découverte de Dieu et , par conséquent , mon rationnel était mal à l’aise. Cependant je pense que serais de bon ton de repondre a une question metaphysique qui me porte à coeur et qui est , tres adaptée aux objectifs de votre site. Le probleme est le pouvoir et le vouloir de Dieu. je vous le presente

    Dieu ne peut faire que ce qu’il fait ; pas de possible fuyant hors du réel. La raison est que Dieu ne peut faire que ce qu’il veut ; or, il ne peut pas vouloir faire autre chôse que ce qu’il fait parce qu’il est nécessaire qu’il veuille tout ce qui convenable ( parfait) ; D’ou il s’ensuit que tout ce qu’il ne fait pas n’est pas convenable, qu’il ne peut pas vouloir le faire et par conséquent qu’il ne peut pas le faire.

    Merci la team.

    Ps : excusez ma syntaxe maladroite et mon orthographe déplorable. Je ne suis qu’un étudiant Toujours en inférieur.

  2. admin dit:

    Peters,

    Tout d’abord je suis heureux que ce site réponde à certaines de vos questions.

    Ensuite, concernant le « problème » exposé, il s’agit là d’un sophisme très malhonnête. L’énoncé joue la confusion entre la puissance et l’usage de la puissance, qui sont deux choses différentes, mais que l’énoncé réuni subtilement sous un seul terme.

    Résumons le sophisme : la volonté de Dieu ne limite-elle pas sa puissance ? 1/ Dans la mesure où Dieu est bon, il ne peut vouloir que le bien ; 2/ et dans la mesure où il ne peut faire que ce qu’il veut ; 3/ alors il ne peut faire que le bien et non le mal, sa puissance est donc limitée.

    Le sophisme consiste à faire subtilement varier le cadre dans lequel nous définissons la notion de puissance. Si l’on considère seulement la puissance en Dieu, alors effectivement il peut tout faire, le bien comme le mal. Mais si l’on considère la puissance de Dieu relativement à ses autres facultés (sa volonté, sa sagesse, etc.), alors il ne peut faire que le bien. Dans les deux cas, nous ne parlons pas du même objet. Puisqu’il ne s’agit pas de la même chose, nommons-les différemment, par exemple : dans le premier cas, « puissance potentiel », et dans le second cas, « puissance actuelle » (qui s’accomplit effectivement en acte). Dieu a une « puissance potentielle » infinie, c’est-à-dire qu’il peut tout faire, le bien comme le mal ; néanmoins il a une « puissance actuelle » finie, c’est-à-dire que relativement à ce qu’il veut, il est limité à faire en acte que le bien. Or, lorsque nous considérons la puissance comme telle, nous considérons toujours la « puissance potentielle » et non la « puissance actuelle », le sophisme consiste donc à considérer la « puissance actuelle » à la place de la « puissance potentielle ».

    Je vais prendre un exemple, afin que le caractère grotesque de ce sophisme apparaisse mieux. Une certaine automobile, a un moteur capable d’aller jusqu’à une certaine vitesse, disons 200 km/h. Or cette voiture est conduite en France (où les autoroutes sont limitées à 130 km/h) et qui plus est, par une très vieille femme, ayant très peur de la route (sa vitesse moyenne sur autoroute est de 90 km/h). Le sophisme consisterait à dire que cette voiture ne peut dépasser 90 km/h. Ce qui évidemment est faux. La puissance réelle de la voiture est toujours de 200 km/h, même si elle n’est utilisée que pour rouler jusqu’à 90 km/h. Car l’usage est le résultat de la combinaison de la puissance de la voiture et de la volonté de la conductrice. La puissance comme telle est supérieure à son usage.

    Je vais prendre un autre exemple, où le caractère grotesque sera plus flagrant encore. Je veux le verre d’eau face à moi. Je le peux donc je le prends. Le sophisme consiste à dire que je ne pouvais pas ne pas le prendre, car je le voulais ainsi ! Là encore, il y a confusion entre la puissance et l’usage de la puissance. Car si je ne l’avais pas voulu, je ne l’aurais pas pris, preuve en est qu’il m’arrive de ne pas le prendre (je ne passe pas mon temps à boire), j’ai donc le pouvoir de ne pas le prendre.

    J’espère avoir suffisamment expliqué le mécanisme de ce sophisme, sinon je reste à votre disposition, y compris pour tout autre problème.

    Cordialement.
    Masson Alexis.

  3. Peters dit:

    Je te remercie pour le temps que tu as pris pour me répondre et j’ai , maintenant , bien assimilé le problème posé par le sophisme. Tu expliques très bien et de manière accéssible les choses qui sont pourtant relativement technique.

    Cordialement.
    Peters Thomas.