La Preuve Ontologique

La Preuve Ontologique

01. Qu’est-ce que la preuve ontologique ?

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La « preuve ontologique », d’après le nom que lui a attribué Kant, désigne un certain type de preuve de l’existence de Dieu. La preuve ontologique, à la différence de toutes les autres preuves, tente de démontrer l’existence de Dieu à partir de son seul concept, sans faire appel au moindre élément empirique. La preuve ontologique ne dépend ni de l’ordre du monde, ni de son existence, mais du seul concept de Dieu. Comment cela est-il possible ? Par une reductio ad absurdum, autrement dit, la preuve ontologique tente de démontrer que l’hypothèse de la non-existence de Dieu est contradictoire en soi, et que par conséquent, il faut admettre que Dieu existe. En réalité, il n’y a pas une preuve, mais des preuves ontologiques. Il existe deux types de preuves ontologiques : la preuve ontologique classique et la preuve ontologique modale. La preuve ontologique classique, appelé ainsi en raison de son caractère historique, consiste à montrer que l’existence est implicitement contenue dans le concept de Dieu. La preuve ontologique modale, qui est plus contemporaine, s’appuie sur les concepts modernes de la logique. Elle consiste à montrer que si un être nécessaire est possible, alors, en vertu de sa nécessité, il existe. Dans les prochaines émissions, nous étudierons plus en détail chacune des preuves, ainsi que les objections auxquelles elles doivent faire face.

02. Peut-on prouver l’existence d’un être de manière a priori ?

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Autrement dit, peut-on prouver que quelque chose existe, sans faire appel à la moindre expérience, mais à partir de son concept seulement ? En général, c’est par l’expérience que nous connaissons l’existence des choses. Par exemple, je sais que le micro face à moi existe, puisque je le vois. Nous pouvons également savoir qu’une chose n’existe pas, cette fois sans faire appel à l’expérience, si son concept est contradictoire et donc impossible. Par exemple, je sais qu’il n’existe pas de cercle-carré, puisque cela est contradictoire. Ainsi, nous pouvons connaître l’existence de ce dont nous faisons l’expérience, et nous pouvons connaître l’inexistence de ce qui est contradictoire. Mais il ne semble pas que nous puissions connaître l’existence de quelque chose à partir de son seul concept. Il y a cependant une exception : la contradiction étant le critère de l’impossible, il suffirait que la non-existence d’une chose soit contradictoire, pour que nous connaissions son existence à partir de son seul concept. Dans ses Dialogues sur la Religion Naturelle (Partie IX), Hume affirme qu’il n’existe aucune idée dont on ne puisse pas imaginer la non-existence. Mais certains affirment que l’idée de Dieu est une exception, que sa non-existence impliquerait une contradiction, et qu’il faut donc qu’il existe. C’est ce que l’on appelle la « preuve ontologique ». Nous l’étudierons plus en détail dans la prochaine émission.

03. Qu’est-ce que la preuve ontologique classique ?

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Il s’agit de la forme historique de la preuve ontologique. Elle vise à prouver l’existence de Dieu en montrant que sa non-existence impliquerait une contradiction, puisque l’existence est justement une des propriétés que Dieu possède par nature. Anselme de Cantorbéry, philosophie et théologien du XIe siècle, est le premier à formuler la preuve ontologique, dans son ouvrage intitulé Proslogion (chap.2). Sa réflexion débute par une méditation sur le Psaume 14 : « L’insensé dit en son cœur que Dieu n’existe pas ». Si celui qui dit que Dieu n’existe pas est insensé, c’est parce qu’une telle idée est contradictoire en soi. En effet, Dieu est « l’être tel qu’on ne peut rien concevoir de plus grand ». Si l’on conçoit que Dieu n’existe pas, alors on peut concevoir un être plus grand qui lui existerait, ce qui est contradictoire avec le fait que Dieu est l’être tel qu’on ne peut rien concevoir de plus grand. Il faut donc que Dieu existe. Au XVIIe siècle, René Descartes reformule la preuve, dans ses Méditations métaphysiques (Ve). Dieu est un être suprêmement parfait, or l’existence est une perfection, donc Dieu existe. Dans les deux preuves, l’existence étant contenue dans l’essence divine, on conclut à son existence. La preuve ontologique classique a fait l’objet de nombreuses critiques. Nous allons les étudier dans les prochaines émissions.

