La Trinité

La Trinité

« La Trinité est l’une des doctrines spécifiquement chrétiennes. Mais pour le commun des mortels, y compris pour beaucoup d’entre les chrétiens, c’est une notion un peu mystérieuse. Pourrait-on commencer par la définir, afin de saisir un peu mieux en quoi elle consiste ? »

La Trinité, c’est trois personnes (Père, Fils, Saint-Esprit) en un être (Dieu). Il n’y a qu’un seul Dieu, Dieu est unique, mais il y a trois personnes divines qui sont égales mais distinctes. Ainsi, le Père n’est pas le Fils, le Père n’est pas l’Esprit et le Fils n’est pas l’Esprit, pourtant tous les trois sont le même et unique Dieu. Aucun n’est l’être divin en lui-même, mais tous sont Dieu en tant qu’ils sont des personnes en Dieu. Il ne faut pas confondre la doctrine de la Trinité avec les deux erreurs principales suivantes : le trithéisme (dire qu’il y a trois dieux) et le modalisme (réduire les trois personnes divines à la simple manifestation variée d’une seule et même personne divine).

« D’où vient la Trinité ? Lorsque nous lisons la Bible, nous ne trouvons ce mot nulle part. Et le concept de Trinité n’apparaît jamais clairement non plus. »

Le mot « Trinité » n’est pas dans la Bible. Il n’apparaît qu’à la fin du IIe siècle chez Théophile d’Antioche et Tertullien. Mais l’idée n’y est-elle pas déjà, au moins implicitement, énoncée ? Le fait qu’il n’y ait qu’un seul et unique Dieu est affirmé en Esaïe 45.21, où YHWH dit : « Il n’y a point d’autre dieu que moi ». La distinction des trois personnes apparait le plus clairement en Jean 16 : Jésus affirme qu’il va revenir vers celui qui l’a envoyé, son Père, et que cela est nécessaire afin que lui-même envoie le consolateur, l’Esprit de vérité (le Saint-Esprit). Le Père, le Fils et le Saint-Esprit ont des rôles différents, qui assignent à chacun une place spécifique et un ordre d’intervention. De là, suit l’ordre Père, Fils, Saint-Esprit ; ordre qu’utilise Jésus lorsqu’il ordonne à ses disciples de baptiser « aux noms du Père, du Fils et du Saint-Esprit »  (Matthieu 28.19). La divinité du Père et du Saint-Esprit sont évidentes. La divinité du Fils est plus contestée, notamment pour des raisons de traduction ou d’interprétation ; néanmoins, il y a deux textes fondamentaux : Jean 1.1 (« Au commencement était le Logos, le Logos était avec Dieu et le Logos était Dieu. », le verset 14 nous indique qu’il s’agit de Jésus, au verset 18 « Dieu le Fils unique »), et Hébreux 1, où il est dit qu’il est supérieur aux anges (v.4) et qu’il est appelé Dieu par Dieu lui-même (vv.8-9). Ainsi, la Bible énonce qu’il n’y a qu’un seul Dieu, qu’il y a au moins trois personnes distinctes et que chacune de ces personnes est Dieu. La seule chose, finalement, que la Bible n’énonce pas clairement par rapport à la doctrine de la Trinité, c’est qu’il n’y ait que trois personnes. On ne peut pas bibliquement exclure qu’il n’y ait pas d’autre personnes dont on ne nous parlerait pas.

« Dans les précédentes émissions, nous avons vu qu’il y avait des preuves de l’existence de Dieu. La raison peut naturellement connaître Dieu (Romains 1.19-21). En est-il de même pour la Trinité ? »

