L’auteur de cet article, Steven Kellmeyer, est un apologiste catholique américain. Il tente ici de démontrer le caractère biblique de la divinisation (c’est-à-dire le fait que l’homme participe de la nature divine en Christ). En cela, l’article peut fournir un certain nombre de matériaux intéressants sur la question (quelque soit la confession à laquelle on appartient). La traduction a été réalisée par Alexis Masson pour le site Epistheo.com.

eucharistie.jpg-be188Le Problème :

Nos frères séparés nient que nous pouvons véritablement participer de la nature divine ou, dans le cas des Mormons, ils vont à l’autre extrême et affirment que ceux qui sont sauvés deviennent complètement divins, dieux dans leurs propres mondes après la mort.

La Vérité :

Grâce aux sacrements, fondés sur le sang de Jésus-Christ, nous participons de la divinité. Bien que l’écart ineffable entre notre humanité et la divinité de Dieu existe toujours et existera de toute éternité, nous participons vraiment à la nature divine, chacun de devient un véritable enfant de Dieu, et non seulement dans un cadre juridique.

En expliquant la divinisation, Thomas d’Aquin a utilisé l’exemple d’un fer chauffé dans le feu. Bien que le fer brulant ne devienne jamais lui-même feu, il participe pourtant à toutes les caractéristiques du feu. De même nous participons de la nature divine par la perfection issue du purgatoire et des sacrements. Grâce à ces expériences actives du Divin, nous accomplis à la pleine capacité de notre être avec la divinité.

Genèse 1.27 : « Dieu créa l’homme à son image, il le créa à l’image de Dieu, il créa l’homme et la femme ».

Genèse 5.1-3 : « Voici le livre de la postérité d’Adam. Lorsque Dieu créa l’homme, il le fit à la ressemblance de Dieu. Il créa l’homme et la femme, il les bénit, et il les appela du nom d’homme, lorsqu’ils furent créés. Adam, âgé de cent trente ans, engendra un fils à sa ressemblance, selon son image, et il lui donna le nom de Seth. »

Nous sommes faits à l’image et à la ressemblance de Dieu. Cette image a pu être entachée par le péché originel, mais elle peut être restaurée. Elle est portée à sa perfection par Jésus-Christ d’une façon qui n’était tout simplement pas possible en Adam, car le Nouvel Adam annule et perfectionne l’ancien d’une manière impossible au premier Adam, même s’il n’avait pas chuté.

Matthieu 5.48 : « Soyez donc parfaits, comme votre Père céleste est parfait ».

Dieu l’ordonne, c’est donc littéralement possible. Cela ne peut être accomplit que par la participation à la divinité de Jésus.

Hébreux 12.23 : « … de l’assemblée des premiers-nés inscrits dans les cieux, du juge qui est le Dieu de tous, des esprits des justes parvenus à la perfection… ».

Hébreux 10.14 : « Car, par une seule offrande, il a amené à la perfection pour toujours ceux qui sont sanctifiés ».

2 Pierre 1.3-4 : « Sa puissance divine nous a donné tout ce qui contribue à la vie et à la piété, au moyen de la connaissance de celui qui nous a appelés par sa propre gloire et par sa vertu ; celles-ci nous assurent de sa part les plus grandes et les plus précieuses promesses, afin que par elles vous deveniez participants de la nature divine, en fuyant la corruption qui existe dans le monde par la convoitise ».

L’Ecriture atteste que nous participons véritablement à la nature divine.

Jean 17.20-23 : « Ce n’est pas pour eux seulement que je prie, mais encore pour ceux qui croiront en moi par leur parole, afin que tous soient un, comme toi, Père, tu es en moi, et comme je suis en toi, afin qu’eux aussi soient un en nous, pour que le monde croie que tu m’as envoyé. Je leur ai donné la gloire que tu m’as donné, afin qu’ils soient un comme nous sommes un, moi en eux, et toi en moi, afin qu’ils soient parfaitement un, et que le monde connaisse que tu m’as envoyé et que tu les as aimés comme tu m’as aimé ».

Colossiens 2.9-10 : « Car en lui habite corporellement la plénitude de la divinité. Vous avez tout pleinement en lui, qui est le chef de toute domination et de toute autorité ».