04. Peut-on prouver tout et n’importe quoi avec la preuve ontologique classique ?

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Dans la précédente émission, nous avons étudié la preuve ontologique classique : Dieu est l’être le plus grand, il est suprêmement parfait, or l’existence est une perfection, donc Dieu existe. Gaunilon, un moine du XIe siècle, a formulé une objection dans son Liber pro insipiente. Il est possible de remplacer le mot « Dieu » par n’importe quelle chose dite parfaite, et ainsi l’argument peut servir à prouver l’existence de n’importe quoi, ce qui discrédite l’argumentation de la preuve ontologique. Gaunilon prend l’exemple d’une île parfaite, telle qu’on ne peut en concevoir de plus grande. Si l’existence est une perfection, alors l’île parfaite doit exister. Néanmoins, il est possible de donner deux réponses à cette objection. Tout d’abord, répondent Anselme dans le Liber apologeticus et Descartes dans la Ve Méditation, il y a une différence entre l’idée de Dieu et celle d’une île parfaite : l’idée d’une île parfaite est arbitraire, puisqu’il est possible de concevoir une île imparfaite, tandis qu’un dieu imparfait n’est plus un dieu. Ensuite, selon Alvin Plantinga, un philosophe contemporain, l’idée même d’une île parfaite est absurde, puisqu’il est toujours possible d’imaginer une île toujours plus grande. La perfection ne convient qu’à un objet infini, qui ne peut pas être dépassé. D’autres objections ont été formulées contre la preuve ontologique classique, nous les étudierons dans les prochaines émissions.

05. L’idée de Dieu, dans la preuve ontologique, n’est-elle pas subjective ?

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D’après la preuve ontologique, Dieu est un être suprêmement parfait, or l’existence est une perfection, donc Dieu existe. Il suffit de comprendre l’idée de « Dieu », pour en déduire son existence. Mais d’après Thomas d’Aquin, dans sa Somme théologique, cette preuve n’a de valeur que si l’idée de Dieu est objective, sinon elle n’a aucune implication réelle. En effet, on peut penser à l’existence d’une chose, sans être obligé de penser qu’elle existe réellement. Descartes tente donc de démontrer que l’idée de Dieu est objective, dans ses Méditations métaphysiques (III). L’idée de Dieu est infinie tandis que l’homme est fini ; or ce qui est fini ne peut pas produire quelque chose d’infini ; donc l’homme ne peut pas être l’auteur de cette idée, c’est nécessairement Dieu qui l’a mise en lui. L’idée de Dieu est donc objective. On peut néanmoins se demander si l’idée que l’homme a de Dieu est réellement infinie. Ce n’est pas parce que j’ai l’idée d’une chose infinie, que mon idée elle-même est infinie. Je peux avoir l’idée d’un éléphant pesant une tonne, mais mon idée ne pèse pas une tonne ! Il se pourrait également que l’idée de Dieu ne soit pas positive, mais plutôt une négation de la finitude, idée que l’homme peut se former lui-même. L’objectivité de l’idée de Dieu, et donc de la preuve ontologique, est par conséquent discutable.

06. La non-existence de Dieu est-elle réellement contradictoire ?

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Dans sa Critique de la raison pure (1781), Kant formule deux arguments contre la preuve ontologique. D’après cette preuve, Dieu est un être suprêmement parfait, l’existence étant une perfection, il doit donc exister. L’existence est une propriété contenue dans l’idée de Dieu. Dire que Dieu n’existe pas est donc contradictoire. Pour illustrer sa démonstration, Descartes donnait l’exemple d’un triangle. Par définition, les angles d’un triangle font 180 degrés, il serait donc contradictoire de penser un triangle dont les angles ne feraient pas 180 degrés. Il en va de même pour Dieu : par définition, Dieu existe ; l’inexistence de Dieu serait donc contradictoire. D’après Kant, cet argument est faux, car il ne peut y avoir de contradiction que si l’on pose un sujet, sans poser en même temps ses attributs. Un triangle dont les angles ne font pas 180 degré c’est contradictoire. En revanche, si l’on supprime le sujet, les attributs sont également supprimés. Il n’y a pas de contradiction à dire qu’il n’existe pas de triangle dont les angles font 180 degrés. Il en va de même avec Dieu. On peut très bien dire qu’il n’existe pas de Dieu qui existe. Il n’y a donc aucune contradiction à dire que Dieu n’existe pas, puisqu’en supprimant Dieu, on supprime également son attribut qu’est l’existence. Dans la prochaine émission, nous étudierons le deuxième argument de Kant contre la preuve ontologique.

