Causalité et Création

Posted on: janvier 18, 2009
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L’idée d’un Dieu créateur contredit-elle le principe de causalité ?

L’athée répondra positivement par trois arguments.

(a1) « Créer » signifie produire quelque chose à partir de rien, tandis que le « principe de causalité » énonce que tout effet au moins une cause qui rend raison de lui. La création est sans cause tandis que la causalité exige une cause. C’est contradictoire.

(a2) Si tout effet a une cause, il s’ensuit nécessairement que l’univers est sempiternel, c’est-à-dire d’une temporalité sans commencement et sans fin. En expliquant un effet par une cause, qui elle-même est expliquée par une autre cause, il se produit une régression à l’infini d’une chaîne de cause qui se prolonge, sans limite, aussi bien dans le passé que dans l’avenir. Si le principe de causalité impose un univers infini dans la temporalité, le concept de création est donc absurde.

(a3) Comme l’énonçait Lavoisier, le principe de causalité implique la conservation de la matière : « rien en se créé, rien ne se détruit, tout se transforme », car il y a égalité entre la cause et l’effet, sans quoi la première ne rendrait pas raison du second. Il n’y a donc que des modifications d’agencement entre éléments de matière, selon des lois physiques précises, plutôt que diminution ou accroissement de matière.

Il est donc impossible que l’univers ait été créé. Pour ces trois raisons, puisque l’univers n’a pas pu être créé en raison du principe de causalité, il est sempiternel, ce qui contredit l’idée d’un Dieu créateur.

Le chrétien répondra négativement par trois arguments.

(c1) La « création » ne signifie pas produire quelque chose à partir de rien, ce qui est contraire même au christianisme qui affirme que tout a été créé à partir de Dieu. La création ex-nihilo signifie en réalité : à partir de rien d’autre que Dieu. Il n’y a donc pas de contradiction, Dieu est cause première.

(c2) Si c’est la cause qui rend compte de l’effet, alors une régression à l’infini signifie qu’il n’y a pas de cause fondatrice, mais qu’au contraire, la cause est toujours repoussée, de sorte que c’est la raison du dernier effet qui est toujours repoussé. Une régression à l’infini signifie qu’il n’y a pas de fondement et donc une absence de raison. L’athée vide la causalité de toute consistance. Si l’athée pense qu’il y a une régression à l’infini, c’est parce qu’il tord le principe de causalité. A la définition : tout effet a une cause, il ajoute : tout cause est un effet. Or cela est faux, puisque si toute cause temporelle est bien le résultat d’une cause ayant provoqué son apparition, en revanche une cause éternel n’est pas apparue subitement et n’est donc pas le résultat d’une cause. Il est donc nécessaire qu’il y ait une cause qui soit à la fois première (afin de conservé la consistance de la chaîne causale) et donc aussi éternelle (puisque elle-même sans cause), c’est-à-dire un Dieu créateur.

(c3) Concernant l’égalité entre la cause et d’effet, qui reviendrait à dire que Dieu à créé un double, il faut répondre que l’être causal (la cause efficiente) peut être plus grand que l’effort causal (causes matérielle et formelle) qu’il produit en vue de l’effet (cause finale). Par exemple, un homme (l’être qui produit la cause) peut prendre un léger souffle (la cause même) afin de chanter d’une voix modérée (l’effet), bien qu’il ait la capacité de produire un chant d’une voix plus vive. Dieu étant infini, il est sans commune mesure avec sa création, et bien qu’il en soit sa cause, ce n’est pas l’intégralité de sa puissance qui a été mise en œuvre.

Ainsi, pour toutes ces raisons, il n’y a pas de contradiction entre l’idée d’un Dieu créateur et le principe de causalité, au contraire : le principe de causalité repose sur l’idée d’un Dieu créateur afin d’être consistant.

L’Existence du Dieu des Chrétiens

Posted on: janvier 18, 2009
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La nécessité d’une cause première – Selon le principe de causalité, rien n’arrive sans raison. Il n’y a pas d’effet sans cause, car la cause est ce qui explique l’effet. La cause désigne la réunion de l’ensemble des réalités (lois, substances, attributs) qui produisent l’effet. L’effet hérite donc de la réalité que lui transmet la cause. Mais le plus souvent, une cause est elle-même l’effet d’une autre cause plus antérieure. La véritable cause de cette suite, c’est alors celle qui est la plus antérieure, qui donne la réalité et l’explication de la série causale. Mais si toutes les causes étaient des effets, on tomberait alors dans une régression à l’infini, la raison de la réalité serait toujours repoussée, sans qu’il n’existe réellement de cause, ce qui est absurde. Il est donc nécessaire qu’il y ait une cause première, source de toute réalité.

