L'Amour dans le Christianisme

L'Amour dans le Christianisme

L’amour: ce fut le thème de l’émission Kiki & les Drôles d’Oiseaux, et d’une série Epistheo.

01. Quels sont les différents types d’amour ?

[podcast]http://www.radioarcenciel.com/41274529.sam.mp3[/podcast]

Le mot « amour » peut se comprendre en des sens très divers. Nous ne parlons pas du même type d’amour lorsque nous disons que « nous aimons tel film », ou que nous « aimons nos enfants », ou « notre conjoint ». Les Grecs distinguaient quatre types d’amours différents. Le premier type d’amour est la tendresse (στοργή, storge), en particulier la tendresse parentale ou filiale. Le second type d’amour est l’amitié (φιλία, philia), qui désigne le sentiment de bienveillance envers quelqu’un, mais aussi le fait d’apprécier quelque chose, ou une activité. Par exemple, la philosophie désigne étymologiquement l’amitié de la sagesse. Ce double sens s’explique par le fait que l’amitié se nourrit souvent d’une activité commune. Le troisième type d’amour est l’attirance (ἔρως, eros), c’est le désir, la passion, la sensualité, le sentiment amoureux. Enfin, le dernier type d’amour est l’amabilité (ἀγάπη, agape). C’est le fait d’être doux, accueillant, de traiter son prochain avec affection. La tendresse, l’amitié, l’attirance et l’amabilité sont différents types d’amours, mais cela ne dit pas en quoi consiste l’amour en lui-même. Nous verrons dans la prochaine émission quel est le sens profond de l’amour.

02. Quel est le sens profond de l’amour ?

[podcast]http://www.radioarcenciel.com/62240517.sam.mp3[/podcast]

Il existe différents types d’amours : la tendresse, l’amitié, l’attirance, ou encore l’amabilité. Mais quelle est, derrière ces différentes expressions de l’amour, l’essence même de l’amour ? Les philosophes en ont proposés différentes conceptions : le désir chez Platon, la bienfaisance chez Aristote, l’union chez Descartes, ou encore la jouissance chez Spinoza. Ces différentes conceptions ne sont pas nécessairement contradictoires, mais certaines sont plus adéquates que d’autres. La bienfaisance semble être la conception la plus complète, parce qu’elle elle enveloppe à la fois l’amour de soi (où l’individu recherche ce qui est bon pour lui), l’amour propre (où l’individu cherche son propre bien sans égard pour autrui), et l’amour d’autrui (où l’individu cherche le bien d’autrui). L’union est également une conception assez complète, car derrière la tendresse, l’amitié, l’attirance ou l’amabilité, il y a toujours une forme d’union ou de communauté, qu’elle soit fraternelle ou sexuelle. En revanche, le désir et la jouissance sont des conceptions trop restreintes. Le désir implique un manque à combler, or Dieu ne souffre d’aucun manque, et pourtant il est amour. De même, la jouissance exclut la souffrance et le sacrifice qui sont pourtant parfois impliqués dans l’amour. Deux propriétés essentielles semblent donc assez bien décrire l’amour : la bienfaisance et l’union. Dans la prochaine émission, nous verrons quel est le sens « chrétien » de l’amour.

03. Quel est le sens « chrétien » de l’amour ?

[podcast]http://www.radioarcenciel.com/96683037.sam.mp3[/podcast]