Colossiens 1.26-27 : « Le mystère caché de tout temps et dans tous les âges, mais révélé maintenant à ses saints. Dieu a voulu leur faire connaître la glorieuse richesse de ce mystère parmi les païens, savoir : Christ en vous, l’espérance de gloire ».

Ceci est possible parce que Christ habite véritablement en nous, et nous en lui, par la vie sacramentelle.

1 Jean 3.1 : « Voyez quel amour le Père nous a témoigné, pour que nous soyons appelés enfants de Dieu ! Et nous le sommes ».

Nous devenons tous enfants premiers-nés de Dieu, rendus vraiment parfait comme Dieu est parfait devant Dieu par le Christ. Nous sommes membres individuellement du Corps de Christ.

Galates 4.4-7 : « Lorsque les temps ont été accomplis, Dieu a envoyé son Fils, né d’une femme, né sous la loi, afin qu’il rachète ceux qui étaient sous la loi, afin que nous recevions l’adoption. Et parce que vous êtes fils, Dieu a envoyé dans nos cœurs l’Esprit de son Fils, lequel crie : Abba ! Père ! Ainsi tu n’es plus esclave, mais fils ; et si tu es fils, tu es aussi héritier par la grâce de Dieu ».

2 Corinthiens 4.11 : « Car nous qui vivions, nous sommes sans cesse livrés à la mort à cause de Jésus, afin que la vie de Jésus soit aussi manifestée dans notre chair mortelle ».

Ephésiens 2.15 : « Ayant anéanti par sa chair la loi des ordonnances dans ses prescriptions ; il a voulu créer en lui-même avec les deux un seul homme nouveau, en établissant la paix… ».

Dieu n’a qu’un Fils unique. Pourtant, nous devenons un unique nouvel homme plutôt que double, faisant partie du Corps du Fils, par la vie sacramentelle. Donc, nous devenons héritiers avec Christ.

Romains 8.14-17 : « Car tous ceux qui sont conduits par l’Esprit de Dieu sont fils de Dieu. Et vous n’avez point reçus un esprit de servitude pour être encore dans la crainte ; mais vous avez reçu un Esprit d’adoption, par lequel nous crions : Abba ! Père ! L’Esprit lui-même rend témoignage à notre esprit que nous sommes enfants de Dieu. Or, si nous sommes enfants, nous sommes aussi héritiers : héritiez de Dieu, et cohéritiez de Christ, si toutefois nous souffrons avec lui, afin d’être glorifiés avec lui ».

Ephésiens 2.21-22 : « En lui tout l’édifice, bien coordonné, s’élève pour être un temple saint dans le Seigneur. En lui vous êtes édifiés pour être une habitation de Dieu en Esprit ».

Jacques 1.17 : « Toute grâce excellente et tout don parfait descendant d’en haut, du Père des lumières, chez lequel il n’y a ni changement ni ombre de variation ».

La justice de Christ ne nous est pas simplement imputée, Dieu, qui soutient l’existence de toute chose, dont la Parole a formé l’univers à partir de rien, supprime réellement la réalité de notre péché, afin que notre péché n’existe plus. Ainsi nous sommes rendus parfaits.

Romains 12.2 : « Ne vous conformez pas au siècle présent, mais soyez transformés par le renouvellement de l’intelligence, afin que vous discerniez quelle est la volonté de Dieu, ce qui est bon, agréable et parfait ».

Hébreux 6.4-6 : « Car il est impossible que ceux qui ont été une fois éclairés, qui ont goûté le don céleste, qui ont eu part au Saint-Esprit, qui ont goûté la bonne parole de Dieu et les puissances du siècle à venir, qui sont tombés, soient encore renouvelés et amenés à la repentance ».

Ephésiens 3.5-6, 19 : « Il n’a pas été manifesté aux fils des hommes dans les autres générations, comme il a été révélé maintenant par l’Esprit aux saints apôtres et prophètes de Christ. Ce mystère, c’est que les païens sont cohéritiers, forment un même corps, et participent à la même promesse en Jésus-Christ par l’Evangile, … et connaître l’amour de Christ, qui surpasse toute connaissance, en sorte que vous soyez remplis jusqu’à toute la plénitude de Dieu. »

La promesse du Christ s’accomplie dans toute la plénitude de Dieu (Colossiens 2.9) – faire véritablement partie du Fils, être véritablement participant de la Nature Divine. C’est pourquoi Paul dit en Ephésiens 5.1 :

Ephésiens 5.1 : « Devenez donc les imitateurs de Dieu, comme des enfants bien-aimés ».