« Des philosophes et des théologiens ont proposés des preuves de la Trinité (Richard de Saint-Victor, Raymond Lulle, Keckermann, Shedd, Swinburne, etc.). La Trinité est nécessaire, parce que sans elle, Dieu ne peut avoir conscience de soi. Pour commencer, il ne faut pas confondre la conscience et la conscience de soi. La conscience, c’est simplement avoir des idées ou des perceptions, c’est quelque chose d’objectif : « il y a ». C’est ce que nous appelons l’intentionnalité de la conscience : la conscience est par définition conscience « de quelque chose ». Par exemple, j’ai conscience qu’il y a dans ce studio de radio, des micros, des ordinateurs, du mobilier d’enregistrement, une certaine température, il y a aussi des corps et des pensées, etc. C’est purement objectif et impersonnel. La conscience de soi ajoute quelque chose, c’est la subjectivité. Ce que je vois, ce n’est qu’un point de vue, c’est-à-dire que moi-même je suis un objet que l’on peut observer, je ne suis pas seulement un sujet, c’est-à-dire un observateur. C’est ainsi que je prends conscience que la réalité n’est pas une série de perception, comme si nous étions au cinéma, nous faisons partie de la réalité, nous-mêmes nous sommes perceptibles. La conscience de soi suppose donc je me sache observable, c’est-à-dire qu’il y au moins une autre personne que moi qui m’observe, par rapport à laquelle je peux me définir comme « Moi », « Moi » est une chose différentes des autres choses et notamment de l’autre, le « Toi ». Cela peut paraître évident, parce nous sommes adultes et nous n’avons pas eu la difficulté qu’on tous les humains à connaître ce que l’on appelle l’intersubjectivité. Si nous regardons les enfants, néanmoins, nous voyons qu’ils n’ont pas avant 4 ou 5 ans une pleine conscience d’eux-mêmes. Par exemple, pour se cacher certains ferment leur yeux, parce qu’ils confondent leur perception et la réalité, ils ne déduisent pas qu’ils sont eux-mêmes des objets que l’on peut observer. Un autre exemple, c’est le fait de cacher un objet dans sa main, l’enfant comprend le jeu lorsqu’il s’agit de déterminer dans laquelle de nos mains l’objet est caché, mais lorsque c’est à son tour de cacher l’objet, il est maladroit parce qu’il il ne comprends pas bien l’idée, pour lui, s’il sait ce n’est pas un secret, il a des difficultés à se mettre à votre place, vous qui devez où se trouve l’objet, parce que pour lui, sa perception est objective, il ne se connaît pas encore comme objet relatif à d’autres sujets. Ce n’est que lorsqu’il comprendra que lui-même comme objet pour d’autres sujets, qu’il aura conscience de lui-même. Si vous n’avez rien compris, je vais prendre un exemple très simple : une conscience c’est comme un crayon, il ne peut pas écrire sur lui-même, il faut pour cela un autre crayon, pour la conscience il lui faut une autre conscience qui lui indique qu’elle est aussi un objet pour ce sujet, elle est donc un « Moi ». La conscience de soi suppose d’être un objet pour un autre sujet, il faut donc qu’en Dieu il y ait au moins deux personnes pour prendre conscience de lui-même, l’une étant objet de l’autre et vice-versa. Mais contrairement à l’homme, il va de soi qu’en Dieu ce n’est pas un apprentissage, c’est une connaissance immédiate et éternelle des personnes. Mais cela ne suffit pas, car il n’y a là que conscience de soi, les personnes doivent aussi savoir ce qu’elles sont, de quelle est leur propre nature. Il faut encore une troisième conscience, pour que les consciences puissent se connaître non plus seulement comme sujet, mais dans leur nature même. Car on ne reconnaît les choses que par la comparaison des qualités. Ce que nous voyons pour la première fois nous semble irréductible, tandis que nous voyons les qualités partagées par différentes choses, et ainsi nous distinguons ce qui appartient à sa nature et ce qui lui appartient en propre, en tant qu’individu. Ainsi, chaque conscience ayant deux consciences face à elle, elle peut les informer de leur identité de nature, et ainsi toutes les consciences se connaissent, ont consciences de soi et de leur nature. Il faut donc au moins trois consciences. Mais comme il n’y a qu’un seul Dieu, puisque Dieu est inconditionné, sans quoi il serait conditionné par l’altérité, ces trois personnes sont les personnes de Dieu, non pas comme étant Dieu en lui-même, la nature divine elle-même, mais comme personnes de Dieu, c’est pourquoi aussi nous les appelons chacune Dieu, car la personne désigne l’être, de la même manière que lorsque quelqu’un pointe du doigt notre corps, nous savons qu’elle nous vise aussi en tant que personne. Il y a donc un seul être, Dieu, ayant trois personnes.

« Et pourquoi pas plus que trois consciences ? »

« Tout simplement parce que tous les attributs dans la nature divine sont nécessaires. « Nécessaire », cela signifie qu’ils sont ainsi et ne peuvent être autrement. Par exemple, Dieu est nécessairement éternel, il ne peut ni naître ni mourir, cela lui est impossible. (Je rappelle juste que Jésus connaît la naissance et la mort, non en tant que Dieu, mais en tant qu’homme, nous en reparlerons lors de l’émission sur l’Incarnation). Or comme nous l’avons montré, Dieu a nécessairement trois personnes afin qu’il ait conscience de lui-même. Mais une quatrième, ou cinquième, sinon un nombre plus grand de personnes, ne sont pas nécessaires, parce cela n’apporte rien à la cohérence de l’idée de Dieu, si ce sont des choses que l’on peut à son amusement ajouter ou retirer sans que la cohérence de l’idée de Dieu ne soit touchée, cela signifie qu’ils ne sont pas nécessaires. Et dans la mesure où la nature divine est nécessaire, il ne peut y avoir autant de personne que cela est nécessaire, c’est-à-dire trois, ni une de plus, ni une de moins. En conclusion, nous pouvons dire que la doctrine de la Trinité en tant que c’est trois personnes (ni plus ni moins) en Dieu, est plus assurée en philosophie qu’en théologie.