D’une manière générale, l’amour est bienfaisance et union. Pour comprendre en quoi consiste précisément l’amour au sens « chrétien », le mieux est d’étudier son contexte philosophique. La conception de l’amour, chez Platon, est fondée sur le mot ἔρως (eros, l’attirance). Pour Platon, l’amour est un désir, ce qui implique un manque, la recherche d’un objet. Le véritable objet du désir, derrière tout désir particulier, c’est le bien. Et le Bien en lui-même, c’est Dieu. Nous aimons donc Dieu parce qu’il est le Bien lui-même. Les Chrétiens s’opposent à cette conception de l’amour. Leur conception de l’amour n’est pas fondée sur ἔρως (eros, l’attirance), mais ἀγάπη (agape, l’amabilité), qui insiste davantage sur l’accueil. L’amour n’est plus centré sur un objet et n’est plus un sentiment. C’est une attitude consistant à accueillir son prochain, à être doux et bienfaisant envers lui, de manière désintéressée et inconditionnelle. C’est ce que les latins ont appelé la « charité ». Toute personne est digne d’être aimée. Ce qui compte, ce n’est pas ce qu’elle est, ni ce qu’elle fait, ni ce qu’elle nous apporte, mais simplement la personne en elle-même. Ainsi, Dieu aime inconditionnellement tout les hommes, quels qu’ils soient, et les Chrétiens n’aiment pas Dieu parce qu’il est bon, ni parce qu’il est Dieu, mais en tant qu’il est personnel. Dans la prochaine émission, nous étudierons ce que signifie « Dieu est amour ».

04. Que signifie « Dieu est amour » ?

[podcast]http://www.radioarcenciel.com/51934975.sam.mp3[/podcast]

Les Chrétiens disent que Dieu est amour (1 Jean 4.16), plutôt que Dieu a de l’amour. La différence est importante. Si Dieu est amour, cela signifie que tout son être, chacune de ses pensées et chacune de ses œuvres est amour. Son amour est rendu évident par le fait même de la Création. Dieu est un être parfait, autosuffisant, il ne manque de rien, rien ne le contraignait donc de créer l’Univers. C’est un acte purement gratuit, un don, autrement dit, un signe d’amour. Il n’a pas créé l’Univers comme s’il en avait besoin pour accomplir son amour. Richard de Saint-Victor insiste sur le fait que Dieu étant Trinitaire, c’est-à-dire un être tripersonnel, il y a devait de la relation et donc de l’amour possible en lui, chaque personne divine peut aimer pleinement sans dépendre d’aucune autre réalité que Dieu. L’amour de Dieu se manifeste également envers les hommes. La Croix est le signe que Jésus assume, en tant qu’homme, la responsabilité universelle de tous les actes humains. Dieu aime et pardonne tout homme, et l’invite à s’unir à lui. C’est la Théosis orthodoxe : « Dieu s’est fait homme pour que l’homme puisse devenir Dieu » disait Saint Irénée, ce que l’on voit dans le fait que le Saint-Esprit vient habite en nous, que nous devenons l’Eglise, le Corps du Christ. La théologie chrétienne repose fondamentalement sur l’amour, les notions de don et d’union. Dans la prochaine émission, nous étudions comment l’amour peut-il être un devoir.

05. Comment l’amour peut-il être un devoir ?

[podcast]http://www.radioarcenciel.com/19039070.sam.mp3[/podcast]

La question se pose si l’on considère l’amour comme une émotion. En effet, une émotion n’est jamais l’effet d’une décision, mais d’un affecte. Ce n’est pas quelque chose que l’on choisit, et par conséquent, il semble absurde que Jésus nous demande d’aimer notre prochain comme nous-mêmes, puisque ce n’est pas quelque chose dont nous sommes responsable. Mais justement, l’amour dont parlent les chrétiens n’est pas une question d’affinité personnelle, de sentiments, mais c’est une attitude. Aimer son prochain, c’est être charitable envers lui, non pas à cause de ce qu’il est pour moi, ou des sentiments qu’ils provoquent en moi. Au contraire, c’est un amour inconditionnel et désintéressé, j’aime mon prochain, car en tant que personne, quel qu’il soit, il est digne d’être aimé. Ce n’est donc pas une question de sentiment, qui est toujours particulier, mais de droit, de dignité, ce qui lui donne son universalité. C’est la différence que Kant opère entre l’amour pratique et l’amour pathologique. Ainsi je peux et je dois aimer même mon ennemi ! Le devoir d’aimer son prochain s’explique par le fait que Dieu est amour, et dans la mesure où Dieu est la raison de toute chose, ma raison propre d’être est d’être aimer et d’aimer mon prochain. L’amour est à la fois la cause et la finalité de toute existence. Dans la prochaine émission, nous nous demanderons si l’on doit aimer Dieu plus que les hommes.

