Argument :

L’incroyance est un mal, dans la mesure où le salut s’obtient par la foi. Or dans la mesure où Dieu est omniscient, omnipotent et bienveillant, il devrait rendre toute personne croyante en lui. Dieu en est capable, il pourrait se montrer, produire des preuves ou des démonstrations convaincantes, Dieu sait ce qu’il faut pour nous convaincre. Or il existe des incroyants, ce qui est incompatible avec l’existence de Dieu. Dieu n’existe donc pas.

(1)    Par définition, Dieu est omniscient, omnipotent et bienveillant.

(2)    Si Dieu existe, le monde ne contiendrait pas de l’incroyance.

(3)    Or le monde contient de l’incroyance.

(4)    Donc Dieu n’existe pas.

Réponse :

Il faut écarter l’une des réponses les plus répandue à l’argument de l’incroyance, l’argument qui affirme que Dieu se cache pour rendre la foi possible, parce qu’il est faux et repose sur de multiples erreurs, et engendre d’autres problèmes plus graves encore. Tout d’abord, il est faux que Dieu se cache, puisqu’il est invisible par nature. Dieu n’est pas dans l’espace, puisqu’il est le créateur de l’espace, il n’est pas de nature spatiale, or toute chose n’est visible que si elle est spatiale. Dieu ne choisi pas d’être invisible, il est invisible. Il peut bien y avoir des manifestations, des phénomènes, mais aucun ne peut « montrer » Dieu. Et quand bien même le ciel s’ouvrirait et qu’une voix dirait : « Je suis Dieu », on pourrait toujours répondre où bien que l’on est victime d’hallucination, ou bien que c’est le résultat de multiples coïncidences, le ciel s’ouvre à cause d’un phénomène météorologique et un vent produit le son « Je suis Dieu », sans que, en réalité, personne ne parle. Empiriquement, il ne peut exister aucune preuve de Dieu.

Certains disent que cela est bien ainsi, puisque cela permet de croire, et que la croyance est opposée au savoir. Cette idée est en radicale opposition à la Bible. Une telle idée est absurde, car non seulement il faudrait croire, mais en plus dans la bonne religion… Bibliquement, la foi  n’est pas une adhésion intellectuelle, mais une attitude, un mode de vie. La foi se dit « emunah » en hébreu, elle désigne le fait d’être fidèle, de s’engager, de faire confiance, la foi appartient au domaine de l’action. On le voit particulièrement bien lorsque Jacques dit que les démons croient intellectuellement que Dieu existe, mais que pourtant ils tremblent, parce qu’ils n’ont pas la foi, c’est-à-dire qu’ils ne sont pas disposés à reconnaître Jésus comme Seigneur, maître de leur existence. Si donc la foi est l’engagement, la confiance, l’adhésion, cela ne s’oppose pas à l’idée que Dieu soit rationnellement connaissable. Pour Paul, l’impiété (c’est-à-dire le fait de ne pas avoir foi en Dieu) est inexcusable, parce que Dieu est rationnellement connaissable (Rom. 1.18-21), il dit même que nous « savons » que Dieu existe. L’idée même d’un Dieu qui se cache est contraire à l’idée d’un Dieu d’amour. C’est parce qu’il est amour, que Dieu se laisse connaître comme nous le pouvons, non pas empiriquement, mais rationnellement. L’idée est donc un refus des preuves rationnelles de l’existence de Dieu, l’athéisme est soit une mauvaise foi (refus des données de la raison), ou une folie (refus de la raison elle-même). (Voir Rom 1.18-21 et Psaume 14). La discussion philosophique peut parfois conduire à la conversion, c’est le cas du philosophe Anthony Flew, qui était militant athée, et qui s’est converti à la suite d’échange philosophique avec notamment le philosophe Richard Swinburne.

(1)    Dieu est par définition omniscient, omnipotent, bienveillant, amour, et invisible.

(2)    Dieu est également la cause du monde.

(3)    Si Dieu existe, bien qu’il ne soit pas empiriquement connaissable (il est invisible), il est néanmoins connaissable rationnellement (par déduction causale), et il se laisse connaître par ses créatures sans les forcer à le connaître (puisqu’il est amour).

(4)    Si donc Dieu existe et qu’il existe des athée, les athées sont coupable de ne pas le connaître, puisqu’il est connaissable. Trois causes possibles : la mauvaise foi ou la folie.

Si nous revenons au problème du mal, voici la réponse chrétienne :

(1)    Par définition, Dieu est omniscient, omnipotent et bienveillant, amour.

(2)    Etant amour, l’amour impliquant la liberté, Dieu n’impose pas la connaissance de son existence, même si celle-ci est aisément disponible (par la raison).

(3)    Les athées sont donc soit de mauvaise foi, soit fous (mécanisme psychologique de défense face à une donnée rationnelle mais inacceptable, un déni).

(4)    Dieu n’est donc pas responsable du mal de l’incroyance, il l’a possible pour que l’homme soit pleinement libre (y compris de croire ce qu’il veut, au mépris de sa propre raison) et son existence est donc compatible avec celle-ci.

2 Réponses pour “L’Argument de l’Incroyance”

  1. nicolas dit:

    Les athée sont incroyant par ce que « Fou ou de mauvaise foi »
    …j’ai du mal à croire que c’est un « incroyant » sur qui Dieu est descendu pendant la lecture de la Bible qui puisse dire ça…

    Je peux prendre au hasard des incroyants ou agnostique dans mon entourage et ils ne sont pas incroyant par « mauvaise foi » et ils ne sont pas « fou »
    seulement d’apres le peu qu’ils ont réfléchi à la question ils en on conclu un peu rapidement que Dieu n’existe surement pas pour certain , ou d’autre encore vont dire « peut-être  »

    Et même une personne qui va se pencher à fond sur le sujet n’arrivera pas forcément à avoir la foi ( à moins que dieu se décide à lui faire un signe …)

    l’incroyance ne peut pas être un mal qui empêche le salut

  2. Masson Alexis dit:

    Nicolas,

    Vous avez raison, il y a également le cas de l’erreur et de l’indifférence. L’erreur, c’était mon cas autrefois. Dans cet article, j’évoquais implicitement le cas d’hommes ayants connu les démonstration du Christianisme. En revanche, l’absence d’amour pour Dieu ne peut permettre le salut ultime qui est l’union à lui-même, sans quoi ce serait un viol.

    Soyez béni.