« N’est-ce pas appliquer un raisonnement à Dieu qui ne devrait s’appliquer qu’à l’homme ? Et ne dit-on pas que la Trinité est un mystère incompréhensible ? »

La Bible nous dit que nous pouvons rationnellement connaître Dieu (Romains 1.19-21). Par conséquent, il y a des concepts communs à la nature et à Dieu. Ne serait-ce que le concept de l’existence. Si Dieu était radicalement impensable et différent, ce serait mentir que de dire que Dieu existe, car l’existence est un concept que nous avons. Même le fait de dire le mot « Dieu » serait une erreur. Certains pensent protéger Dieu en le rendant impensable, ils font une grave erreur. Dieu est compréhensible, d’ailleurs la Bible dit qu’un jour nous le connaîtrons comme il nous connaît (1 Corinthiens 13). S’il était incompréhensible, nous serions à jamais incapables de le connaître. Dieu est donc compréhensible en lui-même, même si nous ne le connaissons pas encore totalement, nous ne devons pas rejeter ce que Dieu nous laisse connaître de lui. Le problème ne vient pas de la possibilité de parler de Dieu, mais d’en parler correctement. Et pour cela, il faut prendre en compte ce que nous savons de lui : il est intemporel, incorporel, etc. par conséquent, nous devons pensons les personnalités divines dans ces cadres là. S’il n’y a pas de contradiction, si l’idée de Trinité est ainsi cohérente, il n’y a pas de problème, sans que nous ayons bien entendu la prétention d’épuiser totalement l’idée du divin.

« Cela confirme donc la vérité du Christianisme est vrai ? Qu’un Dieu qui n’est qu’une seule personne n’est pas possible, et pourtant qu’il n’y a qu’un seul Dieu ? »

« Tout à fait. Sans la Trinité, Dieu n’a pas conscience de lui-même, ce qui est assez problématique pour un Dieu. Car étant à la base le seul être existant, s’il n’a pas conscience de lui-même et sachant que la conscience est conscience de quelque chose, il n’a donc aucun objet de pensée, et donc il n’a jamais pu avoir l’idée de créer (car comme nous l’avons déjà démontré dans une précédente émission, c’est en pensant les choses que Dieu les fait advenir), c’est-à-dire que…  nous ne devrions pas exister ! La Trinité est un véritable plaidoyer en faveur du Christianisme. »

16 Réponses pour “La Trinité”

  1. khaled dit:

    boujour
    si dieu n’ a pas conscience de lui meme et qu’il a besoin d’une autre personne pour qu’il soit conscient de lui meme une condition alors dieu est inconditionel, cela veut dire qu’il n ait pas parfait et en plus il ne connait pas sa nature , donc il n’a pas l’etre par lui meme mais plutot par un autre
    pouvez vius m’eclaircir svp se point !

  2. Masson Alexis dit:

    Bonjour,

    Ce n’est pas exactement cela : ce n’est pas Dieu qui a besoin d’un autre qui ne serait pas Dieu, mais c’est une personne de Dieu qui a besoin d’une autre personne, qui elle-même est une autre personne de Dieu. La philosophie a montré que conscience de soi implique l’intersubjectivité. Si Dieu n’est qu’une seule personne, alors il est impossible qu’il ait conscience de lui-même par lui-même. Mais s’il y a une pluralité de personnes en Dieu (comme c’est le cas de la Trinité, un Dieu trois personnes), alors il peut prendre conscience de lui-même.

    Je rappelle ce qu’est la Trinité :

    Dieu est Père, Fils, Esprit ; le Père est Dieu, le Fils est Dieu, l’Esprit est Dieu ; mais le Père n’est ni le Fils ni l’Esprit ; le Fils n’est ni le Père ni l’Esprit ; l’Esprit n’est ni le Père, ni le Fils. Il n’y a qu’un seul Dieu, ce Dieu a trois personnes, dans la mesure ou elles sont toutes des personnes de Dieu, elles sont Dieu. Ces personnes sont distinctes les unes des autres.