06. Doit-on aimer Dieu plus que les hommes ?

[podcast]http://www.radioarcenciel.com/83181977.sam.mp3[/podcast]

Cela dépend de ce que l’on entend par le mot « amour ». En général, les chrétiens l’entendent au sens de la charité, en grec : ἀγάπη (agape). La charité est une attitude bienveillante et bienfaisante envers son prochain, de manière inconditionnelle et désintéressé. Cet amour étant inconditionnel, il ne dépend pas de son objet. Qu’il s’agisse donc de Dieu, des hommes, ou de notre ennemi, cet amour doit être le même. D’ailleurs, Jésus demande de considérer notre prochain comme Dieu, dans l’Evangile selon Matthieu (chap. 25) : « Quand vous [faites preuve de charité] envers l’un de ces petits, c’est envers moi que vous le faîte… Quand vous ne [faites pas preuve de charité], c’est contre moi que vous ne le faîte pas. » Nous devons donc aimer notre prochain comme Dieu lui-même. Néanmoins, l’amour peut avoir une autre signification, dont l’objet spécifique est Dieu. C’est l’adoration, qui traduit le grec προσκυνεω (proskuneô), le fait de se prosterner et d’obéir. L’adoration n’est due qu’à Dieu seul, mais dans la mesure où Dieu nous ordonne d’aimer notre prochain, la véritable adoration consiste dans la charité : « La religion pure et sans tâche consiste [dans la charité] » (Jaques 1.27). Ainsi, même si nous adorons Dieu seul, nous devons faire preuve de charité envers notre prochain, comme s’il était Dieu lui-même, et c’est ainsi que nous l’adorons. Dans la prochaine émission, nous nous demanderons si nous aimons Dieu parce qu’il est Dieu.

07. Aime-t-on Dieu parce qu’il est Dieu ?

[podcast]http://www.radioarcenciel.com/71364963.sam.mp3[/podcast]

On peut « aimer » Dieu en plusieurs sens. On peut aimer Dieu, au sens où nous l’adorons. Le mot adoration traduit le grec προσκυνεω (proskuneô), qui désigne le fait de se prosterner, d’obéir à un supérieur. Dans la mesure où Dieu est l’être suprême, nous lui devons l’adoration, du simple fait qu’il soit Dieu. On peut « aimer » Dieu, au sens de la charité, qui traduit le grec ἀγάπη (agape). Mais dans la mesure où la charité est inconditionnelle, nous ne pouvons pas aimer Dieu parce qu’il est Dieu, sinon sa divinité serait la condition de notre amour. On peut encore « aimer » Dieu comme s’il était notre époux, bien que ce soit en un sens très différent. Les chrétiens disent en effet que l’Eglise est l’épouse du Christ. Dans ce dernier cas, nous n’aimons pas Dieu parce qu’il est Dieu, sinon cela reviendrait à dire que nous aimons notre conjoint parce qu’il est notre conjoint. Or, au contraire, c’est parce que nous l’aimons qu’il est notre conjoint. Sinon cela signifierait qu’il nous importe peu de savoir qui est notre conjoint, tant que c’est notre conjoint. Il en va de même avec Dieu. Ce n’est pas à cause de ce qu’il est que nous l’aimons, sinon nous pourrions aimer n’importe quel dieu, mais au contraire à cause de notre relation à lui, que nous voulons être son épouse. Dans la prochaine émission, nous nous demanderons si Dieu peut préférer certaines personnes à d’autres.