2 Corinthiens 7.1 : « Ayant donc de telles promesses, bien-aimés, purifions-nous de toute souillure de la chair et de l’esprit, en achevant notre sanctification dans la crainte de Dieu ».

Colossiens 1.28 : « C’est lui que nous annonçons, exhortant tout homme, et instruisant tout homme en toute sagesse, afin de présenter à Dieu tout homme, devenu parfait en Christ. »

Romains 16.7 : « Saluez Andronicus et Junias, mes parents et mes compagnons de captivité, qui jouissent d’une grand considération parmi les apôtres, qui ont même été en Christ avant moi ».

1 Pierre 4.6 : « Car l’Evangile fut aussi annoncé aux morts, afin qu’après avoir été jugés comme les hommes dans la chair, ils vivent selon Dieu par l’esprit. »

Jean 14.23 : « Jésus lui répondit : Si quelqu’un m’aime, il gardera ma parole, et mon Père l’aimera ; nous viendrons à lui, et nous ferons notre demeure chez lui ».

1 Corinthiens 3.16-17 ; 6.19-20 : « Ne savez-vous pas que vous êtes le temple de Dieu, et que l’Esprit de Dieu habite en vous ? Si quelqu’un détruit le temple de Dieu, Dieu le détruira ; car le temple de Dieu est saint, et c’est ce que vous êtes… Ne savez-vous pas que votre corps est le temple du Saint-Esprit qui est en vous, que vous avez reçu de Dieu, et que vous ne vous appartenez point à vous-mêmes ? Car vous avez été rachetés à un grand prix. Glorifiez donc Dieu dans votre corps et dans votre esprit, qui appartient à Dieu ».

2 Corinthiens 6.16 : « Nous somme le temple du Dieu vivant… ».

Romains 8.9 : « Vous ne vivez pas selon la chair, mais selon l’Esprit, si du moins l’Esprit de Dieu habite en vous ».

2 Corinthiens 13.5 : « Ne reconnaissez-vous pas que Jésus-Christ est en vous ? »

Galates 2.20 : « J’ai été crucifié avec Christ ; et si je vis, ce n’est plus moi qui vis, c’est Christ qui vit en moi… ».

Philippiens 1.21 : « Christ est ma vie, et mourir m’est un gain ».

Dieu n’est pas le Père parce qu’il nous a créé. Il est notre Créateur, notre Seigneur, parce qu’il nous a créé. Mais il est le Père parce qu’il engendre éternellement le Fils. Ainsi, ce n’est que parce que nous faisons partie du Corps de Christ, lorsque nous participons de la Nature Divine de Jésus-Christ, que Dieu devient véritablement notre Père, et que nous devenons véritablement ses fils et ses filles. Si nous voulons devenir enfants de Dieu, nous devons être divinisés. C’est ce que font les sacrements. Ils font de nous véritablement ses enfants. St. Athanase le dit plus succinctement : « le Fils de Dieu s’est fait homme afin que nous devenions dieu ». Par la vie sacramentelle, forgée par l’alliance de Dieu avec la création, et par son œuvre à la Croix, nous sommes réellement dans le Corps du Christ, qui est Dieu.

La divinisation est la mission centrale de l’Eglise (Catéchisme de l’Eglise catholique, # 460, 1988, 1999). Tout enseignement, tout ministère, toute œuvre est accomplie en vue d’amener toute personne aux sacrements, de sorte que tous puissent être divinisés et prendre part au Corps de Christ. Notre nature humaine a été créée en vue d’être complètement immergée dans le feu divin, la consumation, l’amour brûlant de Dieu, dans une danse tourbillonnante avec Lui pour toujours, nous versant parfaitement en Lui et Lui en nous, interpénétration éternelle avec l’Eternel. Cela ne peut pas être accompli, excepté en Jésus-Christ, dans Sa souffrance, Sa croix, Ses sacrements.

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