Y a-t-il quelque chose après la mort ?

Y a-t-il quelque chose après la mort ?

« Aujourd’hui nous allons parler d’un sujet un peu particulier, celui de la « vie après la mort », si cela a un sens. Est-il possible qu’il y ait quelque chose après la mort ? »

Alexis : « A première vue, c’est vrai que l’idée même qu’il y ait quelque chose après la mort semble saugrenue, dans la mesure où la mort, c’est justement la fin. L’idée apparaît d’autant plus contestable que, nous le savons, nous vivons par notre corps, nous pensons grâce à notre cerveau. Une fois que le corps (cerveau compris) se désagrège, il va de soi que nous ne pouvons plus vivre ni penser. Comment les chrétiens peuvent-ils donc soutenir qu’il y ait quelque après la mort ? Il y a une idée qui aussi répandue qu’elle est fausse : c’est l’idée qu’il y aurait quelque chose d’autre que le corps, une autre « substance » qu’on appellerait l’âme, ou encore l’esprit. L’erreur est de comprendre le christianisme comme un platonisme ou un cartésianisme, d’après lequel il y a un dualisme entre le corps et l’âme. Or ce que dit la Bible, c’est tout autre chose. L’âme et l’esprit en hébreu se disent nephesh ou rouah et désignent un souffle, un vent. Nous sommes donc face à un concept purement physique, il n’y a rien de surnaturel là-dedans. Il s’agit, dans ce contexte précis, d’une « force », que l’on peut traduire par la « vie ». Rien d’extraordinaire donc. Rappelons ce que dit la Genèse : « L’homme n’est que poussière ». Il y a eut une tendance a introduire de la philosophie platonicienne ou cartésienne dans le christianisme, néanmoins rappelons que bibliquement rien ne le justifie et que tous les penseurs chrétiens ne l’ont pas admis, je pense à Thomas d’Aquin qui adopte une vision plus aristotélicienne de la chose. Alors, dans ce cas, peut-il y avoir quelque chose après la mort ? Qu’est-ce que c’est que de la pensée ? C’est essentiellement de l’information. On peut copier un disque dur. Si la pensée peut se traduire neuro-chimiquement, il n’y a pas de raison pour que Dieu, qui est tout-puissant, ne puisse pas reproduire des corps en y implantant notre pensée pré-mortelle. Ce pourrait être un corps, ou autre chose, peut importe tant que cela supporte cette information. D’ailleurs, à ce sujet, rappelons que le Christianisme ne parle pas d’une vie après la mort désincarnée, mais bien « ressuscitée », c’est-à-dire que, d’après la Bible, un jour nous aurons de nouveaux corps. Si on accepte comme plausible une telle idée décrite dans les films de sciences fiction, pourquoi ne pas l’admettre pour le Christianisme ? A priori donc, cela apparaît possible. »

« Mais pourquoi en serait-il ainsi ? Pourquoi n’y aurait-il pas notre vie seulement présente ? Sans vie future ? »

Alexis : « Il y a plusieurs raisons à cela. La première qui me vient à l’esprit, c’est celle qu’évoquait déjà Socrate, dans le dialogue du Gorgias de Platon. Nous constatons qu’il y a de l’injustice. Regardons par exemple le cas d’Hitler, il s’en tire plutôt bien, il s’est seulement suicidé, alors qu’il a fait souffrir des millions de personnes. D’autres responsables nazis n’ont jamais été poursuivit et son morts sans vivre la moindre inquiétude. D’une manière générale, il est possible d’être injuste sans être puni en « ce monde ». L’idée de Socrate, c’est que le réel est effectivement injuste, et au fond, c’est tout le sens du discours de Calliclès, il veut mieux être injuste et faire tout ce que l’on peut désirer, la véritable loi, c’est la loi du plus fort, seuls les faibles sont ceux qui n’osent pas. Face à ce discours, le seul argument qui, au fond, rétablisse la justice dans la réalité, c’est de supposer que par un moyen ou un autre, après la mort les dieux jugent les hommes. Ainsi le réel redevient juste. En d’autre terme, voici l’alternative : ou bien il n’y a pas de vie après la mort et dans ce cas la justice est une utopie que nous serions stupide d’accomplir puisqu’elle nous dessert ; ou bien  il y a une vie après la mort et dans ce la justice est véritablement réelle. C’est un argument qui se rencontre également assez souvent dans la Bible, sous une forme légèrement semblable. Il y a un deuxième argument important à mon avis : si Dieu aime l’homme, qu’il lui est possible de conserver l’homme, ou plutôt de le ressusciter pourquoi ne le ferait-il pas ? Quand vous aimez quelqu’un, si un événement quelconque fait que vous en êtes séparés, vous faites ce qui est possible pour le retrouver. »

« Cela justifie donc à la fois l’existence d’un enfer et d’un paradis. »

Alexis : « Absolument. Il doit y avoir un Enfer pour accomplir la justice, un paradis pour accomplir l’amour. Et l’existence d’un enfer et d’un paradis exigent l’existence d’une vie posthume. »

5 Réponses pour “Y a-t-il quelque chose après la mort ?”

  1. Paul-Clément dit:

    ton article est excellent. Merci.

  2. Kristen dit:

    Bonjour,

    Je me posais une question, essentielle selon moi : Dieu a-t-il voulu la mort ?
    Je pense que s’Il l’avait voulu, Il n’aurait pas pardonné à Adam et Eve d’avoir péché.
    Pourriez-vous me le confirmer, et m’apporter des informations complémentaires, s’il vous plaît ?

    Merci,
    Kristen

  3. Masson Alexis dit:

    Kristen,

    Votre commentaire s’est malheureusement perdu dans les archives. Néanmoins, rien n’est perdu et avec (beaucoup) de retard, je vous réponds. Veuillez m’en excuser. « Dieu a-t-il voulu la mort ? » Tout dépend ce que l’on entend par « vouloir ». Dans l’absolu, Dieu étant bon, il ne peut vouloir la mort. Mais dans un contexte ou un plan général très précis, cela est possible. La mort est un effet de l’éloignement de l’homme de Dieu. Si Dieu veut que l’homme soit libre, il risque tôt ou tard d’y avoir des morts. A-t-il oui ou non pardonné Adam et Ève ? Nous n’en savons rien.

  4. LUDO dit:

    Suite à la question de Kristen et la réponse d’Alexis j’avoue que dire que « la mort est un effet de l’éloignement de Dieu » ne me parait pas un argument convaincant….car tous nous mourrons, ceux qui sont loin et ceux qui sont près de Dieu.
    J’opterai plutot à une notion de passage un peu difficile mais qui mène vers qq chose d’inconnu ( de même que nous passons de l’état de foetus dans le ventre maternel à l’etat très différent de créature apte à vivre à l’extérieur.

  5. Masson Alexis dit:

    Bonjour Ludo,

    Même si certains sont plus proches de Dieu que d’autre, on peut admettre qu’aucun n’est suffisamment proche relationnellement et métaphysiquement, de tel sorte qu’il échappe à la mort.

    Cordialement.

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