08. Dieu peut-il préférer certaines personnes à d’autres ?

[podcast]http://www.radioarcenciel.com/73825311.sam.mp3[/podcast]

D’après les chrétiens, Dieu est amour (1 Jean 4.8). Cela signifie que tout son être et ses pensées sont amour. Si tel est le cas, il n’est pas possible que Dieu ait moins d’amour pour une personne que pour les autres. Car si tel était le cas, cela signifierait que Dieu limiterait son amour, or l’amour ne peut être limité que par autre chose que l’amour, et il faudrait donc que Dieu ne soit pas totalement amour. Ainsi, si Dieu est amour, il lui est logiquement impossible de faire du favoritisme. Son amour est inconditionnel et universel, Dieu aime tout le monde, y compris les non-chrétiens, les athées, ou encore le diable lui-même, bien qu’il n’approuve pas nécessairement toutes les conduites. Dieu est amour, il ne peut faire aucun favoritisme, la Bible ne cesse de le répéter (Romains 2.11 ; Galates 2.6 ; Ephésiens 6.9 ; Colossiens 3.25). Et pourtant, il est écrit que Dieu a aimé Jacob et haï Esaü (Malachie 1.3 ; Romains 9.13). Certains exégètes répondent qu’il n’est pas question de sentiments, dans ce verset, mais d’élection, Jacob est choisi plutôt qu’Esaü, afin d’accomplir une tâche, la formation de la nation d’Israël. Je peux choisir l’une de mes fils plutôt qu’un autre pour réaliser telle ou telle tâche, sans que cela n’implique que je n’aime pas mon autre fils. Dans la prochaine émission, nous nous demanderons comment Dieu, qui est amour, peut-il envoyer des personnes en Enfer.

09. L’Enfer ne contredit-il pas l’amour de Dieu ?

[podcast]http://www.radioarcenciel.com/25289738.sam.mp3[/podcast]

On préfère parfois écarter la question, en affirmant que l’Enfer n’existe pas. On peut être annihilationiste, c’est-à-dire penser que ceux qui ne seront pas sauvés, cesseront tout simplement d’exister, ou être universaliste, c’est-à-dire penser que tout le monde ira au Paradis. Mais, soutenir l’une de ces deux positions, est-ce vraiment rendre plus évident l’amour de Dieu ? Supposons que tout le monde aille au paradis, aussi bien ceux qui aiment Dieux que ceux qui n’aiment pas Dieu. Le Paradis étant le règne de l’amour de Dieu, cela veut dire que ceux qui n’aiment pas Dieu seront contraints de l’aimer. Ce n’est pas de l’amour librement consenti, mais du viol. Supposons maintenant que Dieu détruise ceux qui ne l’aiment pas. Serais-ce là de l’amour ? Aimez vos ennemis », enseignait Jésus. L’amour de Dieu est inconditionnel, il se porte vers tous les hommes. L’amour est également don, et le don le plus divin est celui de l’existence. Si donc Dieu détruisait ceux qui n’iront pas au Paradis, il manifesterait par là que son amour n’est ni inconditionnel, ni don. En revanche, l’Enfer manifeste l’inconditionnalité du don divin de l’existence et le respect du choix de ceux qui ne veulent pas aimer Dieu. Et dans la mesure où l’amour de Dieu est un devoir, puisque l’adoration en tant qu’il est Créateur lui est ait dû, c’est aussi un lieu où la justice divine est rendue. Dans la prochaine émission, nous nous demanderons comment Dieu peut-il aimer s’il est impassible.