    Cordialement.

  3. Peters. Thomas. dit:

    Bonjour,

    je trouve ces preuves de la trinité tres interessante cependant vous ne mettez pas le(s) « livres » ,ouvrages
    sur lequels sont écrits ces preuves. Ma requete est la suivante : Pouvez vous me dire le nom des livres ou Saint Richard et Saint Augustin ont écrit ces preuves car vous n’avez pas dit dans la vidéo celle de Saint Richard.

    Cordialement

  4. Sylvain L. dit:

    Bonjour Alexis,

    Je pense avoir bien compris votre exposé, qui confirme la pensée adoptée au fil des siècles par les chrétiens concernant la trinité. Ma question concerne le statut de Marie (mère du christ) par rapport à cette trinité. Les catholiques l’appellent « mère de Dieu » mais peut on faire ce raccourci entre mère du « fils » et mère de « Dieu », puisqu’on a bien vu que le père et le fils sont des personnes différentes bien que « images » l’une de l’autre. Le père n’est il pas la personne première ? les autres personnes de la trinité sont elles pas crées par rapport à ce père inital pour qu’il y ait « reconnaissance » entre les 3 personnes. Donc quand on dit Marie mère de Dieu ne devrions pas plutot dire Marie mère du « christ » ou marie mère du « fils » (avec tout respect biensur)? Et est ce indiscret de vous demander à quelle eglise vous « adhérez » ? merci de votre réponse
    Bonne Continuation
    Sylvain

  5. Masson Alexis dit:

    Bonjour Sylvain,

    Tout d’abord, pardonnez moi de la lenteur de ma réponse, je suis quelque peu débordé. Concernant votre question, votre remarque est tout à fait juste, d’un point de vue littéral. Littéralement parlant, Marie est la mère de Jésus en tant qu’homme seulement. Néanmoins, il y a ce que l’on appelle la « communication des idiomes », qui consiste à autoriser le transfert linguistique d’une qualité que la personne du Fils/Jésus possède sous l’une de ses natures à l’autre nature. Par exemple, Jésus est humainement mort, or Jésus étant également Dieu, nous pouvons dire que Dieu est mort. C’est le même processus qui est à l’œuvre en ce qui concerne « Marie, la Mère de Dieu ». Encore une fois, c’est littéralement faux, mais « métaphoriquement » ou « linguistiquement » vrai, si la communication des idiomes est bien comprise. Pour ma part, je crois que cela entraîne beaucoup trop de confusions, notamment pour les non-chrétiens, et qu’il vaudrait mieux éviter ce genre de propos. Pour le moment, nous n’avons parlé que du problème de la double nature du Christ. Il y a aussi, comme vous le faites remarquer, la Trinité. Effectivement, il serait plus juste de dire que Marie est la Mère de Dieu le Fils (en supposant toujours la communication des idiomes). Quoi qu’il en soit, j’aurais tendance à désapprouver tout usage de la langue qui ne soit pas littéral, car cela engendre beaucoup trop de mal-entendus avec les non-chrétiens.

    Concernant l’église à laquelle j’adhère, la question est délicate. Je suis comme Leibniz, je rêve d’une église réunie, telle que Christ la souhaitait (cf. la prière de Jésus en Jean 17). Il me semble que tous les schismes (orthodoxes-catholiques, puis catholiques-protestants), ont été liés davantage à des questions politiques que théologiques, ce qui est regrettable.

  6. Sylvain L. dit:

    Merci de votre réponse Alexis, j’avoue que je trouve vos propos assez justes et pertinents et cela reste courageux aujourd’hui de revendiquer comme vous le faite la croyance chrétienne, qui demande à être communiquée de façon explicite comme vous le faite bien que le sujet soit parfois délicat.

    Bonne continuation

  7. Jean-Claude A. dit:

    Dans le Trinité, le terme « Fils de Dieu » en référence à Jésus le Christ doit-il être compris dans un sens littéral, métaphorique ou tout simple comme un rôle ?

    C’est-à-dire, Jésus le Christ, celui de Jean 3.16 est-il littéralement le seul Fils littéralement engendré de Dieu, un fils non par création comme les sont les anges ni un fils par adoption comme sont les repentants ceux qui sont né de nouveau spirituellement parlant ?

    Jésus le Christ, celui de Jean 3.16 avant qu’il devienne « Fils de l’homme » existait-il en qualité en qualité de « Fils de Dieu » dans sa gloire divine ?