La nature divine de la cause première – La cause première doit être unique, infini et parfaite, en d’autres termes, elle correspond à l’idée de Dieu. D’abord, la cause première doit être unique. La nature d’une cause est de même type que la nature de son effet. S’il y a donc une multitude de causes premières à l’origine du monde, pour que celles-ci aient des rapports entre elles, il faut qu’elles soient d’une nature commune. Mais s’il y a une nature commune entre elles, c’est qu’elles dérivent d’un même principe, qui est la véritable cause première. , tandis que celles-ci ne sont que secondes. La cause première est donc unique. Elle est aussi infinie. Une chose finie s’exprime dans des dimensions qui permettent de déterminer ses limites par rapport à autre chose. Or la cause première est la source de toute réalité – y compris des dimensions – et elle est également unique, elle ne peut donc pas être limitée par autre chose. La cause première est donc infinie. Elle est aussi parfaite. La perfection est l’état dans lequel est un être qui possède toutes les qualités au degré maximum. Or la cause première étant infinie et source de toute qualité, elle est donc parfaite. La cause première est donc créatrice, unique, infinie et parfaite. Etant parfaite, elle possède donc les attributs d’une personnalité. C’est ce que l’on appelle « Dieu ».

Dieu est Trinité – La « Trinité » désigne un être unique ayant trois personnes. Or Dieu doit nécessairement être trinitaire, sans quoi il n’aurait pas conscience de lui-même et ne serait donc pas omniscient. En effet, une conscience de soi divine exige l’existence d’au moins trois consciences de soi égales, parfaites et distinctes. La conscience est, par définition, intentionnelle, c’est-à-dire qu’elle vise quelque chose. Or un viseur ne peut se viser lui-même. Il lui faut un objet qui le réfléchisse. C’est seulement face à un autre viseur que le premier peut se comprendre objet de visé, et donc prendre conscience de sa conscience. Ainsi, il est à la fois objet et sujet. Mais afin de saisir que sa conscience est la même que celle de son prochain, il faut encore qu’il puisse comparer celle de son prochain à celle d’un autre semblable, afin qu’ils prennent conscience de leur communauté de nature divine. Ainsi, il y a trois consciences, qui opèrent réciproquement les unes sur les autres le même travail de la conscience. Il ne peut y avoir plus de trois consciences, car un être parfait n’a rien en vain. Toutes les consciences étant attributs de Dieu, sont consciences de Dieu et appelées Dieu.

Les Chrétiens sont-ils crédules ?

Posted on: janvier 1, 2009
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Les chrétiens ne peuvent pas être crédules – Les athées disent que les chrétiens pensent que leur Dieu existe parce qu’ils sont crédules, croyant bêtement les prophètes, la Bible, ou encore leurs parents. Est-ce vrai ? Si on présente un prophète à un athée, ou si on lui donne à lire une Bible, croira-t-il davantage ? Non. Or, à causes identiques, effets identiques : si l’athée ne croit pas à cause de la Bible, le chrétien non plus. D’ailleurs, les premiers chrétiens n’avaient pas le Nouveau Testament et les premiers Juifs n’avaient pas l’Ancien Testament. Ce n’est donc pas à cause de la Bible qu’ils ont pensé que Dieu existait. Mais les premiers fidèles ont connu des prophètes. Etait-ce par les prophètes qu’ils ont crus ? Si c’est le cas, il faut m’expliquer comment les prophètes ont-ils fait pour croire eux ! Il faut bien qu’à un moment donné, il y ait eu une première personne qui pense à un Dieu, sans que cette idée ne lui soit donnée par un autre. C’est absurde de dire que l’on croit toujours à cause de quelqu’un, parce qu’il faut qu’il y en ait un premier qui trouve de bonne raison de dire qu’il y a un Dieu. Ce raisonnement est d’autant plus absurde que l’on ne croit jamais en quelque chose à cause de quelqu’un d’autre. Les athées disent que les chrétiens croient à cause de leurs parents. Il y a encore quelques générations, tout le monde croyait en Dieu. Comment se fait-il alors, si ce raisonnement est valide, qu’il y ait autant d’athées ? Si l’athée examinait un peu ses propres arguments, il se rendrait qu’il est en train de dire qu’il n’existe pas. C’est tout simplement absurde ! On ne peut pas croire à cause d’un prophète, d’un livre, ou de ses ancêtres. La différence, selon l’athée, c’est que lui-même est intelligent tandis que le chrétien est un crétin. C’est parce qu’il manque d’intelligence que le chrétien croit. Mais peut-on croire sans intelligence ? Lorsque l’on croit quelque chose, on se fait une idée de cette chose. Si on manque d’intelligence, on n’a pas idée de la chose à laquelle on croit, et du même coup, on ne croit en rien. Si les chrétiens sont des abrutis, comme le pense les athées, alors ils ne croient pas en Dieu ; et alors, les chrétiens n’existe pas ! Il faut donc bien que les chrétiens soit intelligent pour croire en quelque chose.