10. Dieu étant impassible, comment peut-il aimer ?

[podcast]http://www.radioarcenciel.com/02361178.sam.mp3[/podcast]

Dieu est impassible, cela signifie que Dieu n’est jamais passif, il ne peut pas subir les effets provenant d’un objet extérieur. Aucun sentiment d’amour, de joie, de haine, ou encore de souffrance, ne peut naître en Dieu, à cause de l’action d’un autre être. L’impassibilité de Dieu est déduite du fait qu’il soit un être nécessaire et absolument inconditionnel, il contient en lui-même la raison de son existence et de sa manière d’être, il est la cause de toute chose mais il n’est l’effet d’aucune autre. La conséquence de l’impassibilité, c’est que l’on ne peut pas par nous-mêmes gagner l’amour de Dieu, on ne peut pas le séduire ni le manipuler. On croit parfois que l’impassibilité signifie que Dieu ne peut pas nous aimer, parce qu’on ne peut pas le séduire. Mais il s’agit là d’une idée reçue. Les stoïciens, par exemple, concevait Dieu comme étant à la fois impassible et amour. En effet, même si nous ne pouvons pas gagner l’amour de Dieu, cela ne veut pas dire que de lui-même Dieu ne nous aime pas. Au contraire, Dieu est lui-même la cause de son propre amour envers nous, son amour est actif. C’est pourquoi Jean enseigne que « Dieu nous a aimé le premier » (1 Jean 4.19). Son amour ne dépend pas de nous, mais seulement de lui, ce qui nous garanti que son amour est fidèle et ne dépend pas des circonstances. Dans la prochaine émission, nous étudierons un autre thème : le langage religieux.

2 Réponses pour “L'Amour dans le Christianisme”

  1. David dit:

    « Le Paradis étant le règne de l’amour de Dieu, cela veut dire que ceux qui n’aiment pas Dieu seront contraints de l’aimer. »
    Que penses-tu de ceux qui n’ont pas réussis durant leur vie à connaitre l’existence de Dieu (malgré les preuves) et une fois mort est conscient de Dieu veulent l’aimer ? Nous sommes dans un cas où Dieu en les acceptant au Paradis ne les contraint pas à les aimer. Ou bien même des personnes détestant Dieu sur terre mais une fois mort finalement souhaitent l’aimer.

    « En revanche, l’Enfer manifeste l’inconditionnalité du don divin de l’existence et le respect du choix de ceux qui ne veulent pas aimer Dieu. »
    Philosophiquement, ne serait-ce pas une plus grande preuve d’amour de leur laisser le choix entre l’enfer et la fin de l’existence ?

  2. Idoleng5 dit:

    À David. Bien évidemment après la mort, tous de rendront compte que la pire chose qui puisse arriver à un homme c’est d’être séparé de Dieu pour l’éternité. Mais cela ne change rien au fait qu’ils aient haï Dieu étant sur la terre. On est sauvé par la foi, en espérance, pas après avoir expérimenté quelque chose qui nous convaincrait. La Bible est assez claire là-dessus (histoire du pauvre Lazare et le riche homme). C’est maintenant qu’on fait le choix ; Dieu est amour mais pas irrationnel.

Écrire un commentaire


Annuaire Encyclopédique Chrétien du Web Annuaire Chrétien Francophone


Google Analytics


Qu’est-ce que la philosophie analytique de la religion ? La philosophie est l’étude des questions fondamentales. La philosophie analytique est une méthode en philosophie qui insiste sur l’analyse logique des thèses et des arguments. La philosophie analytique de la religion est une branche de la philosophie analytique. Elle traite de l’existence de Dieu, du problème du mal, de la valeur de l’expérience religieuse, et même des doctrines chrétiennes spécifiques telles que la Trinité, l’Incarnation et l’Expiation. Qu’est-ce que l’apologétique ? L’apologétique est la défense rationnelle de la foi. Elle traite de l’existence de Dieu, du problème du mal, de la crédibilité de la révélation, de l’existence et de la résurrection du Christ. L’apologétique peut être négative ou positive. L’apologétique négative consiste à réfuter les objections contre le christianisme. L’apologétique positive consiste à apporter des arguments en faveur du christianisme.