    Comment interpréter ce passage de Romains 8.34. Si Jésus le Christ est une des 3 personnes de Dieu (l’être) alors comment comprendre qu’il soit en train d’intercéder auprès de Dieu (Père, Fils, Saint-Esprit) ?

    Comment interpréter ce passage d’après la résurrection de 1 Corinthiens 15.28 où Christ () soit assujetti à Dieu (Père, Fils, Saint-Esprit) si il est à considérer comme une des 3 personnes de Dieu ?

    Merci pour vos réponses.

  8. Masson Alexis dit:

    Bonsoir Jean-Claude,

    1/ L’expression « Dieu le Fils » désigne la seconde personne de la Trinité. L’expression « Fils de Dieu » désigne l’incarnation humaine de la seconde personne de la Trinité. (Ces deux expressions ne sont pas identiques). Je ne suis pas certain du sens que vous attribuez aux mots « littéral », « métaphorique » et « rôle ». Dieu n’a pas d’organes génitaux, il ne peut pas avoir de fils au sens biologique. Ce n’est pas tout à fait une métaphore, car Jésus de Nazareth, bien qu’il ait un corps humain et une expression humaine de sa volonté, est une personne divine. C’est une personne divine qui accueille, en plus de sa nature divine, une nature humaine, sans confusion des natures.

    2/ La personne « Dieu le Fils » comme telle est divine. Elle n’est pas crée ni adoptée. Jésus a bien un statut tout à fait spécifique et unique.

    3/ Oui, il est la Parole qui était Dieu et qui était avec Dieu (Jean 1.1). « Dieu le Fils » était dans la gloire avant de s’incarner. Jésus prie : « Père, glorifie-moi de la gloire que j’avais auprès de Toi avant que ne fût le monde » (Jean 17.5).

    4/ Le Père a un statut tout à fait privilégier parmi les trois personnes de la Trinité. Même s’il est de même nature que le Fils et le Saint-Esprit, c’est lui qui est ultimement souverain. En ce sens, il est « le véritable Dieu ». Le plus souvent, lorsque nous disons « Dieu », nous parlons seulement du Père. Théologiquement, nous parlons plutôt de la Trinité. Mais il arrive aussi que l’on parle du Fils seulement, ou du Saint-Esprit. Par exemple, nous disons que le Père est Dieu, le Fils est Dieu et que le Saint-Esprit est Dieu. Ils sont tous les trois le même être, bien qu’ils soient des personnes différentes, il n’est donc pas faux de dire que le Père est Dieu. Par conséquent, il n’est pas faux non plus de dire que le Fils prie Dieu, même s’il ne prie que le Père. Il n’est pas faux non plus de dire que Dieu s’adresse à Dieu (voyez par exemple Hébreux 1.9 où le Père s’adresse au Fils et lui dit : « ô Dieu, ton Dieu t’a oint »).

    5/ Ultimement, la souveraineté appartient au Père. Dans le même être, Dieu, ses trois personnes n’ont pas le même statut, bien qu’elles soient d’égale nature. Le Père, le Fils et le Saint-Esprit sont tous les trois le même Dieu et égaux en nature. Toutefois, au niveau des personnes et notamment au niveau de leur statut, de leur rôle, le Père est ultimement souverain. C’est un fait biblique qu’il n’est pas possible de déduire philosophiquement, seule la révélation nous l’apprend. Dieu est égal en nature au Fils, comme je suis tout autant humain que le Président de la République M. Nicolas Sarkozy. Néanmoins, il assume une fonction étatique supérieure à tous les autres hommes. Il en va de même en Dieu. Ultimement donc, Dieu le Fils se soumettra à Dieu le Père.

    6/ Pour résumer : Dieu est un être ayant trois personnes (le Père, le Fils et le Saint-Esprit). Toutes sont égales en natures. On peut toutes les appeler « Dieu », même si, dans l’absolu, c’est la Trinité comme telle qui est Dieu. Toutes sont pleinement la nature divine, on peut donc toutes les appeler « Dieu ». Dieu le Père est néanmoins parfois appelé le « véritable Dieu », parce qu’il est supérieur non en nature, mais hiérarchiquement. Dieu le Fils est la personne qui s’est incarnée. C’est Jésus le Christ. En ce qui concerne cette personne, il n’y a qu’une seule personne, mais qui assume deux natures distinctes sans confusion (la nature divine et la nature humaine). C’est pourquoi le Christ a pu mourir, chose impossible à Dieu, car il est mort dans sa nature humaine. Avant l’Incarnation, le Fils était dans la gloire, il y retourne à sa résurrection.