La crédulité est une hérésie – Si les chrétiens croient bêtement, ce sont des hérétiques, parce dans la Bible, les livres des chrétiens, on n’aime pas les imbéciles. « Le crédule croit tout ce qu’on dit, mais l’homme prudent avance avec réflexion. » (Proverbes 14.15). Dans ce même livre, on conseil de fouetter les imbéciles pour les corriger de leur stupidité. D’après les athées, les chrétiens sont un peu masochiste, mais à ce point là… Lorsqu’on lit les Evangiles, on voit que Jésus se fâchait souvent contre ses disciples parce qu’ils manquaient d’intelligence. Si le christianisme était la religion des simples, Jésus aurait du être contant que ses disciples soient des imbéciles.

Le Dieu des philosophes est celui des chrétiens – Dans les Proverbes (2.3-5), il est écrit : « Si tu fait appel à l’intelligence, si tu invoques la raison, […] alors tu comprendras ce qu’est la crainte du Seigneur, tu trouveras la connaissance de Dieu. ». L’apôtre Paul (Romains 1.18-21) dit à peu près la même chose : « La colère de Dieu se révèle du ciel contre toute impiété et toute injustice des hommes qui retiennent injustement la vérité captive, car ce qu’on peut connaître de Dieu est manifeste pour eux, Dieu le leur ayant fait connaître. En effet, les perfections invisibles de Dieu, sa puissance éternelle et sa divinité, se voient comme à l’œil nu, depuis la création du monde, quand on les considère dans ses ouvrages. Ils sont donc inexcusables, car ayant connu Dieu, ils ne l’ont point glorifié comme Dieu, et ne lui ont point rendu grâces ; mais ils se sont égarés dans leurs pensées, et leur cœur sans intelligence a été plongé dans les ténèbres. » (Romains 1.18-21). En d’autres termes, Dieu est connaissable rationnellement. Il suffit seulement d’être un peu intelligent pour savoir que Dieu existe. Cela veut dire que le Dieu des philosophes est aussi celui des chrétiens, parce que les philosophes emploient leur intelligence pour connaître Dieu. Il faut juste être rationnel. L’homme est doté d’une raison, qui le conduit à la foi ; s’il refuse la raison que Dieu lui a attribuée, il ne peut pas accuser Dieu d’en être responsable. D’ailleurs, il est écrit dans les Proverbes (9.12) : « Si tu es sceptique, tu en es le seul responsable. » Les athées et les agnostiques ne seront pas excusés de leur ignorance.


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Qu’est-ce que la philosophie analytique de la religion ? La philosophie est l’étude des questions fondamentales. La philosophie analytique est une méthode en philosophie qui insiste sur l’analyse logique des thèses et des arguments. La philosophie analytique de la religion est une branche de la philosophie analytique. Elle traite de l’existence de Dieu, du problème du mal, de la valeur de l’expérience religieuse, et même des doctrines chrétiennes spécifiques telles que la Trinité, l’Incarnation et l’Expiation. Qu’est-ce que l’apologétique ? L’apologétique est la défense rationnelle de la foi. Elle traite de l’existence de Dieu, du problème du mal, de la crédibilité de la révélation, de l’existence et de la résurrection du Christ. L’apologétique peut être négative ou positive. L’apologétique négative consiste à réfuter les objections contre le christianisme. L’apologétique positive consiste à apporter des arguments en faveur du christianisme.