07. L’existence est-elle une perfection, comme le prétend la preuve ontologique ? (1)

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Dans la précédente émission, nous avons étudié le premier argument formulé par Kant, dans la Critique de la raison pure (1781), contre la preuve ontologique. Celle-ci affirme qu’il est contradictoire de soutenir que Dieu n’existe pas, puisque l’existence est contenue dans son concept. Kant répond qu’il suffit de supprimer le sujet (Dieu), pour que ses attributs soient également supprimés (notamment celui de l’existence). Ainsi, il n’y a plus de contradiction. Kant ajoute une seconde critique contre la preuve ontologique. D’après la preuve ontologique : Dieu est parfait, or l’existence est une perfection, donc Dieu existe. Or justement, d’après Kant, l’existence n’est pas une perfection, puisqu’elle n’ajoute aucune qualité à son sujet. Car si elle ajoutait quelque chose à son sujet, alors le concept d’une chose possible et celui d’une chose réelle seraient différents, ce qui n’est évidemment pas le cas. Lorsque nous découvrons qu’une chose existe, nous ne nous en formons pas un nouveau concept différent, mais plutôt nous apprenons qu’une chose correspond à notre concept, qui reste identique. S’il était différent, nous ne saurions pas que c’est l’objet correspondant à notre concept que nous venons de découvrir. Ainsi, comme le dit Kant, 100 euros réels et 100 euros possibles ont exactement la même valeur. L’argument de Kant sera affiné par Frege, c’est ce que nous verrons dans la prochaine émission.

08. L’existence est-elle une perfection, comme le prétend la preuve ontologique ? (2)

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En 1884, soit près d’un siècle après la Critique de la raison pure de Kant, Frege, dans The Fondation of Arithmetics, revient sur la question du statut de la notion d’« existence », dont le rôle est essentiel dans la preuve ontologique. D’après Frege, la notion d’existence est plus proche des nombres que des qualités. Si on dit « ces objets sont blancs », la qualité s’applique à chacun des objets. Mais si on dit « ces objets sont six », le nombre ne s’applique pas à chacun des objets, mais au concept. De même, si on dit « le nombre d’objet est zéro », il n’y a pas d’objet auxquels le nombre puisse s’appliquer, c’est donc bien aux concepts que s’appliquent les nombres. Le nombre désigne l’extension d’un concept, c’est-à-dire le nombre de fois qu’il est réalisé. De ce fait, l’existence ne décrit pas le contenu du concept, mais son effectivité. C’est une « propriété du second ordre ». Le défaut de la preuve ontologique est qu’elle confond plusieurs niveaux d’ordre des propriétés. Elle tente de déduire l’existence de Dieu en affirmant que c’est une qualité contenue dans son concept. La preuve ontologique est donc réfutée par l’analyse de Frege. Néanmoins, comme nous le verrons dans la prochaine émission, des philosophes contemporains ont tenté de la restaurer en modifiant son mode d’argumentation.

09. Qu’est-ce que la preuve ontologique modale ? (1)

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La preuve ontologique consiste à prouver l’existence de Dieu à partir de son concept. Sa formulation classique a été réfutée par Kant et par Frege. Néanmoins, Malcolm, dans un article de 1960, intitulé « Anselm’s Ontological Arguments » en propose une reformulation qui n’est pas touchée par leur réfutation. Selon Malcolm, Dieu n’est pas un être dont l’existence est une perfection, ce que Kant et Frege avaient dénoncé comme étant une erreur, mais c’est un être dont l’existence est nécessaire. Ce n’est pas la même chose, car cela ne veut pas dire que Dieu existe par définition, mais que, s’il existe, alors il ne peut pas ne pas exister. En effet, les fidèles disent que Dieu ne naît ni ne meurt. Autrement dit, ou bien il existe, et dans ce cas il ne peut pas ne pas exister, puisqu’il ne peut pas mourir ; ou bien il n’existe pas, et dans ce cas son existence est impossible, puisqu’il ne peut pas naître. Or justement, le critère de l’impossibilité étant la contradiction, s’il n’y a pas de contradiction dans le concept de Dieu, alors il ne peut pas être impossible. L’alternative étant la nécessité ou l’impossibilité, s’il n’est pas impossible, alors Dieu existe nécessairement. L’argument va recevoir quelques critiques auxquelles Plantinga, un autre philosophe contemporain, tentera de répondre. C’est ce que nous verrons dans la prochaine émission.

