Quelques versets :

Exode 23.7 :« Tu ne prononceras point de sentence inique, tu ne feras point mourir l’innocent et le juste ; car je n’absoudrai point le coupable ».

Deutéronome 25.1 : « Lorsque des hommes, ayant entre eux une querelle, se présenteront en justice pour être jugés, on absoudra l’innocent, et l’on condamnera le coupable. »

2 Chroniques 30.9 : « Dieu est compatissant et miséricordieux, et il ne détournera pas sa face de vous, si vous revenez à lui ».

Proverbe 17.15 :« Celui qui absout le coupable et celui qui condamne le juste sont tous deux en abomination à l’Eternel ».

Ezéchiel 33.11 : « Ce que je désire, ce n’est pas que le méchant meure, c’est qu’il change de conduite et qu’il vive. Revenez, revenez de votre mauvaise voie ! »

Qu’affirment ces versets ?

1. Dieu dit qu’il est juste.

2. Dieu dit qu’il pardonne.

3. Il est juste d’absoudre l’innocent, injuste de le faire mourir.

4. Il est juste de condamner le coupable, injuste de l’absoudre.

5. Le pardon est conditionné par la repentance.

6. Dieu préfère le pardon à la condamnation.

Comment Dieu peut-il à la fois être juste et pardonner ?

Si Dieu est juste, alors comment peut-il préférer pardonner le coupable, sachant qu’il est injuste d’absoudre le coupable ?

La réponse est simple : pardonner et absoudre sont deux actes différents. Par exemple, on peut absoudre un innocent (cf. Deutéronome 25.1), mais on ne peut pas pardonner un innocent. « Absoudre » est synonyme d’acquitter ou de disculper. C’est un acte qui consiste à invalider une accusation. « Pardonner » est un acte qui, au contraire, consister à reconnaître la culpabilité, tout en épargnant le coupable d’une punition. Absoudre un coupable et pardonner un coupable, ce n’est donc pas la même chose : dans le premier cas on rend un jugement injuste, dans le second cas le jugement est juste mais le coupable n’est pas puni. Et pour revenir à notre exemple : on peut effectivement absoudre un innocent, c’est-à-dire reconnaître que l’accusé n’est pas coupable de ce dont on l’accuse, en revanche, on ne peut pas pardonner un innocent, puisqu’il n’est pas coupable.

Ensuite, même si la condamnation du coupable est juste, cela n’implique pas que la justice soit nécessairement la condamnation du coupable. En effet : si p implique q, cela ne veut pas dire que q implique p. Prenons un exemple : si pour avoir le permis de conduire il faut être majeur, en revanche la réciproque n’est pas vraie, puisqu’il est possible d’être majeur sans avoir le permis de conduire. Si Dieu est juste et qu’il condamne ou pardonne selon les cas, cela veut dire que Dieu est juste lorsqu’il condamne, de même qu’il est juste lorsqu’il pardonne. La justice ne consiste donc pas à nécessairement punir le coupable, elle consiste à reconnaître la culpabilité du coupable, puis, ou bien à le punir, ou bien la condamner. En fonction de quel critère ? La repentance, c’est-à-dire le fait de reconnaître sa faute et de changer d’attitude. Pourquoi ? Parce que dans ce cas de figure, la punition est inutile, en réalité, elle ajoute inutilement un mal à un mal déjà commis.

Nous pouvons donc conclure que :

1. La justice est le fait de reconnaître la culpabilité du coupable.

2. L’injustice est le fait de ne pas reconnaître la culpabilité du coupable.

3. Il est juste de punir le coupable.

4. Il est juste de pardonner le coupable.

5. Dieu qui est juste préfère le pardonne à la punition.

6. Donc la justice consiste à préférer le pardon à la punition.

6. Donc Il est injuste de condamner le coupable qui se repent.

7. Donc Il est injuste de pardonner le coupable qui ne se repent pas.

C’est d’ailleurs ce que dit la Bible : « Si l’on fait grâce au méchant, il n’apprend pas la justice et il se livre au mal » (Esaïe 26.10). Si le méchant (c’est-à-dire celui qui ne se repent pas) n’est pas puni, il continuera à faire le mal. La punition est une action éducative qui consiste à apprendre la justice. C’est pourquoi il serait injustice de ne pas punir ce qui ne se repend pas, cela reviendrait à ne tout simplement pas aimer la personne coupable, parce que l’on ne désire pas son éducation, qui est bien pour elle : « celui qui ménage son bâton hait son fils, mais celui qui l’aime cherche à le corriger » (Proverbes 13.24).

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