    J’espère avoir répondu à votre question.
    Cordialement.

  9. Mousstik dit:

    Réflexions en vrac :
    Si nous convenions sur une définition de Dieu nous serons tous d’accord pour dire qu’Il est l’unique, qu’il se suffit à lui même, qu’Il est immortel, qu’Il sait tout, voyant toutes chose etc. l’Homme par définition n’as pas ces caractéristique divines, L’homme est mortel, a des besoins (manger, boire…), il est limité en connaissance etc
    – Comment 2 natures opposés peuvent êtres les mêmes en même temps, comment Dieu immortel et peut être temporairement mortel en même temps? Comment Dieu peut être auto suffisant et avoir des besoins en même temps? Être dans une nature humaine et divine dans le même temps n’a aucun sens. Ça serait comme dire « le carré est devenu un cercle mais il reste quand même un carré ».
    Non?

    – Dieu le fils est mort pendant 3 jours.
    Durant ces 3 jours, combien de « personne dieu » avons nous ? (2 personnes) Dans ce cas, Que devient la trinité ?

  10. Masson Alexis dit:

    Mousstik, Je vous invite à regarder les émissions sur l’Incarnation, vous comprendrez mieux.

  11. JMH dit:

    Bonjour ou bonsoir à toutes et tous,

    Monsieur Mason, vous m’avez éclairé sur le pourquoi d’un Dieu trinitaire. Cependant ce que je ne comprend pas c’est que vous dites que plus de personnes en Dieu serait une « imperfection » de Dieu. Je ne vois pas d’inperfection à avoir plus de personne en Dieu puisqu’il est de toute façon la perfection même et que nous ne pouvons pas en tant que simple personne saisir Son Dessein. On parle de Dieu le Père, Dieu le Fils et Dieu le Saint-Esprit. Marie qui est la Mère du Christ et qui est l’Immaculée Conception donc sans défaut, sans péché, … fait partie pour moi de Dieu comme Dieu la Mère venue sur terre comme le fils. En effet, il est parfois plus facile de parler à sa Mère qu’à son son Père. C’est mon point de vue :-). De plus dans la Bible il est dit :
    « Dieu dit : « Faisons l’homme à notre image, selon notre ressemblance et qu’il soumette les poissons de la mer, les oiseaux du ciel, les bestiaux, toute la terre et toutes les petites bêtes qui remuent sur la terre ! »
    Dieu créa l’homme à son image, à l’image de Dieu il le créa ; mâle et femelle il les créa. » Donc pour moi, il devrait y avoir pour Dieu :
    – Dieu avec la personne du Père : genre masculin
    – Dieu avec la personne de la Mère : genre féminin
    – Dieu avec la personne du Fils : genre masculin
    – Dieu avec la personne de la Fille : genre féminin
    – Dieu avec la personne du Saint-Esprit : genre neutre
    ou je dirais pour garder la trinité :
    – Dieu Père-Mère : et alors la Vierge Marie serait sa représentation sur terre,
    – Dieu Fils-Fille : et alors le Christ serait sa représentation sur terre,
    – Dieu Saint-Esprit.
    Pour moi ce serait une imperfection de Dieu justement si nous séparons le genre masculin du féminin et du neutre (dans la nature, il y a des êtres hermaphrodites). Pour moi, je pense que lorsque nous aimons nous devenons par là une minuscule partie de Dieu même puisque nous entrons par cet amour en communion avec lui.
    Entre parenthèse, je pense que nous ne sommes pas seul dans l’univers ou sinon, ce serait un grand gâchi d’espace et qu’il se peut qu’il y ai des sociétés matriarcales à l’inverse de la notre et d’autres formes de vie. Donc peut-être que Dieu s’est fait connaître chez eux sous d’autres forme?
    De plus, Jésus n’a-t’il pas dit qu’il y avait plusieurs pièces dans la maison de son père? Je pense cela pour les autres croyants (Boudhiste, Indouïste, Musulman, Judaïsme, Animiste, etc…). Il y a une magnifique phrase je pense de Krishnamurti qui dit :
    « Dieu dit : Vous pouvez me vénérer sous n’importe qu’elle forme que vous voulez, l’importance est la qualité de votre Amour ». Et je pense que si une personne aime vraiment, elle est alors incapable de faire du mal à quelqu’un d’autres et l’accepte comme il ou elle est. C’est pour cela que je me dit Chrétien pratiquant mais que j’accepte également la pensée des autres religions car chacune nous montre une minuscule facette de Dieu. Si Dieu avait été aussi simple à saisir, ne l’aurait-il pas fait autrement et ce depuis très très longtemps ???????
    C’est pour cela que je préfère prendre Dieu comme « Parent, Amis, Frère, Soeur, bref toutes les représentation possible de la famille, de l’Amour » car je me et nous trouvent si minuscule que pour le saisir parfaitement. Le principale c’est que Dieu est Amour et Perfection. C’est notre liberté à choisir le mal ou le bien qui fait que notre monde est en proie à tant de souffrance.