10. Qu’est-ce que la preuve ontologique modale ? (2)

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Dans la précédente émission, nous avons étudié l’argument ontologique de Malcolm : Dieu étant un être dont l’existence est nécessaire (il ne naît ni ne meurt), alors ou bien il existe nécessairement, ou bien son existence est impossible. Le critère de l’impossibilité étant la contradiction, si donc le concept de Dieu ne contient aucune contradiction, alors Dieu existe. Quelques critiques reprochent l’alternative trop restreinte entre l’impossibilité et la nécessité. Il se pourrait que le concept de Dieu soit cohérent et que pourtant il n’existe pas. Plantinga tente donc de reformuler l’argument en utilisant la notion de « monde possible », dans The Nature of Necessity (1974). D’après lui, Dieu est possible, il existe donc au moins dans un monde possible. Dieu est un être maximalement grand, c’est-à-dire qu’il est maximalement excellent dans tous les mondes possibles, il existe donc dans chacun d’eux. Or notre monde réel est un des mondes possibles, par conséquent Dieu existe en réalité. L’argument a été raillé, par Michael Martin, un philosophe athée, qui l’a détourné pour prouver l’existence d’une fée aux pouvoirs magiques grandioses. D’autre part, le fait que l’on puisse concevoir un monde possible dans lequel Dieu n’existe pas semble réfuter l’argument. La preuve ontologique ne semble pas concluante, il est donc préférable de se tourner vers les autres types de preuves. C’est ce que nous ferons dès la prochaine émission.

5 Réponses pour “La Preuve Ontologique”

  1. Jacques dit:

    Comment réduire le concept divin à une construction mentale de l’esprit humaine ???
    Si Dieu existe, il dépasse forcement les limites de notre entendement.
    De plus, la preuve de son existence ne nous informe pas du tout sur la nature de ses projets…
    La continuité temporelle de l’Eglise catholique depuis plus de 2000 ans est, sinon une preuve, une forte présomption que c’est elle qui a raison.
    Qu’importe de croire que nous serons en mesure d’expliquer Dieu un jour puisque Il nous a déjà expliqué ce que nous devons faire pour nous rapprocher de lui ?
    La foi est, d’un point de vue cartésien, une notion tout à fait subjective et parfaitement inexplicable…
    C’est un concept immateriel qui se présente dans le materiel et qui à lui seul peut déplacer des montagnes !

  2. Masson Alexis dit:

    Jacques,

    Si Dieu existe, il va de soi qu’on ne peut pas le réduire à « une construction mentale de l’esprit humain ». Il est aussi un être réel, il est donc une réalité irréductible à une « construction mentale ». C’est toute la différence entre la réalité et l’imagination, la réalité est indépendante de notre intelligence qui la conçoit. Et si Dieu existe, il se pense lui-même, il a donc l’idée de lui-même, il a le concept de « Dieu ». L’idée de Dieu ne peut donc pas être non plus réduite à « une construction mentale de l’esprit humain ». Aussi bien l’être même de Dieu que l’idée de Dieu ne peuvent se réduire à « une construction mentale de l’esprit humain ».

    En revanche, c’est une autre question quant à savoir si nous pouvons connaître Dieu. En fait, c’est même une double question, car le mot « connaître » à deux sens: on peut connaître quelque chose au sens abstrait, d’être capable de l’identifier; et l’on peut connaître quelque chose au sens concret, avec une connaissance intime et pratique, précise de la réalité concrète de la chose. Nous pouvons connaître l’océan d’un point de vue abstrait : c’est un masse d’eau séparant les continents. En revanche, nul homme ne pourra jamais connaître l’océan d’un point de vue concrète, il y aurait trop de particules à répertoriées. La notion abstraite de l’océan est très simple, mais sa réalité concrète est immense, inaccessible à l’intelligence humaine. Il en va de même pour Dieu. On peut définir simplement Dieu comme étant l’Être Absolu. C’est très simple et tout à fait compréhensible. En revanche, la réalité concrète de Dieu, je ne pourrais la connaître que si j’étais à sa propre place. En tant qu’homme, cela m’est impossible.

    Vous avez partiellement raison: les preuves de l’existence de Dieu peuvent partiellement nous informer sur la nature des projets de Dieu. La plupart des preuves de l’existence de Dieu conduisent à l’idée qu’il est bon ou qu’il est amour. Cela est évident pour la preuve ontologique, même si cette preuve n’est pas convaincante. Cela l’est aussi pour la preuve cosmologique, qui est plus évidente, car elle affirme que Dieu est auto-suffisant, infini et immuable, et que par conséquent, l’acte créateur est parfaitement gratuit, ce qui est un don et un signe d’amour. Néanmoins, nous sommes limités à cela même. Au fond, on ne peut presque rien connaître de la volonté divine si celle-ci ne nous le révèle pas. Il en va de même avec le moindre être humain : il est difficile de deviner ses pensées, si celui-ci ne nous les dévoile pas.

