Le Christianisme est-il Mauvais ?

Le Christianisme est-il Mauvais ?

« Bienvenue dans l’émission « Epistheo » diffusée sur Radio Arc-en-ciel. Aujourd’hui nous allons aborder une question qui concerne les religions, et en particulier le christianisme, à savoir est-il mauvais ? Par exemple, le Christianisme est souvent taxer d’intolérance et de violence.  Le Christianisme s’affirme comme étant la vérité, ce qui signifie que les autres religions sont fausses. Il n’hésite pas à leur faire la guerre, on s’en souvient avec les Croisades et l’Inquisition. Le Christianisme est-il vraiment intolérant et violent ? »

« Sauf si l’on est relativiste, sinon en tant que rationaliste de deux énoncés contradictoires si l’un est vrai l’autre est faux. C’est le principe de non-contradiction. Dans la mesure où le Christianisme n’est pas compatible avec les autres religions, il est normal qu’il affirme être la seule vérité. Le problème, s’il y en a un, n’est pas là, mais plutôt au niveau de la vérification. Pour qu’une chose soit déclarée vraie, faut-il encore la vérifier, et pour cela il faut que le Christianisme soit démontrable. La Bible affirme que cela est possible en Romains 1.18-21 ; et quelques philosophes ont pu montrer la vérité du Christianisme. Dans ce cas de figure, c’est tout à fait normal de dire que cette religion est la seule véritable. Cela n’a rien à voir avec une quelconque intolérance. La « tolérance », d’après son étymologie latine, désigne le fait de supporter quelque chose de contraire à notre volonté. Aujourd’hui, nul ne contesterait que le Christianisme est une religion tolérante, elle cohabite et dialogue même avec les autres religions. Son fondement même est la tolérance : Jésus ne disait-il pas qu’il faut aimer et bénir ses adversaires ? On peut toujours invoquer des exemples historiques allant dans un sens contraire, mais il va de soi que dans ce cas de figure, le nom de « chrétien » a été usurpé. »

« Pourtant le Christianisme repose sur une foi dogmatique et de ce fait s’oppose à un esprit scientifique. Les Lumières ont dénoncé son obscurantisme, on se souvient de l’affaire Galilée. Le Christianisme conserve les croyants dans un état de crédulité qui leur fait espérer des lendemains meilleurs, ce qui annihile leur conscience politique, comme le faisait remarquer Marx en dénonçant l’« opium du peuple ». »

« Il ne faut pas confondre la foi et la crédulité. La crédulité consiste à croire quelque chose sans avoir d’élément permettant à l’intelligent d’y adhérer objectivement. La foi est tout autre chose. L’étymologie hébraïque désignent l’engagement, la fidélité, la certitude. La foi accepte donc des éléments de preuve. De plus, la Bible s’oppose frontalement à toute attitude de crédulité, il suffit de lire le livre des Proverbes. Si donc les fidèles sont dans une attitude d’espérance pour l’avenir, c’est n’est pas à cause d’une quelconque manipulation politique, mais avant tout à cause d’une certaine conception de réalité. Peut-être certains croient par angoisse, pourquoi pas, mais on ne peut en faire, comme le fait par exemple André Comte-Sponville, une cause explicative du phénomène religieux en lui-même. Pourrait-on dire que les philosophes ont admis l’existence de Dieu à cause d’une quelconque peur, ou plutôt parce qu’ils ont trouvé des arguments convaincants ? Il est absurde de réduire une conception du monde à des causes psychologiques, et l’on pourrait tout autant le faire avec l’athéisme : n’est-ce pas une forme de déni, de traumatisme lié à la découverte que l’égo doit se soumettre à une réalité qui lui est supérieure ? »

« Il y a tout de même des éléments intéressants dans la psychologie des religions, et du Christianisme en particulier. On pourrait y voir une certaine morale du refoulement, un déni des plaisirs, du moi. D’où par exemple un déni du corps qui se traduirait par l’absence de liberté sexuelle. »

« L’éthique chrétienne est une éthique marquée par l’amour : l’amour de Dieu et l’amour de son prochain. Si les chrétiens conçoivent ce type de sexualité, c’est parce qu’ils conçoivent la sexualité dans le cadre de l’amour. Lorsque l’on aime vraiment quelqu’un, on s’engage par lui, ou pour elle. Lorsqu’on aime, on épouse. Si je ne m’engage pas, c’est que j’ai un doute, si j’ai doute c’est que je n’aime pas vraiment. Si je couche avec quelqu’un pour une soirée, ou si je sors avec quelqu’un temporairement, le temps que cela fonctionne, c’est que je suis avec cette personne non pour elle, mais pour l’intérêt que je retire à cette relation. C’est que l’on appelle aussi de la prostitution. Les chrétiens sont contre la prostitution mais pour l’amour. Quand j’aime quelqu’un, c’est la personne et non ce qu’elle m’apporte que j’aime, c’est pourquoi les chrétiens ne conçoivent pas la sexualité autrement que dans le cadre du mariage. On peut y avoir une haine du corps, mais en réalité, c’est plutôt un respect pour le corps de l’autre et pour mon propre corps, je ne me vends pas et je n’achète pas l’autre dans une relation basé sur le donnant-donnant, mais je suis dans une véritable relation d’amour où j’aime la personne comme telle et non pour ce qu’elle m’apporte. »

Une Réponse pour “Le Christianisme est-il Mauvais ?”

  1. Oudjat dit:

    Super vidéo! Une bonne élocution, un esprit ouvert et nuancé, et fini les idées reçues, elles finissent même par être retournées à ceux qui les ont énoncés. En fait, les idée reçues sur le christianisme viennent d’une connaissance incomplète et/ou d’une incompréhension de cette religion. L’idéologie du christianisme est très raffinée, sainte et bienfaitrice, malheureusement on ne daigne pas prendre ne serait-ce que 5 min pour y réfléchir et bien la comprendre. Résultat, on l’interprète n’importe comment. Pas besoin de croire en l’existence de Dieu pour y adhérer.

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Qu’est-ce que la philosophie analytique de la religion ? La philosophie est l’étude des questions fondamentales. La philosophie analytique est une méthode en philosophie qui insiste sur l’analyse logique des thèses et des arguments. La philosophie analytique de la religion est une branche de la philosophie analytique. Elle traite de l’existence de Dieu, du problème du mal, de la valeur de l’expérience religieuse, et même des doctrines chrétiennes spécifiques telles que la Trinité, l’Incarnation et l’Expiation. Qu’est-ce que l’apologétique ? L’apologétique est la défense rationnelle de la foi. Elle traite de l’existence de Dieu, du problème du mal, de la crédibilité de la révélation, de l’existence et de la résurrection du Christ. L’apologétique peut être négative ou positive. L’apologétique négative consiste à réfuter les objections contre le christianisme. L’apologétique positive consiste à apporter des arguments en faveur du christianisme.