    Salutation à tous :-)

  12. JMH dit:

    Re-bonjour Monsieur Masson et toutes et tous,
    En regardant votre émission « La preuve de la Trinité par la conscience. » j’ai bien aimé votre rapport à Cerbère le chien des enfers pour expliquer la Trinité. Mais ne pourrions-nous pas utiliser également l’image de l’Hydre dans la mythologie qui a elle aussi plusieurs consciences pour un seul être et qui a chaque fois que le héros lui coupe une tête, deux autres en repoussent? Si comme la Vierge Marie qui est l’Immaculée conception, sans péché, sans défaut et qui est également Bonté et Amour également, je pense que sa conscience se trouve également en Dieu et non sur le côté. D’ailleurs, si Marie ne faisait pas partie de Dieu, elle n’apparaîtrait pas alors aux différents enfants dans le monde qui en sont digne.
    Salutation à tous :-)

  13. Masson Alexis dit:

    Bonjour JMH,

    1. Dieu est un être nécessaire (il ne peut pas ne pas être et existe par lui-même) et totalement auto-déterminé. La raison du nombre de personnes doit donc être contenu en lui-même. Si l’essence divine nous conduit à penser qu’il y a trois personnes, alors il ne se peut pas qu’il y en ait davantage, car ce nombre serait alors causalement indéterminé, ce qui contredit la nature nécessaire de Dieu.
    2. Marie est une créature, elle n’a pas préexisté à son humanité, elle n’est pas Dieu. En revanche, elle est effectivement très proche de Dieu.
    3. Le verset de la Genèse ne signifie pas que Dieu est un homme ou qu’il ressemble à un homme, mais plutôt que Dieu gouverne le monde et qu’il demande à l’homme de gouverner également la nature.
    4. Dieu n’a pas de genre, il n’a pas de sexe puisqu’il n’a pas de corps et ne se reproduit pas. Dire que Dieu est « Père », c’est seulement faire usage d’une métaphore. Dieu n’est ni masculin, ni féminin.
    5. Il est possible qu’il y ait d’autres formes de vie dans l’univers, et c’est une question intéressante de savoir comment Dieu se révélerait à elles.
    6. L’Apôtre Jean disait que celui qui aime est né de Dieu. Celui qui aime connaît au moins indirectement ou implicitement le Christ (cf. Karl Rahner et les « chrétiens anonymes »).
    7. Je pense tout de même qu’il y ait une pluralité de spiritualité, dont certaines sont en opposition contre Dieu. Dieu nous donne la liberté, dont celle de s’opposer à lui, sinon il ne serait pas amour.

    Que Dieu vous Bénisse,
    Cordialement.

  14. Masson Alexis dit:

    Bonjour JMH,

    1. L’Hydre est effectivement une autre image possible. On pourrait également prendre l’image des siamois dicéphales, l’idée générale étant la pluralité de consciences en un même être.
    2. Marie n’est pas dans la Trinité, Marie est une créature aussi parfaite fut-elle. En revanche, la participation à la nature divine, qui est l’objectif de la Création par Dieu, l’accomplissement de son amour, conduit à notre union à Dieu par Christ. Nous sommes/serons unis à la nature humaine du Christ et par la personne du Christ étant divine, unis à Dieu. Marie est donc unie à Dieu par l’intermédiaire de son union à la nature humaine humaine du Fils, mais non directement.

    Que Dieu vous Bénisse,
    Cordialement.