    La continuité temporelle de l’Église catholique ne prouve pas grand chose. L’Égypte existe depuis bien plus longtemps, est-elle divine pour autant ? Le bouddhisme ou l’hindouisme sont plus anciens que le christianisme, ont-il pour autant une plus grande vérité ? L’Église catholique souffre aujourd’hui d’un très grand discrédit et ne cesse de perdre ses fidèles, doit-on en conclure qu’elle est fausse ? Personnellement, je me méfie de ce genre d’arguments.

    Pour savoir que Dieu a parlé, encore faut-il reconnaître qu’il a parlé. S’exprime-t-il dans l’Iliade et l’Odyssée d’Homer ? Dans le Coran? Dans les écrits hindouistes? Et encore faut-il savoir qu’il existe (sinon tous ces textes sont des impostures). Le christianisme n’a aucune légitimité (1) s’il n’y a pas de preuve de l’existence et (2) s’il n’y a pas de preuve que c’est par le Christianisme que Dieu s’est révélé. Personnellement, la preuve cosmologique me convint de l’exigence (1), et les preuves de la Trinité de l’exigence (2). Ce n’est qu’à partir de ce moment là que je peux reconnaître que Dieu existe et qu’il s’est révélé dans le Christianisme.

    Fraternellement.

  3. Antoine dit:

    Vous prouvez l’existence de Dieu par sa définition, donc, théoriquement, on pourrait définir un concept qui n’existe pas et en prouver son existence par cette définition. Pour reprendre votre exemple, on pourrait définir un cercle carré: il s’agirait d’un lieu géométrique où tous les points seraient équidistants à un autre point et qui présenterait quatre angles droits. Ensuite, je prouverais l’existence d’un tel lieu géométrique en vertu de cette définition insensée. Ce raisonnement est totalement illogique. Donc, avant même d’essayer de prouver l’existence de Dieu, sa définition est à revoir.

  4. Masson Alexis dit:

    Bonjour Antoine,

    Vous dites : « vous prouvez l’existence de Dieu par sa définition ». Relisez (ou réécoutez) bien les émissions, c’est le contraire que je fais : je dis que l’on ne peut pas prouver l’existence de Dieu par son propre concept, car même en lui ajoutant le prédicat de l’existence, il n’y aurait aucune preuve que le concept ne soit pas subjectif, et donc l’existence de l’objet elle-même purement subjective (cf. Thomas d’Aquin).

    En revanche le concept de Dieu ne présente pas d’incohérence (voyez par exemple l’article sur la réfutation des douze preuves de l’inexistence de Dieu), avant d’affirmer une telle chose il faudrait le démontrer.

    Bonne continuation dans vos réflexions.

  5. Thomas dit:

    M. Masson,

    Je suis très content d’entendre vos vidéos, partir d’une tradition analytique c’est vrmt osé et très bénéfique. Pour ma part je me situe plus du côté de la phénoménologie (allergie aux philo du langage). En ce qui concerne votre vidéo je voulais quand même avoir une précision concernant l’argument de Malcolm. Il me semble qu’il privilégie le proslogion 3 sur le 2. Cela dit je ne comprends pas pk le simple fait que le concept de dieu ne soit pas contradictoire le force à exister.. Le passage est un peu rapide vous ne trouvez pas ?

    Vous avez dit que le critère de réalité était la non-contradiction, et que donc pour Aquin cela ne justifiait pas le fait du passage de dieu à l’existence. Mais il y a un autre critère : ce qui me résiste ou résiste à ma subjectivité est aussi un critère de réalité. Un théorème est vrai, démontrable, aussi parce qu’il résiste à ce que je peux lui faire, je ne peux peux pas le modifier comme je veux. Ainsi « dieu existe » car il résiste à ma pensée comme c’est le cas du réel ! Ainsi on peut esquiver l’argument de Aquin.

    Cordialement

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Qu’est-ce que la philosophie analytique de la religion ? La philosophie est l’étude des questions fondamentales. La philosophie analytique est une méthode en philosophie qui insiste sur l’analyse logique des thèses et des arguments. La philosophie analytique de la religion est une branche de la philosophie analytique. Elle traite de l’existence de Dieu, du problème du mal, de la valeur de l’expérience religieuse, et même des doctrines chrétiennes spécifiques telles que la Trinité, l’Incarnation et l’Expiation. Qu’est-ce que l’apologétique ? L’apologétique est la défense rationnelle de la foi. Elle traite de l’existence de Dieu, du problème du mal, de la crédibilité de la révélation, de l’existence et de la résurrection du Christ. L’apologétique peut être négative ou positive. L’apologétique négative consiste à réfuter les objections contre le christianisme. L’apologétique positive consiste à apporter des arguments en faveur du christianisme.