  15. JMH dit:

    Bonjour Monsieur Masson et à toutes et tous,
    Merci pour votre éclaircissement et d’avoir confirmé mon point de vue intérieur en disant que Dieu n’avait pas de genre. :-)
    J’ai encore une question dont j’aimerais avoir votre avis. Etant donné que Dieu n’a pas de genre, que les 3 personnes en Dieu sont toutes les 3 égales, pourquoi avoir voulu donner les termes du Père, du Fils et du Saint-Esprit à la Trinité?
    Encore une question, pourquoi nous les croyants en un seul Dieu (qui est le même pour les chrétiens, les musulmans et les juifs) nous nous sommes divisés dans les cultes? N’aurait-il pas été plus simple pour nous tous de n’avoir qu’un seul culte avec les principes de vie suivantes :
    1) Aimer, chérir, pardonner et aider son prochain du mieux que l’on peu,
    2) Respecter toutes les formes de vies quelque soit son apparence et donc de ne pas tuer,
    3) Avoir foi et espérance en Dieu qui est notre parent à tous et qui ne veut que notre bien.
    Je ne connaît pas les desseins de Dieu, mais je me suis toujours demandé comment serait le monde si nous avions pensé plus au respect de la vie et pensé à Dieu. La terre pourrait nourrir des milliards de personne si nous la respections et avec l’aide de la science. Le problème c’est que nous avons tous tendance à regarder l’argent, le pouvoir, … et de ne plus voir Dieu notre Parent. La Trinité de Dieu, nous montre ce que la relation entre chacun de nous devrait être. Vu que Dieu est Amour et nous a donné la liberté de faire le bien comme le mal, d’être indépendant, sommes-nous, en général, si faible et sommes en général sourd à l’appel de Dieu notre Parent? Je veux dire par là, prenons l’exemple de Pierre, en ce qui me concerne, j’aurais exactement réagit comme lui et renié le Christ par peur, par lacheté. Je n’aurais pas eu le courage de dire oui je suis un disciple du Christ. Je pense que Dieu nous a à toutes et tous donné les mêmes dons, mais que nous ne savons pas tous les utiliser de la même façon. Encore une dernière question, pourquoi est-il plus facile pour nous d’être dans les ténèbres que dans la lumière? (meurtres, vols, viols, harcèlement, …)? Nous devrions avoir dans l’esprit à tout instant cette question, si j’étais à sa ou leurs places, cela me plairait-il qu’il ou elle fasse ça?
    Désolé pour les déviations de sujet :-) LOL :-)
    Que Dieu vous Bénisse toutes et tous également :-)
    Bien à vous :-)

  16. JMH dit:

    Re-re-bonjour Monsieur Masson :-)
    Encore une autre question, vous dites que « Nous sommes/serons unis à la nature humaine du Christ et par la personne du Christ étant divine, unis à Dieu. »
    Et nos frères et soeurs qui ne croivent pas comme nous à Jésus Christ, Dieu le Fils, par là je pense aux musulmans, aux juifs, aux indouïstes, aux boudhistes, …, alors à vous comprendre, elles ne seront pas unies à Dieu notre Parent?
    Je vais alors me faire « l’avocat du diable » :-) LOL :-), mais moi je refuse de croire à ce Dieu qui ne voit unis à lui qu’une partie de ses enfants. Je suis Croyant, Chrétien pratiquant, et je crois également aux différentes religions qui montre les chemins de l’Amour. Dieu notre Parent, veut notre bonheur, et je pense que ce n’est pas lui qui voudrait ne voir qu’une partie de ses enfants unis à lui et le reste en dehors, alors ce Dieu ne serait pas parfait. :-)
    De plus, intérieurement, je refuse de m’exclure à nos frères et soeurs qui non pas les mêmes croyances que nous. Dieu nous a rendu tous unique, même si nous avons tous reçu les mêmes dons à notre naissance. De plus, je peu dire que j’ai vu de très nombreuses personnes magnifique et « mille fois plus belle » que moi au niveau du coeur. Et ce malgré qu’elle ne sont pas chrétienne elles ne seront alors pas unis à Dieu?
    Je trouve alors cela injuste. Je pense plutôt que notre union à Dieu se fera par notre capacité à aimer et non par notre croyance. :-)
    Que Dieu vous Bénisse toutes et tous également :-)
    Bien à vous

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Qu’est-ce que la philosophie analytique de la religion ? La philosophie est l’étude des questions fondamentales. La philosophie analytique est une méthode en philosophie qui insiste sur l’analyse logique des thèses et des arguments. La philosophie analytique de la religion est une branche de la philosophie analytique. Elle traite de l’existence de Dieu, du problème du mal, de la valeur de l’expérience religieuse, et même des doctrines chrétiennes spécifiques telles que la Trinité, l’Incarnation et l’Expiation. Qu’est-ce que l’apologétique ? L’apologétique est la défense rationnelle de la foi. Elle traite de l’existence de Dieu, du problème du mal, de la crédibilité de la révélation, de l’existence et de la résurrection du Christ. L’apologétique peut être négative ou positive. L’apologétique négative consiste à réfuter les objections contre le christianisme. L’apologétique positive consiste à apporter des arguments en faveur du christianisme.